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Premières flèches avant la rentrée parlementaire
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Premières flèches avant la rentrée parlementaire
<B>CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE </B>
<B>Des femmes promues au MSM</B>
<B>Leela Devi Dookun-Luchoomun devient vice-présidente du parti. Pravind Jugnauth maintient sa volonté de faire bloc au Parlement avec le MMM contre l?Alliance sociale. </B>
?Vive Pravind Jugnauth !? scandent les femmes réunies, samedi, au 10e étage du quartier général du Mouvement socialiste militant (MSM). Elles se trouvaient au Sun Trust Building dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme.
Les deux salles sont bondées. Cinq cents personnes environ sont venues célébrer cette journée. Les jeunes filles sont obligées de laisser leurs sièges aux personnes âgées et handicapées, à la demande incessante des orateurs. D?autres doivent s?asseoir à même le sol.
C?est la liesse lorsque le leader du MSM, Pravind Jugnauth, fait sont entrée. Les femmes se lèvent en scandant, ?to mem nou prosin Premie minis?. Le sort des femmes est un sujet qui l?intéresse. Au point qu?il annonce une série de promotions au sein du parti.
La députée Leela Devi Dookun-Luchoomun, l?actuelle présidente de l?aile féminine, est promue vice-présidente du parti. La députée Maya Hanoomanjee, qui fait partie de la commission des femmes, devient assistante secrétaire générale. La députée Sheila Grenade, vice-présidente de l?aile jeune, s?occupera de la commis-sion des sports.
<B>?Zame mo pou renie mo konviksion?</B>
Fazila Daureeawoo, en charge de la commission de la Sécurité sociale, est nommée vice-présidente de l?aile féminine. L?ex-journaliste de la MBC et députée de Curepipe, Mireille Martin, qui était responsable de la commission arts et culture, devient secrétaire de l?aile féminine. Usha Jeetah, l?ex-ambassadrice à Washington, est nommée responsable de l?aile féminine.
Le leader du MSM affirme que son intention est d?introduire un plus grand nombre de femmes au Parlement. Parlant de la réforme électorale, il rappelle que ?certaines personnes? ont dit que s?il avait accepté la formule proposée, il aurait été au Parlement aujourd?hui. ?Zame mo pou renie mo prinsip e konviksion pou mo lintere personnel.? Il affirme que l?intérêt du pays passe avant tout et qu?il n?acceptera aucune réforme qui rendra le pays ingouvernable. Il dit aussi qu?il est disposé à participer à n?importe quel comité que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, mettra sur pied pour améliorer l?actuelle formule électorale.
En ce qui concerne la Journée internationale de la femme, il souhaite que ?certains hommes cessent de maltraiter les femmes?.
D?un point de vue plus politique, il remercie tous ceux qui ont fait confiance à son leadership, en particulier les membres du bureau politique et du comité central. A ce propos, il ne tolérera aucune ingérence dans son parti. ?Na pa vinn mars lor mo lipie. Na pa injer dan zafer MSM. Na pa vinn zoue ar dife.?
Il ajoute qu?il ne faut pas se tromper d?adversaire en politique. ?L?adversaire du MSM est l?Alliance sociale.? C?est pourquoi il a voulu que les groupes parlementaires du MSM et du MMM se rencontrent pour décider de la position à adopter au Parlement demain. ?Nou pou tir manze alians sosial au Parlement.? Cependant, le MSM maintient qu?il fera cavalier seul au meeting du 1er Mai à Curepipe.
<B>Une alliance ?avec le peuple?</B>
Il dément les rumeurs d?alliance avec la majorité, qui ont circulé à la suite de sa rencontre avec le président indien, Abdul Kalam. ?Il y a une alliance. Elle est avec le peuple.?
Après avoir fait état des différentes promesses non tenues par l?Alliance sociale, la vague d?augmentations de prix, la dégradation de l?ordre public, il affirme que le pays connaîtra un nouveau miracle économique lorsque le MSM sera de nouveau au pouvoir.
Sheila Grenade, elle, demande au gouvernement de ?lev pake ale? à cause de la recrudescence de violences à l?égard des femmes. ?Nou ti respir la vi en 2000-2005 e zordi nou pe perdi la vie.? Leela Devi Dookun-Luchoomun estime que c?est Pravind Jugnauth qui redressera le pays une fois au pouvoir. Maya Hanoomanjee déclare, pour sa part, que les augmentations de prix ont eu un impact direct sur la bourse des ménagères. Prochain rendez-vous au Sun Trust, le 8 avril, pour fêter l?anniversaire du MSM.
<B>POLITIQUE
Le PM défend son bilan et attaque l?opposition
<B>S?il égratigne Paul Bérenger et Pravind Jugnauth, il épargne toutefois le PMSD. Mais nie avoir voulu rencontrer Maurice Allet. </B>
Le Premier ministre a défendu ses réalisations hier, à Morcellement St.-André et à Triolet, dans le cadre de la célébration de la fête de l?Indépendance. Transport gratuit, pension universelle, installation gratuite de pylônes électriques en sont du nombre.
Mais il déplore que pendant que le gouvernement fait des efforts pour venir en aide aux économiquement faibles, l?opposition passe son temps à critiquer ?même la célébration de la fête de l?Indépendance?.
Navin Ramgoolam n?a cependant pas été critique à l?égard du Parti mauricien social-démocrate (PMSD). Interrogé à l?issue de la cérémonie à Morcellement St.-André sur le souhait des Bleus de faire partie du gouvernement, il a déclaré que ?j?ai entendu dire que le PMSD est intéressé à soutenir le gouvernement parce que nous faisons du bon travail?. Il a nié toute intention de rencontrer le leader du PMSD, Maurice Allet, hier. En effet, le bruit courait qu?il allait le voir. Quant à Maurice Allet, il ne veut pas faire de commentaire.
Au centre communautaire de Morcellement St.-André, le Premier ministre a commenté le différend entre leader du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger et celui du Mouvement socialiste militant (MSM), Pravind Jugnauth. ?Et hier, ils parlaient de deux Premiers ministres !? Il a affirmé que la vraie raison du différend entre les deux hommes est que Paul Bérenger estime que si Pravind Jugnauth continue à être leader, Navin Ramgoolam gagnera les prochaines élections générales. ?Ena dimoun pe enkor fer calcul !? Navin Ramgoolam a ajouté que ce n?est pas de cette façon qu?il fait de la politique. Il le fait par conviction comme ?l?a si bien fait son père, feu Sir Seewoosagur Ramgoolam?. ?Aujourd?hui je suis le seul leader politique qui a toujours été élu.?
Le combat pour obtenir l?indépendance du pays ne date pas d?hier. Il a commencé en 1936 avec la création du Parti travailliste (PTr) pour la lutte en faveur des opprimés de la société. ?Certains semi-intellectuels essaient de faire accroire que Maurice allait de toute façon obtenir son indépendance.? Même si le pays a obtenu son indépendance, certaines personnes refusent toujours de l?accepter. Navin Ramgoolam a ensuite dressé un parallèle avec l?Afrique du Sud, où après tant d?années de lutte, Nelson Mandela a fini par prendre le pouvoir sans pour autant entretenir de la haine pour qui que ce soit.
?Tan ki zot la mo pa pou per?, a-t-il lancé à Morcellement St.-André, où l?orchestre de la police et une démonstration d?hélicoptères ont meublé l?événement. Il prévient ainsi contre toute tentative de diviser la population. ?Nous sommes en train de vivre en harmonie dans un pays multiracial. Il faut rester vigilant. Gare aux forces divisionnistes?, lance le chef du gouvernement.
Il ajoute que le PTr est là pour travailler pour toute la nation mauricienne. C?est d?ailleurs pourquoi il avait introduit l?éducation gratuite. Malgré les gros problèmes auxquels fait face le pays dans les secteurs sucre, textile et la montée en flèche du prix du carburant, le gouvernement arrive à tenir ses promesses électorales.
?Si le PTr n?avait pas repris le pouvoir, l?addition aurait été plus salée avec l?ancien régime.? Le gouvernement continue à maintenir les subventions sur certains produits. Le Premier ministre a aussi annoncé le durcissement de la loi envers les débits d?alcool. Leur permis d?opération sera suspendu si la police intervient à trois reprises.
<B>Bérenger affirme que ?le pays est en danger?</B>
C?est un MMM requinqué qui a réuni ses partisans, hier. Ils sont venus à environ 1 500. La mobilisation est celle des grands jours. Neuf mois après les législatives, le leader mauve, Paul Bérenger, souhaite des élections générales anticipées et ce, dans le respect de la Constitution et des lois. ?Le pays est en danger, le pays et l?avenir des enfants sont menacés.?
Il faut donc le sauver, ce pays, estime Paul Bérenger. C?était à l?auditorium Octave Wiehé, à Réduit, dans le cadre du lancement de la campagne de mobilisation du1er Mai. Le ?gouvernement n?a plus de mandat pour gouverner?, car il a été élu sur de ?fausses promesses et des mensonges?.
Tous les autres intervenants ont abondé dans le même sens : le 1er Mai devra être une étape importante pour faire partir le gouvernement. La ?division? en son sein est l?une des situations qui devrait faire aboutir une nouvelle échéance électorale le ?plus tôt possible?.
C?est pour cela que Paul Bérenger avait souhaité que le MSM et le MMM fassent cause commune le 1er Mai en vue de ?soulever une vague? pour provoquer ces élections. ?Nous allons mobiliser séparément pour le 1er Mai et espérons qu?il n?y en aura pas pour trop longtemps avant d?allier nos forces pour ces élections générales.?
Ce qui n?empêche pas le leader du MMM de réaffirmer son ?estime? pour Ashock Jugnauth, qui posséderait un ?potentiel politique? nécessaire dans les circonstances actuelles. Toutefois, il se défend de s?être ingéré dans les affaires du MSM.
Paul Bérenger rappelle que le MSM et le MMM avaient récolté 44 % des suffrages lors des élections générales de juillet. Ce qui l?amène à faire référence à la Thaïlande, où le chef du gouvernement a été élu avec 61 % des voix, mais qui s?est vu contraint d?organiser de nouvelles élections générales après un an. Un des secrétaires généraux du MMM, Rajesh Bhagwan, ajoute :
?Nou pas pe fer fezer ek person me sa 44 %, nu kone konbien MMM, inn amene la dedan?.
Pour rester constant dans son désir de provoquer les élections générales, Paul Bérenger relève les différentes ?volte-face? du gouvernement : notamment sur les prix (alors qu?il avait promis de ne pas les augmenter) et l?Integrated Resorts Scheme (les travaillistes avaient parlé ?d?apartheid économique?).
Le plus important, note-t-il, a été la déclaration de Navin Ramgoolam dans le journal britannique, Financial Times, selon laquelle le gouvernement amendera la loi permettant aux employeurs de ?hire and fire?. ?Il se disait pourtant de gauche, partisan de la démocratisation de l?économie. Quelques jours avant, le ministre du Travail, Vasant Bunwaree, annonce l?abolition des tripartites et les négociations sectorielles.?
?Quand nous affirmons que l?île Maurice est en danger, nous ne bluffons pas.? Sur ce point, une des préoccupations est la ?politisation de la police? : ?Les agents travaillistes n?ont rien à craindre désormais. Il y a deux poids, deux mesures et c?est très dangereux. C?est là que les gens ont le sentiment qu?ils peuvent prendre la loi entre leurs mains.?
Paul Bérenger accentue la pression en avançant que la population peut désormais comparer ?nos compétences et notre discipline? avec celles du gouvernement travailliste depuis qu?il est aux affaires. Le dossier du sucre a été mal géré, soutient Paul Bérenger. Il s?étonne du fait qu?un ambassadeur n?ait pas encore été nommé à Washington.
Paul Bérenger a de nouveau évoqué la réforme électorale, qui demeure un des ?grands regrets? (pour n?avoir pas pu la proposer sous son mandat). Il souhaite faire d?une pierre deux coups grâce à cette réforme : consolider la démocratie et promouvoir la femme en politique.
ÉDUCATION
<B>Le MMM souhaite un comité d?élite </B>
■ Paul Bérenger lance un dernier appel au chef du gouvernement pour qu?il n?introduise pas la réforme Gokhool. ?Il ne faut pas instaurer un barrage pour les enfants de 11 ans. Autant se pencher sur une autre solution.? Il propose un comité d?élite présidé par le ministre de l?Education, Dharam Gokhool. L?éducation pourrait être le thème de la ?Private Notice Question? (PNQ), demain. Le leader MMM garde un ?ultime espoir sur ce sujet. Calmons l?angoisse des parents en les rassurant que la rentrée 2007 se fera sur les mêmes modalités qu?avant?. Il craint qu?avec un système qui ne prône pas de transparence, les parents ne descendent dans la rue. Le leader de l?opposition étudiera d?autres thèmes d?actualité : la situation ?chaotique? dans les prisons, les augmentations de prix, l?abolition des tripartites. Le MMM ne souhaite pas porter le dossier de l?éducation en Cour suprême, à moins que cela ne soit vraiment impératif. Lors d?une conférence de presse, samedi, Paul Bérenger indique que le PMSD ne sera pas de la partie lors de la réunion commune, cet après-midi, entre le MSM et le MMM. Après quelques frictions, la semaine dernière, les deux partis mettent leur différend de côté pour les travaux parlementaires.
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