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Des idées pour avancer
Que du positif ! Les réactions favorables à l?issue des premières Assises du tourisme à Maurice sont légion. Les conclusions préliminaires à peine énoncées, Xavier-Luc Duval, ministre du Tourisme, annonce la mise en place d?un comité de suivi chargé d?appliquer les recommandations des divers ateliers de travail organisés ces deux derniers jours.
L?objectif fixé avait le mérite d?être clair : améliorer l?accessibilité, la visibilité et l?attractivité de la destination Maurice. Mais les solutions énoncées aux Assises pour atteindre ces trois objectifs avaient déjà été entendues ailleurs. À un moment ou un autre, des professionnels locaux ou étrangers ont déjà suggéré les recommandations que les professionnels du secteur souhaitent désormais suivre.
Le chapitre accessibilité de la destination Maurice est étroitement lié à la question de l?accès aérien. Le débat est connu, le privé à Maurice, avec l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice (Ahrim) en tête, souhaite l?ouverture de l?accès. Tandis que le gouvernement et Air Mauritius brandissent la nécessité de protéger une compagnie nationale qui continuera ses dessertes même si la conjoncture devient morose.
Dépasser la simple image « sea, sun and sand » .
Le dialogue de sourd cède la place à un dialogue plus structuré. Les hôteliers veulent de la capacité additionnelle en période de pointe ou des tarifs réduits en période creuse ? Air Mauritius suit, et annonce pouvoir desservir de nouvelles destinations s?il le faut ou encore fournir les places additionnelles si le besoin se fait sentir. Mais il ne faut pas trop pousser non plus.
Alors que l?Ahrim souhaite une commission indépendante pour définir l?Air Access Policy du pays, Xavier-Luc Duval rappelle, lui, qu?aucun gouvernement n?a encore choisi de conférer un rôle aussi important à un comité sur lequel ni un gouvernement ni le transporteur national n?a aucun contrôle. C?est l?une des avancées des Assises.
Les participants semblent également avoir identifié les moyens pour améliorer la visibilité de la destination Maurice.
La recette de base était connue. Elle est constituée d?un mélange de marketing et de branding. La nécessité pour la Mauritius Tourism Promotion Authority de disposer d?un budget plus important pour démarcher plus activement nos marchés traditionnels et émergents apparaît également comme une vérité d?évangile.
Le branding demeure un concept inconnu à Maurice mais qui a fait son chemin lors des Assises. Des experts étrangers, chiffres et exemples à l?appui, ont démontré comment un branding réussi d?une destination peut consolider son image et lui assurer des arrivées touristiques croissantes et renouvelées.
C?est donc à travers un effort collectif secteur privé, public et grand public que le gouvernement compte élaborer une identité nationale. Xavier-Luc Duval annonce même que des experts internationaux du branding seront chargés de participer à une réflexion nationale visant à dépasser la simple image « sea, sun and sand » que beaucoup de touristes associent à Maurice.
Les marchés traditionnels doivent être consolidés. Sur les marchés français, allemand, anglais ou suisse, la nécessité d?orchestrer des campagnes de communication et de nourrir un réseau d?agents de voyage qui connaissent la destination et savent la vendre est une direction que les hôteliers, le transporteur national et la MTPA, désirent tous suivre. D?autres marchés prometteurs comme l?Inde sont également ciblés. Les jeunes Indiens de la classe moyenne ou aisée semblent attirés par Maurice. Ce qui amène les professionnels à tabler sur un effort marketing mais aussi, s?il le faut, sur une augmentation des fréquences de vols pour les attirer.
Mais il ne s?agit pas seulement d?attirer des touristes. Le positionnement de Maurice comme un centre pour les événements Meetings Incentive Conference and Exhibition (Mice) est également privilégié. On a arrêté de nourrir de fols espoirs sur des clients européens qui organiseraient des salons ou des conférences internationales au Centre de conférences de Pailles. À la place, on cible les marchés indiens, sud-africains et chinois. Tout en pressant le gouvernement de doter la MTPA d?un budget Mice additionnel pour démarcher ces marchés.
Toutefois, tout le marketing, l?accessibilité et la communication du monde ne serviront à rien si ce qu?a à offrir le pays ne correspond pas aux attentes des touristes. Celles-ci ont d?ailleurs été identifiées. Mais avant, leurs griefs ont également été ciblés : dégradation de l?environnement, manque de signalisation et d?infrastructure routière, un aéroport pas suffisamment équipé ou encore campements et appartements vétustes pour touristes. La balle est lancée dans le camp des administrations concernées, du grand public et des petits opérateurs pour que chacun assume sa part de responsabilité en montrant le meilleur visage possible de l?île.
Développer une nouvelle attitude écologiste.
Cette prise de conscience devra s?accompagner d?une offre étoffée au-delà des trois « S ». Pour cela, le développement de l?écotourisme apparaît pour bon nombre de professionnels la voie à suivre. On cherche à décliner l?idée sous ses différentes formes dans le cadre d?une politique nationale : l?écotourisme, le tourisme récréatif, le tourisme d?aventurer, le canyoning ou encore les activités de chasse et de pêche. Mais encore une fois cette stratégie, selon les intervenants, ne sera viable que si la population locale développe une nouvelle attitude écologiste en ayant à c?ur de protéger aussi bien les paysages mais aussi le patrimoine architectural du pays, par exemple.
Cette nouvelle offre diversifiée passe également par la montée en puissance de la destination Rodrigues, présentée comme un lieu d?authenticité encore préservé d?une industrie touristique envahissante.
Les Assises passées, l?heure de la mise en ?uvre approche à grands pas. C?est en comptant le nombre de bonnes idées traduites ou pas dans la réalité que l?on saura si l?exercice n?a été qu?une longue session de discussions stériles ou plutôt une occasion de faire avancer le tourisme mauricien.
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