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La parole aux enfants

18 février 2006, 20:00

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Dans toute l?agitation qui secoue le pays depuis l?annonce de la contre-réforme Gokhool, nous avons peu ou pas entendu la voix de ceux qui se trouvent au centre de cet enjeu : les enfants. L?express-dimanche a voulu aller à la rencontre d?élèves du CPE et savoir comment ils vivent tout ce remue-ménage. Tout choix est arbitraire et le nôtre ne fait pas exception. Nous avons rencontré des élèves de CPE d?une Star School en milieu rural (Shri Rajiv Gandhi GS de Centre-de-Flacq), d?une école dite défavorisée de Port-Louis (Nicolay GS, Roche-Bois) et d?un établissement privé payant (Hampstead Junior School, Coromandel).

Ce qui frappe d?abord est l?innocence de nos jeunes invités : ils se rendent compte que les choses, en quelques semaines, ont radicalement changé pour eux, mais ils espèrent atteindre leurs rêves : réussir à aller dans un collège « National », briller en athlétisme. Tous disent, simplement, leur quotidien, fait de leçons particulières parfois presque sept jours sur sept?

L?on aurait pu croire que ceux qui fréquentent l?école privée payante seraient vaccinés contre les leçons particulières. Que nenni ! L?annonce des mesures concrètes de la contre-réforme Gokhool vient introduire le loup dans la bergerie.

Le mythe des collèges nationaux résiste peu au désir de ne pas voyager de longues distances. Les parents des élèves de Centre-de-Flacq se disent en faveur des mesures Gokhool. Ils veulent le QEC, la Maurice Curé SSS et le RCC pour leurs enfants. Mais pas Droopnath Ramphul (Calebasses) ou Pr Bissoondoyal (Rose-Belle), vu l?éloignement. Et de souhaiter la création de collèges « nationaux » en région rurale, un ou deux par zone.

Face à cette élite en devenir à identifier à 10 ou 11 ans, les recalés du système ne sont pas tous voués à l?échec. David Thomassoo, de Roche-Bois, a vaincu la fatalité de non-réussite scolaire en jouant du saxo. Il en a fait son métier et possède un diplôme attestant qu?il a réussi au « Level V » des examens de la prestigieuse Royal School of Music britannique.

Dharam Gokhool s?est lancé, ce week-end dans une vaste offensive de communication : on a beaucoup vu, entendu ou lu le ministre depuis vendredi. Ce qui le garde occupé. Mais a-t-il le temps d?écouter les enfants ?

■ Dossier réalisé par Erick BRELU-BRELU et Lindsay PROSPER

■ Que savez-vous des changements à venir ? Qui vous en a parlé ?

Kushaal Lochun, Nidah Mungloo, Hajrah Foondon, Danaluxmi Seenevassenpillay et Harshita Bedacee : « Oui, nous savons qu?il faut obtenir des A + pour aller dans les National Colleges. Il nous faudra être parmi les premiers. Nous avons entendu cela à la télévision et à travers nos parents et enseignants. »

■ Qu?est-ce que cela a changé concrètement ?

Mary-Jane Siphon : « Il nous faut travailler plus dur. J?ai envie d?entrer en Form I au collège London. »

Ryan Mamarot : « Je prends déjà des leçons particulières dans les quatre matières principales Je souhaite poursuivre mes études au collège London ou au BPS de Triolet. »

Olivia Cayava : « Si j?avais les moyens, j?aurais pris des leçons particulières. »

Joanelle Paletan : « Mon frère, qui est en Form IV, me donne des leçons de mathématiques tous les jours. »

Kushaal Lochun : « Nous travaillons plus et avons moins de temps pour jouer. »

Erwan Dantier : « À cause du ranking, on est obligé de travailler davantage.

J?ai maintenant eu à prendre des leçons particulières. »

Bryan Shi-Shun : « Je viens de commencer des leçons particulières pour m?améliorer. »

Dylan Yin-Yeong Cho : « Je prends des leçons en mathématiques. »

Nidah Mungloo : « Cela n?a rien changé, car je suis confiante que je vais bien faire aux examens. Il n?y a pas de pression additionnelle. »

Danaluxmi Seenevassenpillay : « J?essaie de travailler plus dur. On sait que pour être parmi les 630 premiers, il nous faut travailler encore plus dur. »

Hajrah Foondon, Harshita Bedacee, Danaluxmi Seenevassenpillay et Kushaal Lochun : « Nous prenons tous des leçons particulières, presque tous les jours. Nos parents nous aident également. Nous avons moins de temps pour nous amuser ou pour regarder la télévision. »

■ Combien de matières faites-vous ?

Hajrah Foondon, Harshita Bedacee, Danaluxmi Seenevassenpillay et Kushaal Lochun : « Nous étudions tous six matières pour les examens : mathématiques, anglais, français, sciences, histoire-géographie et langue orientale. Il faut y ajouter l?initiation à l?informatique. Il n?est pas question de laisser tomber quelque matière. »

Delphine Dromart : « Nous avons aussi de la musique, de la peinture, de la natation, du wushu et divers sports. Pas question de laisser tomber un de cela. »

Bryan Shi-Shun : « À part l?anglais et le français, nous étudions également l?italien. »

Dylan Yin-Yeong Cho : « Malgré la pression pour bien faire aux examens, pas question que j?arrête le wushu. »

■ Et si vous êtes parmi les 630 premiers ? Quel collège choisirez-vous ?

Kushaal Lochun, Nidah Mungloo, Hajrah Foondon, Danaluxmi Seenevassenpillay et Harshita Bedacee : « Nous espérons être parmi les 1 260 premiers. »

Danaluxmi Seenevassenpillay : « Je choisirai le QEC parce que c?est le meilleur collège de Maurice. »

Kushaal Lochun : « J?irai au collège Royal de Curepipe. Car c?est le meilleur établissement et le moins éloigné de tous les collèges nationaux. »

Nidah Mungloo, Hajrah Foondon et Harshita Bedacee : « QEC. Parce que c?est le collège qui produit le plus de lauréates. C?est également le collège national le plus proche de Centre-de-Flacq. »

■ Faites-vous du sport ou avez-vous des loisirs ?

Delphine Dromart : « À l?école, je fais de la natation et du wushu, une forme d?arts martiaux. »

Warren Chelumbrun : « Nous organisons un spectacle à chaque fin d?année et nous pratiquons différentes sortes de danses : classiques et populaires comme le reggae, salsa, hip-hop, danses orientales? »

Stacey Furcy : « Depuis l?an dernier, je prends des leçons de violon. »

Dylan Yin-Yeong Cho : « Je suis un amoureux du wushu. Je peux même marcher sur la paume des mains. »

Hajrah Foondon et Haarshita Bedacee : « Nous faisons un peu de gymnastique le matin. »

Olivia Cayava : « J?aime la course à pied. Une carrière d?athlète m?intéresse beaucoup. »

Joanelle Paletan : « Je pratique le sport et j?aurais aimé être une athlète. »

Mary-Jane Siphon : « Je pratique l?athlétisme et souhaite être une athlète professionnelle. Mon idole est Stéphan Buckland. »

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