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L?art de vivre par la peinture haut de gamme

21 mars 2006, 00:00

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Il est un des rares artistes du pays qui vit de ses peintures. Pourtant, Mohammad Asraf Sawdagar n?est ni détenteur d?un diplôme d?une école des Beaux-Arts ni n?a pris de leçons parti-culières d?un artiste professionnel.

A 36 ans, cet autodidacte de Saint-Rémy, Centre-de-Flacq, s?est fait surtout une niche dans la peinture haut de gamme à Maurice. Ses tableaux, des acryliques, sont en expovente à l?hôtel Saint-Géran et à la galerie Hélène de Senneville à Grand-Baie. Les prix vont de Rs 12 000 à monter

?Je fais en sorte d?avoir au moins une dizaine de tableaux exposés à la fois en ces deux endroits. J?expose à la galerie Hélène de Senneville depuis cinq ans alors que mes tableaux ne sont vendus en permanence au Saint-Géran que depuis deux ans?.

A 12 ans, le petit Mohammad fait ses premiers dessins et y découvre une nouvelle passion. Il a une préférence pour les paysages locaux et les portraits. Aujourd?hui encore?

Mais l?artiste peintre ne sera en communion avec le grand public qu?en 1991 lors de sa première exposition en solo, organisée par le ministère des Arts et de la culture. ?Dans le passé, j?ai déjà approché des officiers du ministère des Arts et de la culture, mais ils m?ont découragé en me disant que je n?avais pas de talent. J?ai réussi grâce à ma persévérance. J?ai dû attendre au moins dix ans avant de me faire un nom. Aujourd?hui, je peux dire que je gagne assez facilement ma vie en vendant mes tableaux?.

Mohammad est redevable à un directeur français de l?hôtel La Résidence qui l?a remarqué et l?a recommandé à Hélène de Senneville. ?Je travaille aussi pour des projets de décoration d?intérieur des hôtels et d?autres établissements. J?ai participé, avec Hélène de Senneville, aux travaux de rénovation de Touessrok?.

Simplicité contagieuse

Ses clients sont, pour la plupart, des ressortissants étrangers ou des touristes, dont des Australiens, des Allemands, des Français et des Américains. ?Pour cette raison, je veux construire ma propre galerie à Belle-Mare, une importante destination touristique?.

Mohammad n?a pas du tout la grosse tête. Spontané, il est aussi d?une grande simplicité. Il fait lui-même l?encadrement de ses tableaux contrairement à beaucoup d?artistes de renom.

Pour gagner sa vie, il ne met pas tous les ?ufs dans le même panier. Outre ses expoventes permanentes en deux endroits différents, il suit l?évolution dans le secteur du bâtiment dans le skyline de Port-Louis. ?Un petit secret : à chaque fois qu?on démarre la construction d?un grand complexe, j?approche le promoteur. Je lui présente mes références ou je propose de faire des croquis sur la décoration intérieure qu?il souhaite avoir?.

Mohammad a aussi enlevé le second prix à un concours de bande dessinée organisée par l?Alliance française. ?J?ai réalisé des dessins sur le phénomène du loup-garou à Lallmatie. Mais valeur du jour, je ne vois pas un grand avenir dans la BD à Maurice?.

Avant de réaliser un tableau, Mohammad va à la recherche des paysages locaux avec sa caméra numérique en bandoulière. ?Avant de coucher la peinture sur le canevas, je réalise un dessin sur mon ordinateur pour voir l?effet visuel. Avec l?acrylique, une fois qu?on a peint un tableau, on ne peut le refaire. Le tableau est bon pour la poubelle. Il vaut mieux avoir sa petite idée avant de réaliser une ?uvre?.

Dès qu?il est satisfait du résultat sur ordinateur, Mohammad peut compléter une toile en un jour. ?Je consacre la plupart de mon temps à mes peintures. Des fois, je travaille jusqu?à fort tard dans la soirée. Pour moi, ce n?est nullement une contrainte parce que la peinture est, avant tout, ma passion de toujours?.

Mohammad aurait aimé bénéficier d?un stage à l?étranger. Mais il a déjà été en Australie où il a eu l?occasion de côtoyer des artistes. ?Je constate que les artistes mauriciens n?ont rien à envier à ceux d?autres pays. Notre niveau est très élevé?.

Pour se défouler un peu, Mohammed passe une heure ou deux à Briani House, gérée par son frère aîné à Centre-de-Flacq. ?Quand je suis libre, j?y vais surtout aux heures de pointe pour l?aider un peu. Mais ce n?est pas avec l?intention de me lancer dans la restauration ou pour me faire de l?argent?.

Mohammed a transformé une chambre de sa maison en atelier. Faute de place, il garde aussi certains de ses tableaux dans sa chambre à coucher. ?Lorsque j?aurais ma propre galerie, j?organiserais des ateliers de formation pour encourager les jeunes de la région à se lancer dans la peinture?.

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