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«Le ?hub? élément essentiel de notre politique»
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«Le ?hub? élément essentiel de notre politique»
● <B>Comment se sont passées pour vous les Assises du tourisme ? </B>
Je félicite le gouvernement pour cette initiative. Elle a permis de fédérer les acteurs de l?industrie du tourisme et des voyages. Les Assises ont été un tremplin pour le rapprochement et le bilan est positif?
● <B>Avez-vous joué cartes sur table avec vos partenaires de l?industrie ? </B>
Il y a eu quelques grincements de dents mais aussi beaucoup de courtoisie et cela a été surtout un enrichissement. Nous nous sommes exprimés librement, sans aucune gêne et nous avons fait valoir nos points de vue.
● <B>Quels sont les points forts qui ressortent de votre participation aux Assises ? </B>
Avec le changement de régime, je crois qu?il y a aujourd?hui un nouveau dynamisme, surtout chez Air Mauritius. La nouvelle direction, une équipe de jeunes talentueux, regarde l?avenir avec détermination. Avec la venue de la concurrence, il n?y a aucune frilosité.
Air Mauritius a décidé de renforcer la qualité de ses services. Nous avons déjà sur nos avions un service première classe de grande qualité et l?expansion va se poursuivre.
Nous allons également effectuer toutes les analyses possibles. La stratégie de hub va demeurer l?élément essentiel de notre politique.
Mais l?environnement est aujourd?hui concurrentiel et changeant. Nous devons nous adapter, avoir un regard neuf. Le vol hebdomadaire unique est coûteux mais nous allons en introduire un sur Madrid pour exploiter le marché espagnol. C?est une décision qui est prise après des mûres analyses.
● <B> Pourquoi prendre cette décision après l?interruption des vols uniques ? </B>
Il y a une conjoncture économique à laquelle nous nous adaptons. Ce sera coûteux sur Madrid, mais nous espérons que cela va rapporter.
● <B>Comment appréhendez-vous la venue de Corsair ? </B>
Ce n?est pas parce que Corsair va opérer sur la route Paris-Maurice que nous allons être frileux? Il y a de nombreux acteurs qui participent au développement touristique de Maurice et Air Mauritius est un élément fondamental de ce développement.
On a trop souvent tendance à minimiser les efforts de la compagnie. Or, en Europe, ils sont colossaux et cela depuis 25 ans.
● <B>Comment se passe le dialogue avec les partenaires ? </B>
Il est riche. Avant il y en avait moins. Entre 2004 et 2005, le dialogue était trop passionné. Il y avait des crispations, un manque de partenariat. Chacun défendait ses acquis et ses positions. Mais aujourd?hui il y a une nouvelle impulsion.
● <B>Comment évolue la capacité aérienne sur l?Europe ? </B>
Sur Paris et la France, notre marché principal, Air Mauritius et son partenaire Air France ont enregistré une croissance de 35% durant les sept dernières années. C?est colossal en termes de contribution. Nous attendons donc Corsair et nous lui souhaitons bon vent. Mais nous ne l?avons pas attendu pour agir?
● <B>Quelle a été la croissance en capacité pour le mois de décembre ? </B>
Nous avons ajouté 13 000 sièges, ce qui avait été prévu depuis huit mois déjà. Nos partenaires nous reprochent un déficit de sièges à la remontée (NdlR : les vols retours vers l?Europe) de janvier. Fin 2005 et début 2006, il y a eu cinq vols supplémentaires, ce qui a été très coûteux. Nous n?avons pas vendu la totalité des sièges car il y a eu des déficits de chambres, les 30 et 31 décembre. Nous n?avons donc pas attendu nos concurrents pour nous surpasser.
● <B>Quelles recettes avez-vous employé à la direction d?Air Mauritius pour l?Europe ? </B>
Il y a eu un déclin entre 2001 et 2003. Depuis deux ans que je suis arrivé à la direction de la compagnie pour l?Europe, le trafic a augmenté de 24 000 passagers sur Paris. Il y avait un déficit organisationnel, et nos performances étaient ternes.
Nous avons donc corrigé tout cela. Il y a eu une reprise en main des troupes. Nous avons mieux communiqué et nous avons repris notre leadership sur la destination.
● <B>Comment allez-vous répondre à la concurrence de Corsair ? </B>
Ils ont une autre philosophie. Nous pourrions réagir par rapport aux coûts. Nous allons nous concentrer sur les fréquences. Nous en opérons déjà 17 sur Paris, il y en aura 18 d?ici à décembre 2006. Nous allons nous concentrer sur Paris qui est notre hub. Si nous pensons que sur les 18 vols, nous pouvons en opérer un via Lyon ou Marseille, nous étudierons cette possibilité?
● <B> Qu?en est-il des autres ?hubs? européens ? </B>
Londres est notre deuxième hub européen et dès cet été nous allons opérer six fréquences hebdomadaires et il y aura 160 sièges additionnels sur deux rotations, avec Air Seychelles.
● <B>Que pensez-vous de la concurrence d?Emirates Airlines ? </B>
Ils braconnent sur les terres européennes? Ils effectuent un trajet de Birmingham via Dubayy. Là encore nous étudions les possibilités. Pour l?instant, nous desservons le nord de la Grande-Bretagne via Paris, mais nous effectuons aussi une desserte via Londres?
● <B>N?estimez-vous pas que les gens préfèrent voyager en vol direct ? </B>
Le principe du hub est un développement qui est inéluctable, surtout depuis 15 ans en Europe. Nous ne pouvons pas faire tout en même temps. La Scandinavie, la Russie?
En hiver, nous pouvons effectuer des vols saisonniers. Pourquoi pas vers Copenhague (Danemark) ou Amsterdam (Pays-Bas) ?
● <B>Trouvez-vous dommage qu?il n?y ait plus de vols directs vers Vienne ? </B>
C?est dommage. Mais Air Mauritius y a perdu de l?argent. Et nous voyons aujourd?hui Lauda Air (NdlR : du groupe Austrian Airlines ) qui plie bagage. Il est bon de rappeler que la vocation d?Air Mauritius est de servir Maurice. Les autres compagnies peuvent abandonner à n?importe quel moment. Nous, nous restons. Vaches grasses ou vaches maigres, nous sommes là?
● <B> Vous n?avez donc aucune crainte de la concurrence?</B>
Nous sommes pour la concurrence, à condition qu?elle soit juste? Dans cette équation, le cas du marché italien est lamentable ! Aujourd?hui le transporteur italien qui opère sur Maurice ne dessert que le nord de l?Italie et Rome s?il le veut. Nous avons des droits sur Milan mais aussi sur Rome mais nous devons opérer sur les deux aéroports, ce qui est plus coûteux.
Il faut que les autorités mauriciennes fassent le maximum pour corriger cette injustice.
● <B>On reproche à Air Mauritius ses tarifs parfois excessifs sur certaines destinations?</B>
Nous avons aménagé nos tarifs et ils sont très concurrentiels. Mais aujourd?hui les taxes augmentent et le prix du carburant flambe.
Malgré cela nous allons, par exemple, opérer des tarifs économiques sur nos classes supérieures durant l?été européen en 2006. C?est pour dire que nous faisons des efforts colossaux. Nous croyons que ces efforts portent leurs fruits et nous nous réjouissons de voir que le partenariat entre les tour-opérateurs européens et les hôteliers mauriciens fonctionne.
Propos recueillis par <B>Thierry CHATEAU</B>
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