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Le MMM et le MSM s?observent en chiens de faïence

7 mars 2006, 00:00

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La partie d?échecs est arrivée à un stade délicat, où le prochain mouvement de pion pourrait être déterminant. Si la menace de démission de Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien (MMM) et de l?opposition, avait agité le camp Mouvement socialiste militant (MSM) la semaine dernière, l?équilibre semble retrouvé.

Alors que le MSM indiquait, en fin de semaine dernière, qu?il n?a jamais demandé ni songé à exiger que Paul Bérenger quitte son siège de leader de l?opposition, la donne semble avoir changé. ?La situation a évolué et pourrait évoluer davantage?, a déclaré Pravind Jugnauth, leader du MSM à l?express hier.

La rencontre entre ce dernier et Alan Ganoo, leader adjoint du MMM, durant le week-end y serait-elle pour quelque chose ? Peut-être. Quoi qu?il en soit, les 12 députés du MSM se sont réunis hier après-midi pour discuter de la rentrée parlementaire.

Bien évidemment, la question du poste de leader de l?opposition a été abordée. Alors que vendredi, le MSM risquait une scission entre une aile en faveur d?un maintien de Paul Bérenger à son poste pour des raisons de leadership au MSM et une autre qui voyait en Ashock Jugnauth un leader de l?opposition idéal, Pravind Jugnauth semble avoir repris les choses en main. Il a d?ailleurs rencontré un à un chaque député de son parti pour discuter du sujet.

?Signal fort?

Peu enclin à faire un choix entre Nando Bodha, le chef de file du parti au Parlement, et Ashock Jugnauth, que certains verraient comme nouvel homme fort du MSM, Pravind Jugnauth préférerait le statu quo. Une voie du milieu se dessine.

Leela Devi Dookun-Luchoomun, ancienne Private Parliamentary Secretary et ex-ministre de la Femme, est évoquée comme possible successeur de Paul Bérenger. Même l?entourage de Pravind Jugnauth paraît se laisser tenter par l?idée, même si la décision finale sera prise par le bureau politique du MSM. Ce dernier se réunira rapidement si Paul Bérenger démissionne. ?Elle a la bonne attitude politiquement parlant et a l?avantage d?être une femme. Nous pourrions ainsi envoyer un signal fort à la population. Cela dit, aucune décision ne sera prise à la hâte?, lâche un proche du leader du parti du soleil.

Nando Bodha comme leader de l?opposition est une autre possibilité soutenue par plusieurs députés MSM. En revanche, la candidature d?Ashock Jugnauth semble compromise.

Aujourd?hui, au MSM, l?on indique que la balle est dans le camp de Paul Bérenger. ?Nous ne pouvons rien faire pour le moment. La seule chose tangible est qu?il va se rendre chez le président de la République cette semaine. Nous ne savons pas encore ce qu?il va lui dire. A partir de là, tout s?enchaînera?, avance Nando Bodha, secrétaire général du MSM. ?Si Paul veut démissionner, nous ne pouvons pas le retenir ?, affirme un autre membre influent du MSM.

Lors de sa conférence de presse, samedi, le leader de l?opposition a annoncé qu?il sollictera un rendez-vous avec le président, Anerood Jugnauth, pour évoquer sa démission. A la lumière de cette rencontre et de la réaction du MSM,?on verra alors si je dois maintenir ma décision?.

Légitimité

En évoquant sa démission, Paul Bérenger semble être à la recherche d?une nouvelle légitimité comme leader de l?opposition. En effet, si les deux députés du PMSD rallient le gouvernement, le MMM se retrouve avec dix députés contre 12 MSM. ?Bérenger ne veut pas d?une situation où le MSM ou une aile de ce parti-là demandera plus tard qu?il démissionne. Il préfère que les choses soient claires dès maintenant ?, pense un membre de son état-major.

Si Paul Bérenger démissionne , il incombera au président de la République de nommer un nouveau chef de l?opposition. Celui-ci devrait provenir des rangs du MSM. Mais avant cela, il faudra consulter les partis de l?opposition.

Un autre cas de figure existe cependant. Que se passerait-il si un député du MSM démissionnait du parti ? Cela rétablirait la balance à onze députés MSM contre onze. Rien ne dit que l?on se dirige vers un tel cas de figure. Mais si une telle chose se produit, une très difficile tâche incomberait alors au président de la République.

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