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Lagons moins poissonneux

14 février 2006, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?enthousiasme d?autrefois n?y est plus. Les pêcheurs professionnels sont inquiets pour leur avenir parce que les lagons ne sont plus aussi poissonneux alors que leur nombre va augmentant : quelque 3 000 pour une population de 35 000 habitants.

En raison de la rareté de certaines espèces de poisson très prisées comme le capitaine, le mulet, le cordonnier, le cateau et la vieille rouge, les prix ont pris l?ascenseur. Il y a deux ans, les visiteurs pouvaient avoir du poisson frais à Rs 30-35 la livre. Aujourd?hui, le prix est passé à Rs 50-60, presque le même qu?à Maurice.

<B>35 ans de métier</B>

L?ouverture de la pêche à la senne, prévue le 1er mars, affirment les pêcheurs, ne va pas changer la situation. ?Les lagons ont changé. Il n?y a plus de profondeur comme autrefois, ce qui fait que certaines espèces de poisson deviennent de plus en plus rares. Avec le grand nombre de pêcheurs, les prises par tête sont considérablement réduites?, explique Donald Félicité, chef pêcheur à Baie-du-Nord.

Agé de 50 ans, Donald connaît mieux que quiconque les lagons. Issu d?une famille de pêcheurs, il fait ce métier depuis 35 ans. ?Mon grand-père était pêcheur alors que mon papa a lancé la pêche à la senne à Rodrigues?, confie-t-il.

<B>Contre la pêche en haute mer</B>

Selon le chef pêcheur, les lagons ont commencé à se détériorer, il y a dix ans. ?Je pense que les fouilles entreprises à l?époque pour créer un chenal pour le Mauritius ont affecté considérablement l?éco-système marin. Les lagons ont depuis perdu leur profondeur d?autrefois. La vase de corail gingembre, l?habitat des petits poissons, a été détruite?, dit-il.

Donald estime que l?île en est arrivée là en raison de l?absence de développement pour fournir de l?emploi aux jeunes. ?Les jeunes chômeurs n?ont plus le choix. Ils n?ont plus qu?à se tourner vers la mer pour essayer de gagner leur vie. Il faut leur donner l?encadrement nécessaire pour qu?ils puissent exercer d?autres métiers?, suggère-t-il.

Une trentaine de pêcheurs travaillent avec Donald. ?La saison de la pêche à la senne dure sept mois. Je fais moi-même tous les frais?, précise-t-il.

Donald est contre le développement de la pêche en haute mer. ?À chacun son tempérament. Quand on part en haute mer, on n?est jamais sûr de retourner sain et sauf. Il n?y a pas de sécurité. Je me souviens encore du jour où cinq pêcheurs ont perdu la vie?.

La solution au chômage, soutient-il, ne se trouve pas dans le développement de la pêche en haute mer, mais dans la création d?emplois pour les jeunes.

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