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Réforme de la pension de vieillesse

La contestation de la Platform Komun Syndikal passe à la vitesse supérieure

4 août 2026, 13:00

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La contestation de la Platform Komun Syndikal passe à la vitesse supérieure

■ Après plusieurs jours de mobilisation devant le Parlement, les dirigeants de la Platform Komun Syndikal annoncent porter leur combat contre la réforme des pensions dans les entreprises et les régions.

La mobilisation contre la réforme de la pension de vieillesse est loin de s’essouffler. Réunie ce lundi au siège de la Fédération des travailleurs unis (FTU) à Port-Louis, la Platform Komun Syndikal a dressé le bilan des actions menées la semaine dernière, du sit-in devant le Parlement au candlelight de vendredi soir. Si les dirigeants syndicaux se félicitent d’une mobilisation qu’ils jugent «historique», ils annoncent déjà une nouvelle phase de leur combat. Au passage, ils ont tenu à exprimer leur solidarité envers la jeune militante Malina Cheeneebash, interpellée après les événements de dimanche.

Pour Atma Shanto, président de la FTU, les journées de mobilisation ont marqué «une étape importante» dans la lutte contre ce qu’il qualifie de «démantèlement de la pension de vieillesse». «La campagne continue. Nous allons poursuivre nos actions dans les entreprises et dans les régions afin de maintenir la pression», affirme-t-il. Il précise que la perspective d’une grève générale demeure à l’agenda, même si des consultations avec les travailleurs sont toujours en cours.

La mobilisation de la jeunesse a également occupé une place importante dans cette conférence de presse. Les syndicats ont salué l’engagement de Malina Cheeneebash, tout en regrettant les événements de dimanche. «Elle a pris une initiative personnelle pour encourager les jeunes à sortir de derrière leurs écrans et à participer au débat public. Nous sommes solidaires avec elle», a souligné Atma Shanto.

Pour Jane Ragoo, secrétaire générale de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé, le gouvernement avait plusieurs options pour préserver le système de pension sans imposer cette réforme. Elle a une nouvelle fois félicité l’exjunior minister Sydney Pierre pour avoir voté contre son propre camp, estimant qu’il a démontré «qu’il existait un autre choix». La mobilisation devrait désormais s’intensifier sur les lieux de travail afin de sensibiliser davantage les salariés du secteur privé.

Même discours chez Deepak Benydin, président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions, qui estime que le mouvement a déjà obtenu plusieurs résultats. Il cite notamment le retrait de certaines mesures comme celles concernant le National Pension and Provident Fund, sous la pression populaire. «Chaque bataille a permis d’obtenir des avancées, mais la guerre est loin d’être terminée», affirme-t-il, dénonçant dans le même souffle les nouvelles dispositions concernant les pensions des plus hauts responsables de l’État.

Le négociateur de la General Workers Federation (GWF), Ashvin Gudday, voit lui aussi dans cette mobilisation la preuve que la contestation porte ses fruits. Il rappelle que plusieurs dispositions initialement prévues ont été retirées après les premières manifestations. «Nous sommes dans une bataille permanente. Tant que le dialogue social sera ignoré, nous continuerons à nous mobiliser», prévientil. Il a également dénoncé ce qu’il qualifie d’«intervention musclée» de la police lors des manifestations, estimant que les jeunes méritent davantage de respect dans une démocratie.

Les critiques ont aussi visé plusieurs élus, de tous bords. Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress, a salué le courage de Sydney Pierre, tout en reprochant à certains députés de s’être abstenus ou d’avoir voté en faveur de la réforme, malgré leurs prises de position publiques. Clency Bibi, président de la GWF, estime, pour sa part, que le mouvement syndical a déjà réussi à créer «un malaise» au sein du gouvernement. «La pression va monter. La classe syndicale n’acceptera pas n’importe quoi.»

Au-delà de la réforme des pensions, les syndicats dénoncent surtout l’absence de véritable dialogue social. Ils accusent le gouvernement d’avoir fait adopter d’importantes modifications législatives à travers le Finance Bill, sans consultation suffisante des partenaires sociaux. Un constat qui, selon eux, justifie la poursuite des actions dans les semaines à venir, avec en toile de fond une éventuelle grève générale qui reste plus que jamais à l’ordre du jour.

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