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«Je ne m?entendrai jamais avec Bunwaree!»

3 mars 2006, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Deepa BHOOKHUN

● Les hostilités entre vous et Vasant Bunwaree ont repris. Quel en est le motif ?

Il n?y a pas d?hostilité. Il y a un tract qui a été distribué aux gens de ma circonscription et j?ai informé les autorités concernées.

● Mais il y a bien plus que ça. En décembre dernier, vous demandiez publiquement la démission de votre colistier. Pourquoi ?

C?était sur une question de principe.

● Et ce principe ne tenait pas à l?époque où vous aviez fait campagne avec Vasant Bunwaree?

Il n?y avait aucun document officiel qui avait été déposé en Cour suprême à ce moment-là.

● Mais tout le monde savait que le nom de Bunwaree était mêlé d?une façon ou d?une autre à l?affaire MCB!

C?était des allégations car il n?y avait rien d?officiel. Quand un document est déposé devant la Cour suprême, cela prend toute son importance.

● J?insiste. Est-ce que la question de principe ne s?est pas posée durant la campagne ?

La question s?est toujours posée.

● Alors pourquoi n?avoir rien dit ?

Mais j?ai dit !

● Quand ?

Je n?ai rien dit à la presse mais les gens qui me connaissent savent ce que je pensais de cela.

● Votre leader a pris la décision d?accorder un ticket à Bunwaree malgré les circonstances. Vous contestez Bunwaree, donc vous contestez cette décision ?

Je ne critique personne sur cette décision, ni sur la décision de nommer Bunwaree ministre. Mais à la lumière du rapport déposé en Cour suprême, j?ai dit que Bunwaree devait step down comme ministre. Je n?ai pas demandé sa démission comme député, ni sa révocation comme ministre.

● Mais est-ce que le principe de la présomption d?innocence ne s?applique pas pour Bunwaree ?

Je n?ai jamais dit que Bunwaree était coupable. Ken Livingston, le maire de Londres a été suspendu pour un mois après un incident avec un journaliste. Cela ne veut pas dire qu?il est coupable mais il faut une certaine éthique quand vous êtes un homme public. Il faut que nous placions la barre très haut pour les politiciens.

● Mais votre parti n?offre-t-il pas un forum approprié pour discuter de ce problème ?

Mon action politique est dictée par ma conscience. J?ai jugé que parler publiquement était la bonne chose à faire et je l?ai fait. Et j?étais prêt à faire face à toutes les conséquences de cet acte. Et je pense ce que je dis.

● Attendiez-vous à ce que le parti fasse un choix entre vous et Vasant Bunwaree ?

Non, pas du tout.

«Je peux vous dire que les partis de l?opposition avaient pris contact avec moi en décembre parce qu?ils voulaient capitaliser sur l?incident.»

● Et que pense le parti du fait que deux de ses membres sont en quelque sorte en train de laver leur linge sale en public ?

Écoutez, il y a eu deux incidents. Le premier s?est passé en décembre et j?ai expliqué le pourquoi de mon action. Le deuxième concerne les tracts contre moi. Personne ne peut s?attendre que je reste tranquille quand on me menace de mort, quand on s?attaque à ma femme, ma mère et ma nièce.

● Avez-vous le soutien de certains membres du parti ?

Je ne peux pas vous le dire. Vous savez, ils étaient nombreux à dire que Varma sera expulsé, Varma sera suspendu et j?étais prêt à toutes les conséquences.

● Le fait que vous n?avez pas été ni suspendu, ni expulsé veut-il dire que vous avez le soutien de votre parti?

Ce n?est pas ce que j?ai dit. Les Mauriciens ne sont pas habitués à des politiciens qui viennent de l?avant pour exprimer leurs pensées. C?est ce que j?ai fait. Ils ont l?habitude des politiciens qui créent un conflit pour justifier le fait qu?ils veulent claquer la porte de leur parti. Je n?ai jamais dit que si Bunwaree ne démissionnait pas, j?allais, moi, démissionner.

● Mais n?êtes-vous pas mal à l?aise au sein de ce parti car vous êtes en conflit avec un de ses membres influents ?

Je suis très à l?aise. J?ai l?honneur d?être un député du PTr. Je peux vous dire que les partis de l?opposition avaient pris contact avec moi en décembre parce qu?ils voulaient capitaliser sur l?incident. Mais je suis fidèle envers mon parti.

● Comment finira ce bras de fer entre vous et votre colistier ?

Je crois qu?il faut attendre que le parti décide. Je suis très à l?aise dans mon rôle de backbencher. Certaines personnes disent que je veux être ministre et que c?est la raison de mes propos.

● Donc, vous ne voulez pas être ministre ?

Si l?on m?avait offert un portefeuille, je l?aurais accepté car cela aurait été un honneur. Même en tant que backbencher, je suis en train de servir mon pays.

● Y avait-il des attentes de votre part d?être nommé ministre, espoirs qui ont été par la suite frustrés ?

Jamais.

● Et comment se passent les choses dans la circonscription avec les tiraillements entre colistiers ?

(Hésitations?) La situation aurait pu être meilleure. J?ai une responsabilité envers mon électorat et je fais de mon mieux. Richard aussi fait de son mieux. L?autre, je ne sais pas.

● L?autre ? Il semble que la situation entre vous et Vasant Bunwaree ne s?améliorera pas de sitôt ?

Ça ne s?améliorera jamais ! Nous sommes arrivés à un point de non-retour.

«La suspension de la peine de mort n?a pas été faite par conviction mais plutôt pour des raisons politiques. Personne n?a voté pour abolir la peine de mort.

● Mais pourquoi? Je reviens à ma question initiale: Qu?est-ce qu?il y a derrière ce conflit ?

Je ne dirai rien. Il y a plusieurs raisons que je ne souhaite pas rendre publiques.

● Vous vous êtes prononcé publiquement pour le rétablissement de la peine capitale. Pourquoi ?

Il y a des gens qui sont contre. Moi je suis pour.

● Mais pourquoi ?

D?abord la suspension de la peine de mort n?a pas été faite par conviction mais plutôt pour des raisons politiques.

Personne n?a voté pour abolir la peine de mort. Et la peine de mort est une manière pour la société d?exprimer sa désapprobation face à certains crimes tels les assassinats, les viols sur des enfants et des handicapés.

● Même s?il n?a pas été prouvé si la peine de mort a une incidence sur le taux de criminalité ?

Mais on parle d?études; quelles études? Il y a des pays comme l?Angleterre ou même Maurice où il y a eu une recrudescence de la criminalité depuis l?abolition de la peine de mort.

● La recrudescence est liée selon vous à la peine de mort et non aux conditions sociales ?

Je pense que la peine de mort crée des conditions qui font que les gens réfléchissent deux fois avant de commettre des crimes. Voyez Singapour, voyez l?Inde.

● Qu?arrive-t-il s?il y a des erreurs judiciaires ?

Je crois qu?il faut faire confiance à l?institution qu?est le judiciaire.

● Une institution est quand même faite d?hommes et de femmes, d?où le risque d?erreur !

Oui, mais il faut quand même faire confiance. Si la confiance est là, comment va-t-on faire des erreurs ? Si une personne trébuche et tombe demain, les autres arrêteront-ils de marcher pour autant ?

● Mais si un innocent est exécuté par erreur, nous devrions donc mettre cela sur le compte d?une erreur et tourner la page?

C?est la raison pour laquelle nos institutions doivent bien fonctionner.

● Que pensez-vous du rétablissement de la remise de peines à toutes les catégories de prisonniers ?

Je ne suis pas d?accord avec ce principe.

● Sur ces deux points importants, vous n?êtes donc pas d?accord avec l?«Attorney General».

Là, vous allez dire qu?il y a une dissension entre moi et Valayden! J?ai des convictions et je les exprime, c?est tout. S?il y a un party vote et que le parti prend une décision, je n?aurai d?autre choix que de respecter cette décision.

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