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Edouard Maunick, la mémoire Senghor

20 mars 2006, 00:00

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Plus qu?un témoin, un acteur. Un ami, de ceux qui se comptent sur les doigts d?une main. Edouard Maunick porte dans sa chair, dans sa mémoire, dans ses écrits, ?40 ans d?amitié intellectuelle et personnelle? avec Léopold Sédar Senghor.

C?est ce que le poète est venu nous déclamer au cours de la conférence qu?il anime ce matin au Mauritius Institute.

?La plus grande preuve d?intimité intellectuelle entre Senghor et moi, c?est qu?il a pris un an pour faire la préface de l?un de mes livres. Il m?a donné 25 pages dactylographiées intitulées La négritude métisse, une analyse en profondeur de tout ce que j?ai écrit.? D?où son ?regret? toujours vif de ne pas avoir été là quand Senghor a visité Maurice.

C?est en ces termes qu?Edouard Maunick se souvient de celui avec qui il a siégé au Haut Conseil de la Francophonie. Un être ?dont je parle comme je n?écris jamais.?

Justement, Maunick n?est pas de ceux qui ne font que parler. Il est de ces poètes-architectes qui investissent les chantiers de la création. Dessinent des plans d?ouvrage pour d?autres poètes-maçons de la langue. Au trait carré, Edouard Maunick a marqué un nouvel opus collectif dédié à Senghor. Lui ?l?insulé? ( mot qu?il a forgé au feu de son ?intelligence? du fait insulaire), s?est adressé à d?autres îlois, en leur demandant de dire Senghor. De le raconter comme ?quelqu?un qui n?est pas seulement d?une île, mais qui est lui-même une île.?

Résultat : 50 contributions de tous les continents, regroupées dans un ouvrage publié prochainement par les éditions de l?Unesco. Parmi, celles d?Ananda Devi, de Sedley Assonne, Michel Ducasse, Shenaz Patel, des Réunionnais Carpanin Marimoutou et Nadine Fidji ou encore de l?ambassadeur de France à Maurice, Dominique Renaux.

Une publication intitulée Mémoire Senghor avec à la tête du comité de publication, le directeur de l?Unesco, Koïchiro Matsuura et le Prix Nobel nigérian Wole Soyinka, entre autres.

Mémoire Senghor se situe dans la lignée de Présence Senghor, qui dans le même esprit, a regroupé, il y a dix ans, et sous l?impulsion de Frederico Mayor, alors directeur de l?Unesco, 90 manières de dire Senghor, à l?occasion de ses 90 ans.

Edouard Maunick nous a aussi soufflé qu?avec le centre culturel Nelson Mandela pour la culture africaine, l?ambassade de France et l?Alliance française, il caresse le projet de fêter à nouveau Senghor en octobre, en organisant la venue chez nous de personnalités éminentes du monde culturel africain et international. Les noms qui circulent : Yandé Christiane Diop, veuve d?Alioune Diop fondateur de Présence Africaine, Bruno Doucey, des Editions Seghers (maison qui consacrera bientôt un numéro de la Collection des poètes d?aujourd?hui à Edouard Maunick ) et l?universitaire Jean-Louis Joubert.

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