Publicité
Sucre : le MMM dénonce la gestion du gouvernement
Par
Partager cet article
Sucre : le MMM dénonce la gestion du gouvernement
Le gouvernement gère mal le dossier sucre et applique une politique commerciale extérieure incohérente : c?est en substance la critique qu?adresse le Mouvement militant mauricien (MMM) aux dirigeants du pays. Le porte-parole économique du MMM, Jayen Cuttaree, animait hier une conférence de presse à l?hôtel Le Labourdonnais à Port Louis. Les derniers développements concernant le sucre en Europe, le textile et les négociations à l?Organisation mondiale du commerce (OMC) sont parmi les thèmes abordés.
?La baisse de prix du sucre en Europe était inévitable. Il fallait mener la bataille sur la compensation. Or, le gouvernement a complètement négligé cet aspect-là et s?est concentré sur les prix?, dit l?ancien ministre des Affaires étrangères.
?L?entente du groupe ACP a volé en éclats?
L?Union européenne (UE) propose des mesures d?accompagnement financier en guise de compensation dans le sillage de la réduction du prix du sucre par 36 %. Maurice devrait bénéficier pour 2006 d?une enveloppe de Rs 217 millions (5,82 millions d?euros), soit 15 % de la somme globale qui sera consentie pour le bloc Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP).
Or, la somme est jugée insuffisante et les critères d?allocation des ressources injustes. Le MMM y voit un échec de la diplomatie économique du gouvernement. Selon Jayen Cuttaree, Maurice aurait dû prendre les devants et proposer une méthodologie de décaissement. ?Le gouvernement a laissé l?UE prendre cette décision seule. Aujourd?hui, l?entente du groupe ACP a volé en éclats. Les pays membres vont se bagarrer pour obtenir la meilleure compensation.?
Pour le deputy-leader du MMM, les récents développements survenus font craindre le pire pour la survie même de l?industrie sucrière. Il évoque les nombreuses difficultés de l?industrie sucrière, dont le haut niveau d?endettement. ?Si nous n?obtenons pas l?argent de l?UE, le gouvernement a-t-il envisagé des plans alternatifs?? se demande Jayen Cuttaree.
Le gouvernement tergiverse également sur le textile, reproche le porte-parole du MMM. Celui-ci est revenu sur la dérogation de third-country fabric sous l?Africa Growth and Opportunities Act (Agoa). Une telle exemption permet aux fabricants de vêtements locaux d?importer leurs matières premières des pays tiers. Maurice est en train d??uvrer pour se qualifier à cette exception.
?C?est un très mauvais signal qu?on est en train d?envoyer à ceux qui investissent dans les filatures. On ne peut pas faire des filatures et en même temps essayer d?obtenir la dérogation pour le third-country fabric.?
Selon le député de l?opposition, il faudrait plutôt axer le lobbying sur les règles d?origine. Selon les règles de l?Agoa sur le textile, un opérateur est autorisé à s?approvisionner en matières de n?importe quel pays s?il apporte une valeur ajoutée de 35 % au minimum au produit.
Dulloo, montré du doigt
Le dirigeant du MMM critique lourdement les initiatives du ministre des Affaires étrangères, Madan Dulloo, à l?OMC. Selon Jayen Cuttaree, celui-ci défend mal les intérêts de Maurice et du G90 en s?alignant sur des positions du G20 dans plusieurs cas. Les prises de position du chef de la diplomatie mauricienne à Hongkong sur l?accès des produits industriels mettent en péril les marges de préférences de nos exportations sur les marchés européens et américains.
Il reproche, d?autre part, au ministre Dulloo de soutenir la demande des grands pays en développement en faveur de l?élimination des subsides agricoles dans les pays industrialisés. Une telle approche favorisera une hausse des prix des denrées alimentaires. Cela, explique Jayen Cuttaree, sera nuisible à Maurice qui est un net food importing country.
Publicité
Publicité
Les plus récents