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Mauvais casting

20 mars 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les fondations du cinquième pilier de notre économie, les technologies de l?information et de la communication (Tic), sont chancelantes. De nouvelles idées émergent de temps à autre et des initiatives louables sont parfois annoncées mais il manque à ce secteur un capitaine capable de fixer le cap. Entre-temps l?industrie continue à tanguer.

Le Premier ministre a révélé, hier à Triolet et à Morcellement St.-André, qu?il a animé, la semaine dernière, une réunion de travail avec un consultant indien, Appu Kuttan, pour mettre en chantier un projet d?apprentissage par Internet. Cette annonce vient renforcer la perception qu?il existe un manque de coordination entre les différentes autorités responsables de la politique nationale dans le domaine de l?informatique.

Ce projet, nommé ?Universal ICT education? est présenté par Navin Ramgoolam comme une ?révolution? à venir mais, manifestement, son ?senior adviser? en informatique, Jean Suzanne, n?en était pas au courant. Il y a un mois, le conseiller a détaillé un plan pour le secteur des Tic mais sans y faire la moindre référence. Quant au ministre de tutelle, Etienne Sinatambou, il paraît encore plus éloigné de l?actualité dans le secteur de l?informatique.

Cela compromettrait l?avenir des Tic si une mésentente au sommet devait freiner le décollage de cette industrie. Si, en plus, des chamailleries entre les responsables du secteur devaient brouiller le message que veut transmettre le gouvernement aux investisseurs, ce serait désespérant.

Le projet de l??Universal ICT education?, pour lequel le Premier ministre s?investit personnellement, reste flou. Mais il semble que le but est de dispenser à tous, de l?ouvrier au recalé du CPE, un enseignement menant à un certificat en informatique. Si c?est le cas, il ne devrait pas être trop différent des cours de familiarisation avec l?outil informatique que le NPCC organise depuis des années.

Mais si le projet dont Navin Ramgoolam parle avec tant d?enthousiasme concerne le ?e-learning? dans des domaines pointus, alors le gouvernement aurait pu se tourner vers les institutions comme l?université de Maurice, le MIE et le MCA pour sa conception. L?indien Appu Kuttan est un prestataire de services dont la société est engagée dans la formation ?online? pour les élèves des régions défavorisées aux Etats-Unis. Ses cours ne seront pas forcément adaptés au contexte mauricien. De toute façon, avec ou sans expert étranger, des firmes privées ont lancé des cours d?envergure sur le mode du ?e-learning?. Par exemple, l'e-Skills Ltd, du groupe Currimjee, a inauguré récemment un centre de formation qui offre une centaine de cours par ordinateur.

Faute d?un plan global et ambitieux, chacun apporte sa contribution. En attendant qu?Appu Kuttan lève complètement le voile sur son plan d?action, et après que Jean Suzanne a annoncé le sien, le ministre Sinatambou, lui, dit son intention de doter chaque école primaire de quatre ordinateurs. L?ancien gouvernement avait déjà fait installer deux ordinateurs par école. Ils se trouvent dans les bureaux de l?administration et sont inaccessibles aux élèves. Les nouveaux ordinateurs auraient-ils un usage différent ?

Il est vrai que, pour inculquer une culture informatique à la nation, il faut une véritable révolution. Ce n?est pas facile à réaliser. En octobre 2000, un ?school IT project? au coût de Rs 2 milliards avait été conçu mais les tentatives de l?appliquer sont restées lettre morte. Il y avait trop de capitaines à bord. Les querelles et les bisbilles se multipliaient. Visiblement, on n?a pas tiré les leçons de cette expérience.

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