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Chelsea, la leçon d?humilité

14 février 2006, 00:00

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Pour une leçon d?humilité, c?en est une. Et celle-là, autant le dire tout de suite, Jose Mourinho s?en souviendra toute sa vie.

En promenade au Riverside, où Aston Villa s?était régalé quelques jours plus tôt, Chelsea n?a pas eu le temps de voir venir samedi. Son modeste hôte, Middlesbrough, candidat annoncé à la relégation, s?est appliqué avec une rare insolence et une rare vertu à bousculer la hiérarchie.

Le score, 3-0, a fait la une, dimanche, de tous les journaux, en même temps qu?il a ravivé les débats. Et si le championnat n?était pas encore joué ? Question d?autant plus pertinente, soulignent certains observateurs, que Manchester United, le dauphin, revenu à douze points après sa victoire 3-1 à Portsmouth, semble, lui, vouloir passer à la vitesse supérieure.

Quoi qu?il en soit, et même si on est à peu près certain que l?incroyable ne va pas se produire, les fissures qui sont apparues dans la forteresse laissent à penser que Chelsea a intérêt à se remettre très vite en question. Les huitièmes de finale de la Ligue des champions sont derrière la porte et ce n?est pas le moment de douter.

Samedi, à Middlesbrough, l?équipe de Jose Mourinho était méconnaissable, incapable d?élever son niveau de jeu, incapable de mettre la pression sur la défense adverse, incapable presque de faire circuler le ballon. Symbole de cet après-midi sans, le maître à jouer Frank Lampard, transparent du début à la fin.

Mourinho, évidemment, n?a pas apprécié la claque. Déjà, perdre, ce n?est pas dans ses habitudes. Un cinglant 3-0, forcément, ça lui restera longtemps au travers de la gorge.

En vingt mois passés à Stamford Bridge, il n?avait, en tout cas, jamais connu ça. Les deux seules fois où Chelsea s?était jusque-là incliné en championnat sous sa tutelle, c?était contre les deux clubs mancuniens : 1-0 à City le 16 octobre 2004 et 1-0 à United le 6 novembre 2005. Il va maintenant falloir ajouter le naufrage du Riverside. ?Nous ne méritions pas de perdre contre City, nous ne méritions pas de perdre contre United, mais nous avons mérité de perdre samedi?, a résumé Mourinho après le match.

Le Portugais, qui n?a perdu que 14 matches de championnat en cinq saisons et demie, que ce soit à la tête de Benfica, d?Uniao Leira, de Porto et de Chelsea, a été étonnamment beau joueur au coup de sifflet de l?arbitre : ?Middlesbrough, qui doit se battre pour survivre, a eu une meilleure attitude que nous?, a simplement commenté le technicien portugais, qui s?est dit le premier surpris par ce résultat.

Du côté de Middlesbrough, l?entraîneur Steve McClaren savoure sans retenue son bonheur.

Il y a une nette semaine, au terme de l?humiliante défaite concédée à Aston Villa, 4-0, certains spectateurs, furieux, étaient restés après le match pour réclamer à cor et à cri la tête de l?ancien adjoint de sir Alex Ferguson. Et il avait fallu l?intervention du grand patron, Steve Gibson, pour que les tribunes du Riverside se désemplissent.

Preuve s?il en faut qu?en football les vérités d?aujourd?hui ne sont pas celles d?hier, c?est ce même public qui a réservé une ovation debout à son équipe et chanté les louanges de McClaren.

?Une semaine, c?est long en politique, très long en football?, a ironisé celui qui est cité comme un des probables successeurs de Sven-Goran Eriksson à la tête de l?équipe d?Angleterre. ?Tout le crédit revient à mes joueurs. Malgré les critiques et les contre-performances, ils ne se sont jamais désunis. L?état d?esprit a toujours été parfait dans les vestiaires. Cette victoire est une juste récompense??

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