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G. Duval : ?Je quitte Maurice en cas de victoire du MMM?
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G. Duval : ?Je quitte Maurice en cas de victoire du MMM?
La biographie de Gaëtan Duval est, qu?on le veuille ou non, parsemée de propos fracassants, se voulant définitifs, sans aucun retour en arrière envisageable, mais qu?il a dû ravaler, par la suite, avec plus ou moins de discrétion. Le lecteur cherchera en vain, bien sûr, ces exemples de ravalement peu glorieux, chez ses hagiographes. Ils existent pourtant, imprimés noir sur blanc dans nos collections de journaux, pieusement conservées aux Archives de Maurice et à la Bibliothèque nationale. Les moins amnésiques d?entre nous n?ont sans doute pas oublié les propos qu?on lui prête, comme on ne le fait qu?aux plus riches d?entre nous, propos qu?il aurait proférés au lendemain de son expulsion du gouvernement à la fin de 1973, et démentis sans gloire par le retour du PMSD, en décembre 1976, dans un gouvernement de coalition avec Seewoosagur Ramgoolam, démenti confirmé par l?accord donnant naissance, avant les législatives d?août 1983, à la triple alliance électorale Bleu-Blanc-Rouge (PMSD-MSM-PTr).
A la mi-mars 1981, Sir Gaëtan Duval déclare, lors d?un meeting à Rose Hill, qu?il ne demeurera pas à Maurice en cas de victoire électorale du MMM : ?J?irais vivre ailleurs?, ajoute-t-il sans plus de précision. ?J?aime l?île Maurice plus que tout, déclare-t-il. C?est la raison pour laquelle je lutte contre la prise du pouvoir par un gouvernement communiste MMM. Je lutte pour les milliers de Mauriciens qui ont placé leur confiance en moi, en décembre 1976. En cas de victoire mauve, ma sécurité physique ne serait plus garantie.?
Ces propos duvaliens nous rappellent surtout qu?un gouvernement MMM-PTr lui a accordé, en mai 1996, des funérailles nationales et s?il y a quelqu?un dont la ?sécurité physique? fut peut-être menacée un jour, c?est sans doute de Paul Bérenger qu?il s?agit. Le leader du MMM, alors vice-Premier ministre de Navin Ramgoolam, tentait de rendre hommage à son adversaire politique, en assistant à ses funérailles, en l?église Sainte-Hélène, Curepipe-Road. Bon nombre de Joe alors rassemblés avaient quelques vagues souvenirs du précepte évangélique : ?Il ne faut pas pardonner sept fois mais 77 fois 7 fois !? Nous laissons, bien sûr, de côté l?épisode d?Azor Adélaïde et autres passages à tabac dont nos journaux gardent bien sûr trace.
Devant un millier de personnes, Sir Gaëtan Duval rappelle qu?il détient les moyens de redresser le pays avec l?aide de pays amis, dont la France, les Etats-Unis, des pays européens. Il se plaint d?avoir ?la main courte?. Il n?est ni député, ni ministre. Il est dépité de ne posséder aucun pouvoir politique. Aujourd?hui, on dirait qu?il est dans ?caro cannes? et que, à ce titre, les ministres, bien au chaud à l?hôtel du gouvernement (quand il ne brûle pas), ne lui prêtent bien sûr aucune attention ni considération. Il ne demande pourtant que Rs 600 millions pour remettre Maurice sur les rails. Il estime que les pays amis doivent moralement aider l?île Maurice. On ne sait si cet argument duvalien est encore valable face à la réduction programmée de 36 % des prix préférentiels accordés par l?Europe aux sucres mauriciens. Duval ose même se faire menaçant à l?égard de Paris, Washington, Londres et Bruxelles. ?Nous cesserons alors de vous considérer comme des pays amis !?
Sur le plan stratégique, il demande aux partisans travaillistes, venus l?écouter, de faire pression sur les ministres et députés de leur parti pour que le gouvernement en place lui accorde une plus grande considération. Il les prévient : Les Mauriciens qui ne mangent pas à leur faim n?ont que faire de la démocratie. Ils ne voteront pas pour les démocrates mais, au besoin, pour les communistes, provoquant de ce fait son exil. Ce ne sera pas faute de sa part de critiquer ?la léthargie travailliste?.
Avant Gaëtan Duval, le leader-adjoint du PMSD, Eliézer François, reproche à Mario Flore d?avoir critiqué publiquement l?Eglise catholique, lui reprochant de n?avoir pas pris la défense des grévistes de la faim, pratiquant pourtant le jeûne diurne. Il fait allusion à des bagarres dans des night-clubs, le 31 décembre 1976. Il reproche aux dirigeants du MMM de fréquenter les réceptions de l?ambassade états-unienne à Floréal. Il ne pardonne pas à Harish Boodhoo d?avoir piétiné ses plates-bandes ministérielles en organisant un mouvement en faveur du libre passage sur les plages mauriciennes et le long de nos côtes. Eliézer François est alors ministre des Terres et donc des plages publiques. On lui doit d?ailleurs l?initiative d?améliorer la gestion de celles-ci. Mais elles tombent toutefois sous la juridiction des conseils de districts. Il doit s?avouer vaincu face aux lourdeurs bureaucratiques dont font preuve les collectivités locales et le ministère des Administrations régionales. Comme quoi, il ne suffit pas d?être ministre pour réussir ce qu?on ambitionne de faire sur le plan politique.
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