Publicité
Premières actions contre la réforme Gokhool
Par
Partager cet article
Premières actions contre la réforme Gokhool
Des citoyens de tout horizon se préparent à faire entendre leur voix. Que ce soit par des symboles ou par l?organisation de réunions de conscientisation, l?envie de manifester leur désaccord est bien présente. Il commence déjà à y avoir du concret.
Une opération ?brassard noir? est prévue pour aujourd?hui. Depuis hier, des SMS ont été largement envoyés et relayés dans les quatre coins du pays pour essayer de rameuter la foule à la cause. L?évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, qui portait un brassard noir lors de sa réunion avec le Premier ministre Navin Ramgoolam lundi, a servi d?exemple.
Les SMS circulés disent : ?Si tu n?es pas d?accord avec le retour de la compétition scolaire avec le grading A+ mets un brassard noir demain en signe de deuil de l?enfant mauricien.?
L?organisme instigateur de ces SMS, dont l?origine n?est pas encore connue, veut inciter les Mauriciens à utiliser ce brassard comme symbole du refus de la réforme Gokhool. Cela n?est cependant qu?un exemple des actions qui se déroulent ou se préparent.
?Il y a une demande constante de la population pour se mobiliser. Nous sommes assaillis de toutes parts et nous avons également entendu parler de cette opération. Nous examinons toutes les implications avant de décider si nous serons partie prenante d?une telle opération à grande échelle. A notre niveau, nous multiplions nos rencontres avec la population pour conscientiser et pour expliquer le projet Gokhool?, explique Mario Jolicoeur, porte-parole de PRESENCE. Ce groupement a été formé dans le sillage de la décision d?introduire le A+ au Certificate of Primary Education (CPE) et les collèges nationaux dans le système éducatif. Le Conseil des ministres a donné son aval vendredi.
Une plate-forme pour promouvoir la pédagogie dans l?éducation émerge également. Elle est en train de regrouper des universitaires, des pédagogues et des enseignants du primaire et du secondaire.
?C?est une initiative purement patriotique. Nous voulons un développement sain et équilibré pour nos enfants et pour cela, il faut placer la société civile devant ses responsabilités. D?ici la fin de la semaine, nous serons plus structurés?, déclare Ashik Junglee, conseiller technique de la General Purpose Teachers? Union (GPTU). Il est l?un des moteurs de cette plate-forme.
<B>Front uni des syndicats </B>
Cette structure pense entamer une campagne de mobilisation et de sensibilisation auprès des parents. Ashik Junglee, quant à lui, précise ne pas mener cette bataille en tant que syndicaliste, mais en tant que citoyen.
Les syndicats du secondaire se concertent également en vue de constituer un front uni. ?Nous avons l?habitude de joindre les forces lorsqu?il y a des conflits communs. Nous avons aujourd?hui tous le même but : sauver l?enfant mauricien?, soutient Lisie Ribot, présidente de la Secondary & Preparatory School Teachers & Other Staff Union. Ce syndicat et l?Union of Private Education Employees se rencontrent jeudi. Ce front pourrait être rejoint par des syndicats du primaire et du secteur public. En ce qui concerne les syndicats de l?éducation secondaire publique, eux aussi se mobilisent.
?Nous sommes contre cette catégorisation d?enfants dans des collèges régionaux et nationaux. Nous sommes pour une élite, mais pas à outrance?, déclare Krishna Ramanah, président de l?Education Officers Grade ?A? Union. Samedi, ce syndicat tient son assemblée générale pour décider de la marche à suivre.
<B>Sondage national</B>
Au niveau de l?Eglise catholique, les pendules sont à l?heure de l?observation. Mais, comme le vicaire général Jean-Maurice Labour a indiqué dans la presse dimanche, ?l?Eglise sera présente aux côtés des forces citoyennes?. Une déclaration lourde de sens.
Au niveau individuel aussi, des initiatives sont prises. Un informaticien a mis en ligne hier un site nommé www.gokhool.com. Ce site Internet se veut être un forum pour permettre aux pro et anti réforme Gokhool de s?exprimer.
Ce vendredi, un forum-débat est organisé à partir de 18 heures au collège Lorette de Curepipe. Parmi les intervenants à cet événement ouvert à tous, il y aura, entre autres, l?ancien président de la République, Cassam Uteem, l?universitaire Arnaud Carpooran et Mélanie Vigier de La Tour, psychosociologue.
Un sondage national préparé par l?équipe de l?ancien président de la Government Teachers? Union, Jugdish Lollbeeharry, est également en voie de finalisation. ?Nous avons sondé tous les enseignants de toutes les écoles et sur la base des premières indications, nous pouvons dire qu?il y a une grande tendance contre cette réforme?, confie Jugdish Lollbeeharry.
Publicité
Publicité
Les plus récents