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La réflexion de nouveau relancée
«Time for debate is behind us, we need to find a consensus. » Exhortation de Rama Sithanen qui est revenue en leitmotiv, vendredi après-midi à l?atelier de travail de deux jours sur la réforme électorale organisé à l?université de Maurice.
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, détenteur d?un doctorat sur les systèmes électoraux et considéré comme une autorité mauricienne en la matière, ne pouvait mieux dire. En effet, s?il est un point sur lequel tout le monde est maintenant d?accord, c?est bien sur celui que notre présent système électoral, une combinaison du First Past The Post (FPTP) et du Best Loser ? ne rend pas justice à la volonté exprimée par les urnes et ne permet pas une représentation adéquate des femmes.
Tous s?accordent à dire qu?il y a lieu de corriger cette imperfection en y injectant une dose de représentation proportionnelle. « The present system has outlived its usefulness », dira l?ancien président Cassam Uteem.
Réserves du MSM
Il est cependant trop tôt pour dire si les trois principaux partis représentés à l?Assemblée nationale arriveront cette fois à s?entendre. À ce jour, le Parti travailliste, principal partenaire de l?Alliance sociale paraît disposé à reprendre la discussion. Le Premier ministre l?a d?ailleurs affirmé au Parlement en novembre dernier en réponse à un souhait exprimé par le leader de l?opposition. Paul Bérenger avait suggéré la mise sur pied d?un comité présidé par Rama Sithanen pour revoir toute la question. À quoi, le Premier ministre a répondu qu?il entend présider lui-même un comité de haute instance et avait souhaité que le MSM revienne à de meilleurs sentiments sur la question.
Toutefois à entendre les réserves exprimées lors de cet atelier de travail par Nando Bodha, secrétaire du MSM, on a le sentiment que ce parti reste frileux par rapport au système de représentation proportionnelle. « Nous sommes d?accord sur plusieurs points, mais notre seule inquiétude demeure l?impact de l?inclusion d?une dose de PR sur les résultats obtenus au FPTP. »
Pourtant, le plus à plaindre de la situation actuelle est bien le MSM dans la mesure où son leader n?a pu retrouver son siège de parlementaire, même s?il a obtenu 48,2 % de suffrages aux dernières élections législatives. Or, l?injection d?une dose de PR à partir d?une liste prioritaire déposée par les différents partis aurait permis son repêchage.
L?inquiétude exprimée par le secrétaire général du MSM a été balayée à la fois par Rama Sithanen et par Jean-Claude de l?Estrac. Les deux précisent que le but principal de PR est bien de dégager une représentation qui reflète autant que possible le verdict des urnes. « Si c?est pour perpétuer les méfaits du présent système, autant maintenir le statu quo », dira le ministre des Finances.
Et les méfaits du présent système sont légion. À ce propos, Ivan Collendavelloo qui a animé une des sessions de travail, s?est longuement appesanti sur la façon dont certains sièges de Best Losers ont été attribués lors des différentes élections, pour démontrer que bien souvent ce ne sont pas les candidats qui ont obtenu le plus de suffrages qui en ont bénéficié.
L?ancien juge Robert Ahnee, qui a fait partie de la Commission Albie Sachs et qui a rédigé la formule électorale utilisée depuis 2002 pour désigner l?Assemblée régionale de Rodrigues, note que le recours à une dose de représentation proportionnelle pour cette île a fonctionné à merveille. Il s?étonne que l?on puisse trouver à en redire lorsqu?il s?agit de l?appliquer pour des élections législatives ou même municipales.
Les intervenants tant locaux qu?étrangers ont également abordé la tendance mondiale en matière électorale. Les interventions ont souvent dépassé le temps imparti à chaque participant. L?essentiel reste à savoir la suite qui sera donnée à tant de cogitations. Jean-Claude de l?Estrac, qui présidait une des sessions, trouve lui aussi qu?il est temps de passer à l?acte. Il suggère que le fruit de cet atelier soit réuni sous forme d?une résolution intitulée « a call for action ». L?appel sera-t-il entendu cette fois-ci ?
Tergiversations
Le Mouvement militant mauricien (MMM), milite depuis une vingtaine d?années en faveur de l?injection d?une dose de représentation proportionnelle dans le système actuel. Cependant lorsque ce parti s?est retrouvé au pouvoir, il a eu, en 2004, à mettre de l?eau dans son vin pour ne pas déplaire à son allié d?alors le Mouvement socialiste militant (MSM). Les travaillistes, qui, en 1966, avaient repoussé avec véhémence une proposition dans ce sens par la Commission Banwell, avaient fini par l?accepter lorsqu?ils ont déposé, en 2001, devant la Commission présidée par Albie Sachs. Le hic est toutefois venu du MSM. En s?appuyant sur la répartition finale des sièges aux élections tenues en 2002 à Rodrigues, ce parti en a affiché une réticence. Emmanuel Leung Shing, son principal porte-parole au sein d?un « Select Committee » institué pour définir les modalités de l?application d?une des recommandations du rapport Sachs, a présenté une formule différente qui n?a pu rallier la majorité.
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