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Subventions
Un bouclier contre la hausse des prix face aux tensions mondiales
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Subventions
Un bouclier contre la hausse des prix face aux tensions mondiales
Malgré le contexte international, plusieurs produits subventionnés ont affiché une baisse de prix en juillet.
Les tensions sur les marchés mondiaux continuent d’influencer les prix, selon le rapport Monitoring of Prices of Essential Commodities & Impact Analysis, publié en juillet par la Price Analysis & Monitoring Division du ministère du Commerce et de la protection des consommateurs. Ce malgré des produits subventionnés.
Le rapport indique que les coûts du fret maritime restent supérieurs à leurs niveaux d’avant le conflit au MoyenOrient, tandis que les marchés de l’énergie et des matières premières demeurent sous pression. Maurice reste particulièrement exposée à cette situation puisque 58,3 % de ses importations pétrolières transitent par le détroit d’Ormuz. De plus, une hausse de 50 % des prix du pétrole ferait grimper la facture nette des importations pétrolières à l’équivalent de 4,2 % du produit intérieur brut.
Les marchés alimentaires mondiaux continuent de subir les effets de ces tensions. Depuis le début de l’année, l’indice des prix alimentaires de la Food and Agriculture Organisation a progressé de 5 % sous l’effet de la hausse des huiles (+14 %), de la viande (+5 %) et des céréales (+3 %), malgré un recul des produits laitiers (−3 %). Les projections tablent par ailleurs sur une hausse de 24 % des prix de l’énergie, de 31 % des engrais, portée par une augmentation de 60 % du prix de l’urée, ainsi que de 16 % des matières premières en 2026. Un choc énergétique majeur pourrait porter l’inflation alimentaire mondiale au-delà de 8 % et provoquer une nouvelle flambée des prix des denrées au cours des prochains mois.
Baisses et hausses
Malgré ce contexte, plusieurs produits subventionnés ont affiché une baisse de prix en juillet. À savoir le thon en conserve (−36,1 %), les préparations et aliments pour bébés (−8,9 %), les légumes et grains secs (−11,5 %), les viandes en conserve (−4,5 %), les pâtes alimentaires (−2,2 %) ainsi que le beurre et la margarine (−2,9 %).
En revanche, toujours au septième mois, certaines catégories ont enregistré de légères hausses. Les couches pour adultes ont affiché la progression la plus importante (+3,3 %), suivies des huiles comestibles (+1,3 %), des conserves de poissons (+0,6 %), des céréales pour petit-déjeuner et des couches pour bébés (+0,5 %), du riz basmati (+0,4 %) ainsi que du fromage et des légumes en conserves (+0,1 %). Les prix du lait en poudre, du lait infantile et des légumes surgelés emballés sont, pour leur part, restés stables.
Pour Jayen Chellum, secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice, la baisse ou la stabilité des prix de certains produits subventionnés est bénéfique aux ménages à faibles revenus. «Cela apporte un certain soulagement, car environ 45 % de leurs revenus sont consacrés à l’alimentation.» Il estime également que ce type d’exercice devrait être réalisé plus régulièrement afin d’améliorer l’information aux consommateurs. «Il faudrait davantage de détails sur l’évolution des prix, notamment ceux des produits pétroliers, et plus souvent afin de permettre aux consommateurs de mieux suivre l’évolution des coûts.»
Renforcer le système*
Selon le ministère, les évolutions s’expliquent principalement par les fluctuations des coûts d’importation, les variations des taux de change et les ajustements des prix maximaux de vente au détail. Si la roupie mauricienne est restée stable face au dollar américain et à l’euro, elle s’est dépréciée de 1,3 % par rapport à la livre sterling, ce qui peut influencer le coût de certains produits importés.
Le rapport met également en lumière l’impact potentiel d’une nouvelle flambée des prix de l’énergie sur les ménages. Les foyers les plus modestes seraient les plus exposés, avec une hausse possible de 2,7 % à 5,5 % de leur revenu consacré aux produits de première nécessité, contre 1,1 % à 2 % pour les ménages les plus aisés.
Pour Suttyhudeo Tengur, président de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs (APEC), le rapport démontre que le suivi des coûts d’importation, des taux de change et des prix de détail permet de mieux comprendre l’évolution des prix des produits essentiels. «Il met également en évidence que, malgré le contexte international, le prix de plusieurs produits subventionnés sont restés stables ou ont diminué.»
Le président de l’APEC estime toutefois que «le coût réel de la vie dépend du panier global de consommation des familles», les ménages devant également faire face à la hausse du logement, de l’électricité, des transports et d’autres dépenses non couvertes par les subventions.
Concernant l’avenir du dispositif, Suttyhudeo Tengur estime que «le système est pertinent mais mérite d’être renforcé. L’équilibre passe par des subventions mieux ciblées, une lutte renforcée contre les abus commerciaux, une concurrence accrue entre importateurs, une réduction des coûts logistiques et un suivi permanent des marchés internationaux.»
Selon lui, le développement de la production locale et la diversification des sources d’approvisionnement permettront également de réduire la dépendance aux importations et de limiter la pression sur les prix.
Le tableau ci-dessous présente, à titre de comparaison, l'évolution des prix de quelques produits entre novembre 2024 et juillet 2026.

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