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Une semaine pour trouver le Coco de mer à Agalega

13 février 2006, 20:00

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Toutes les obsessions ne sont pas incongrues. Celle de Roger de Spéville, technicien sucrier à la retraite, est loin de l?être. A partir de divers écrits datant du 19e et 20e siècles et d?un témoignage récent, il est quasi-certain que le Coco de mer ou Lodoicea, palmier endémique des Seychelles, pousse dans la forêt sauvage située dans l?île du Sud à Agalega. Pour s?en assurer, il s?y rend le mois prochain pour une semaine.

Quand Roger de Spéville évoque Agalega, gérée par l?Outer Islands Development Corporation (OIDC), il devient intarissable. Il y a effectué deux courts séjours ? la première fois en 1968 et la deuxième en avril dernier ? et s?est aussi beaucoup documenté sur ces îles, notamment à partir de l?ouvrage Agalega, petite île, écrit par le père missionnaire Roger Dussercle qui y vécut entre 1922 et 1949.

C?est à partir de ce livre que Roger de Spéville apprend l?existence dans l?île du Sud, d?une forêt de cocotiers poussant à l?état sauvage bien avant le débarquement des hommes. En prenant connaissance des écrits de Wencelaus Bojer, éminent botaniste du 19e siècle qui passa quelques mois à Agalega en 1835, il apprend que ladite forêt est presque impénétrable. Fait confirmé plus tard par le père Dussercle.

?Quatre cocotiers aux fruits différents?

Lors de son deuxième séjour éclair à Agalega l?an dernier, Roger de Spéville côtoie Arnaud, 15 ans, son porteur bénévole. Il interroge l?adolescent sur la vie des deux îles. A un moment, leur conversation bifurque sur l?existence éventuelle d?une forêt sauvage dans l?île du Sud où pousserait une espèce de cocotiers portant d?énormes noix de cocos. A sa stupéfaction, l?adolescent confirme et raconte qu?un jour, un ami et lui se sont perdus dans ladite forêt. Ils ont remarqué quatre palmiers différents des autres et portant d?autres types de cocos.

?Pour vérifier que l?adolescent ne racontait pas des balivernes, je lui ai posé des tas de questions-pièges mais il maintenait qu?il avait vu quatre cocotiers aux fruits différents. J?ai même dessiné des croquis avec divers types de cocos. Quand je lui ai montré le Coco de mer ou Lodoicea, communément appelé Coco fesses, il a juré que c?était ce spécimen qu?il avait vu?.

Il n?en a pas fallu plus pour attiser davantage la curiosité naturelle de Roger de Spéville. Ses recherches subséquentes à la Bibliothèque nationale lui ont permis de tomber sur des écrits de Bojer qui a introduit des ?fruit trees, food plants and ornementals in Agalega?. Il a aussi appris que Bojer a manipulé un Coco de mer sur une des plages des deux îles.

Le plus grand succès du botaniste est d?ailleurs d?avoir réussi à expédier un Coco de mer à Kew Gardens, à Londres, en Grande Bretagne où il a été planté. Ce fut une première. Bojer reçut une lettre de remerciements de sir William Jackson Hooker, directeur de Kew Gardens, disant que le ?Prince of Princes reached safely London?.

Pour Roger de Spéville, il est clair que Bojer avait un intérêt certain pour le Coco de mer. Et si ce n?est pas ce botaniste qui l?a planté, cela pourrait être les Seychellois qui y ont séjourné au milieu du 19e siècle ou même le capitaine Georges Lionnet, auteur d?un livre sur Agalega qu?il a bien connu.

Demande rejetée

Roger de Spéville n?aspire plus qu?à se rendre à Agalega pour débusquer le Coco de mer. Sa demande auprès du commissaire de police pour une place sur le Dornier a été rejetée. Mais n?étant pas homme à se contenter d?un refus, il a téléphoné à Satish Ramessur, resident manager de l?OIDC qui a interrogé les personnes âgées d?Agalega. Ces derniers concèdent avoir vu ?dé-troi pie coco kot so feyaz pa parey kouma lezot?.

Roger de Spéville a aussi contacté un groupe privé dont le bateau fait la navette entre Maurice et les Seychelles et qui est disposé à le déposer à Agalega pour le récupérer par la suite. Le navire lèvera l?ancre durant la deuxième quinzaine de mars. Roger de Spéville entraînera dans cette expédition un ami australien, ancien directeur du Palm of the World Australia.

?Nous allons passer une semaine là-bas et si nous obtenons confirmation que le Coco de mer pousse bel et bien à Agalega, ce sera un événement. Cela voudra dire que c?est la première fois que ce palmier pousse en milieu sauvage.? Belle énergie?

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