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L’interpellation de Malina Cheeneebash ravive le débat sur la liberté d’expression

4 août 2026, 14:00

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L’interpellation de Malina Cheeneebash ravive le débat sur la liberté d’expression

■ L’arrestation de Malina Cheeneebash devant l’Hôtel du gouvernement, où elle campait depuis mardi, a suscité de nombreuses réactions.

Son interpellation n’a laissé personne indifférent. Depuis dimanche, les images de Malina Cheeneebash échangeant avec les policiers devant l’Hôtel du gouvernement circulent largement sur les réseaux sociaux. En quelques heures, cette scène, qui devait être une intervention policière, est devenue un nouvel épisode de la contestation contre la réforme des pensions. Relâchée après quelques heures, la jeune femme a souhaité poursuivre son action et a même dû se rendre à l’hôpital, hier, et où elle a bénéficié d’un traitement psychologique, après les événements survenus lors de son interpellation.

Pour plusieurs représentants syndicaux, cette affaire dépasse désormais la seule personne de Malina Cheeneebash. Arvind Bhojun, président de l’Union of Private Secondary Education Employees, rappelle que la jeune femme est à l’origine de cette initiative. «Elle a pris une initiative personnelle mardi dernier. Les autres membres de la plateforme se sont ensuite joints à elle, à tour de rôle», explique-t-il.

Selon lui, l’objectif premier était de faire entendre un message aux parlementaires. «Ils sont nos représentants au Parlement. La population leur demandait de ne pas aller de l’avant avec cette réforme de la pension», affirme-t-il. Après le vote du Finance Bill, le syndicaliste estime que seul le député de la majorité Sydney Pierre a réellement entendu cette voix. «Aujourd’hui, il faut mener le combat autrement.»

Concernant Malina Cheeneebash, Arvind Bhojun estime qu’elle a simplement voulu poursuivre la lutte à sa manière. «Elle considère que les politiciens ne peuvent pas agir comme des dictateurs. Dans une démocratie, il faut prendre en considération la voix du peuple», souligne-t-il.

Mais le syndicaliste dit ne pas comprendre la décision d’avoir procédé à son interpellation. «Si elle voulait mener un combat de la manière qu’elle pensait être la meilleure, pourquoi l’avoir emmenée au poste de police alors qu’il n’y avait, selon nous, aucune charge contre elle ?» s’interroge-t-il. Pour lui, le dialogue aurait dû être privilégié. «C’est une forme d’intimidation», avance-t-il, tout en précisant ne pas cautionner certains comportements qui ont suivi l’intervention policière.

Cette affaire soulève également des interrogations chez les acteurs syndicaux sur la manière de poursuivre leurs actions. «Aujourd’hui, nous avons certaines inquiétudes. Lorsque Sydney Pierre a exprimé démocratiquement son désaccord avec le vote, il a été sanctionné. Cela pose la question de la liberté d’expression au sein même des partis politiques», estime Arvind Bhojun. Selon lui, le député est désormais perçu différemment par une partie de la population. «Sydney Pierre est devenu une voix du peuple. Nous sommes solidaires avec lui. C’est ainsi que devraient agir les politiciens dans un pays démocratique», affirme-t-il.

Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre soutien à la jeune militante et appel à la prudence. Certains internautes réclament des explications transparentes des autorités sur les circonstances exactes de l’interpellation, rappelant que toute personne a droit au respect de sa dignité et à une procédure conforme à la loi.

D’autres défendent l’action du gouvernement, estimant que la réforme des pensions répond à des enjeux économiques majeurs. Pour eux, les autorités doivent pouvoir prendre des décisions impopulaires si elles considèrent qu’elles servent l’intérêt du pays. L'interpellation de Malina Cheeneebash aura donc ouvert un nouveau front dans le débat : celui de la place de la contestation citoyenne et de la liberté d’expression dans le contexte politique actuel.

Deux plaintes contre la jeune femme pour agression

Deux plaintes pour agression sur des policiers ont été enregistrées à la suite de l’interpellation de Malina Cheeneebash, survenue dimanche devant l’Hôtel du gouvernement. La jeune femme de 33 ans, arrêtée pour obstruction de la voie publique, est accusée d’avoir porté un coup au visage d’une policière après avoir refusé de descendre du fourgon au poste de police de Pope Hennessy. La policière, transportée à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, s’est vu prescrire quatre jours d’arrêt de travail. Par ailleurs, un homme de 31 ans a été arrêté après qu’un constable l’a accusé de lui avoir asséné une gifle devant le même poste de police.

C'est le tour des rastafaris

La mobilisation devant l’Hôtel du gouvernement se poursuit. Depuis dimanche, plusieurs rastafaris ont entamé une grève, emboîtant le pas à la jeune militante Malina Cheeneebash. Parmi eux, Alain Résidu, artiste, explique que son engagement était prévu depuis plusieurs jours, mais que les images de l’interpellation de la jeune femme ont accéléré sa décision. «Je pensais venir au cours de la semaine. Mais après avoir vu les vidéos de son interpellation, j’ai décidé de venir au plus vite», confie-t-il. Il lance également un appel au Premier ministre, Navin Ramgoolam, estimant que cette mobilisation reflète «les nombreux problèmes auxquels Maurice est confronté».

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