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?Il faut retourner vers les auteurs mauriciens?

12 février 2006, 20:00

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● Vous revenez de la foire du livre de New Delhi. Quelles sont les retombées de cette visite ?

Vous savez que la New Delhi Book Fair est la deuxième plus importante au monde après celle de Frankfort en Allemagne. C?est la première fois qu?une délégation de cette envergure s?y rend. La présidente du conseil d?administration Shirin Joomun, le senior marketing officer et moi-même, avons fait le déplacement du 26 janvier au 2 février.

Nous en avons profité pour consolider notre partenariat avec des maisons d?édition indiennes. A titre d?exemple, je peux citer nos activités de co-édition de contes pour enfants en français en Inde.

Les EOI ont décroché le contrat du ministère de l?Education pour fournir des dictionnaires gratuits. C?est possible grâce à nos liens avec Oxford (Inde). Une grande partie de l?avenir de l?édition réside en Inde.

● Qu?en est-il de l?avenir des EOI avec la nouvelle direction qui est en place ?

Nous sommes en pleine phase de restructuration?

● Concrètement, qu?est-ce qui change ?

Nos nouvelles orientations seront dévoilées dans notre plan stratégique 2006-2009, d?ici le mois prochain.

● Ce qui veut dire dans les grandes lignes ?

Les EOI se sont beaucoup concentrées sur le scolaire. Il faut retourner vers la publication des auteurs mauriciens. C?est ce qui a fait notre force dans les années 80 ? 90. Notre devise est : ?Scaling up activities?, car nous devons monter en gamme.

Nous sommes à la traîne en matière de service-client. Il faut renforcer ce concept dans nos sept points de vente. La formation continue en interne a déjà commencé. J?estime que nous ne sommes pas assez accessibles aux clients. Beaucoup pensent que nous sommes une entité parapublique. Ils font erreur. Les EOI est une compagnie privée dans laquelle l?Etat est l?actionnaire majoritaire.

La restructuration est possible grâce à la base financière qui est stable. J?ai été nommé à ce poste depuis le 1er décembre 2005. L?une de mes premières actions a été de constater l?état des finances. Je suis assez surpris de l?image des EOI comme une compagnie qui n?est pas solide. Certes, les bénéfices nets ne sont pas très conséquents. Pour la dernière année financière, ils s?élevaient à Rs 3 millions. Ils étaient de Rs 6 millions pour l?année d?avant. Je pense que cela vient du fait qu?à la fin des années 90, les EOI se trouvaient dans une impasse financière terrible.

● Le Plan stratégique prévoit de nouveaux produits ?

C?est l?introduction des nouveautés qui a permis aux EOI de s?en sortir. Nous sommes les seuls à Maurice à proposer un dictionnaire illustré pour enfants, trilingue : anglais-français et une langue orientale telle l?hindi, le tamoul ou le marathi. Cela pour seulement une centaine de roupies. D?ailleurs je peux vous annoncer que cette semaine, nous lançons la version anglais-français-mandarin.

Nous proposons aussi des livres d?histoire pour enfant, des livrets interactifs accompagnés de CD qui peuvent être utilisés soit sur l?ordinateur soit sur un DVD de salon. Ces livres coûtent dans les Rs 90.

Au niveau des manuels scolaires pour la rentrée 2006, nous avons sorti trois nouvelles éditions : le français pour la Form III, le Home Economics et les Sciences pour la Form I. Nous avons une vocation nationale qui exige que le produit de qualité soit à un prix relativement abordable.

● Les EOI proposent aussi des équipements de laboratoire ?

C?est une ligne moins connue mais nous avons l?intention d?entrer dans le secteur de la parapharmacie. Nous avons commencé par les équipements de laboratoire et les produits chimiques pour les écoles. Nous visons maintenant tout le marché des produits de santé. Nous avons d?ailleurs eu un contrat du ministère de la Santé pour des éprouvettes, ce qui nous a encouragés.

Propos recueillis par Aline GROËME

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