Publicité

Enseigner les sciences, tout un programme !

9 février 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Enseigner les sciences sans ennuyer ni déplaire. C?est une belle idéologie d?éducation récréative qu?il incombe d?envisager. Le déclin d?intérêt pour cette matière n?a eu de cesse de s?accentuer au fil des années. La conférence sur L?enseignement des sciences : nouvelles approches, nouvelles méthodes, tenue au Centre Charles-Baudelaire mercredi, devant un parterre d?enseignant, s?est employée à dégager quelques pistes de réflexion et des moyens à mettre en ?uvre pour inverser cette tendance.

?60 % des enfants trouvent les sciences peu attrayantes ou trop dures?, rapporte Dhanjay Jhurry, professeur associé de chimie à l?université de Maurice, selon un rapport du Mauritius Research Council (MRC). Il s?insurge contre un enseignement jugé trop abstrait et verbeux qui consiste davantage en une accumulation de connaissances axée plus sur la mémorisation que sur une démarche intellectuelle. ?L?enseignement des sciences, tel que pratiqué à Maurice, favorise l?élitisme. Tout apprentissage ne saurait se faire sans la participation active des apprenants. Or, je déplore dans les manuels un contenu parfois incohérent avec très peu de compréhension mais beaucoup plus de mémorisation.?

L?autre composant essentiel de cette nette désaffection des élèves pour la chose scientifique, c?est incontestablement leur inaptitude à maîtriser le langage. Une barrière langagière entraîne une mauvaise compréhension des sciences. ?Après avoir baigné dans une atmosphère où le créole est roi, les enfants se retrouvent confrontés, au primaire, à la langue anglaise pour étudier les sciences. Ils sont forcément rebutés. C?est cela la réalité mauricienne?, souligne Anwar Rumjaun, professeur de sciences au Mauritius Institute of Education (MIE).

A cela, s?ajoute la diversité des horizons universitaires des enseignants qui sont amenés à dispenser leur savoir à leur retour à Maurice. Les contenus pédagogiques sont différents, d?où l?importance d?une maîtrise didactique des sciences. ?Ils ont étudié en Inde, en France, à Maurice ou en Grande-Bretagne. Leur formation n?est inévitablement pas homogène. Je regrette la quasi-absence de formation des maîtres?, dit Dhanjay Jhurry. Ce que vient confirmer le rapport du MRC selon lequel ?la formation des maîtres à Maurice est à revoir de fond en comble?. A ce jour, il n?existe aucun mécanisme indépendant pour évaluer le niveau de l?enseignant à Maurice.

Verrait-on poindre quelque lumière dans cette morosité ambiante ? Un projet pilote est en cours d?expérimentation s?inspirant de l?opération La main à la pâte mise en place à partir de 1996 en France. Une pédagogie active qui vise à favoriser une pratique de la science par l?exploration, l?expérimentation et l?argumentation. ?Ce projet est le fruit de quatre années de travail avec le MIE et le ministère de l?Education?, rappelle Jean-Luc Mure, chargé de l?éducation à l?ambassade de France. Deux ateliers de travail ont été constitués où les enfants ont posé des questions, mené leurs propres recherches et validé les hypothèses. Les enfants ne se sentent plus en échec puisque la validation de l?expérience vient d?eux et non de l?enseignant. Cette méthode d?enseigner les sciences à l?école permet le développement de l?autonomie de l?enfant.

Les disciplines scientifiques sont indispensables à la compréhension de la vie quotidienne. Pourvu que ce bilan de l?enseignement des sciences et autres propositions puissent renouer avec un idéal de réussite !

Parallèlement à cette table ronde, le Centre Charles-Baudelaire a inauguré l?exposition Sciences à l?école : quelle histoire ! destinée en priorité aux enseignants et formateurs. Mieux comprendre le passé pour un meilleur avenir. 27 tableaux s?efforcent à faire connaître et à mettre en perspective les moments clés de l?enseignement des sciences et les thèmes majeurs qui y sont rattachés. L?expo dure jusqu?au 14 février au Centre et jusqu?à la fin du mois au MIE.

Publicité