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?La réforme de l?industrie sucrière remise en cause?
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?La réforme de l?industrie sucrière remise en cause?
La situation est alarmante. Avec des mesures d?accompagnement fixées à un seuil maximum de 15 %, Maurice sera le plus pénalisé des 18 États d?Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), exportateurs de sucre vers l?Europe. Les usiniers et planteurs dans un aide-mémoire commun, expriment avec force leur inquiétude si cette proposition se concrétise.
Le prix garanti du sucre ACP sur le marché européen chute de 36 % en 2009-2010. L?Europe, en contrepartie, accorde des mesures d?accompagnement à ces 18 États producteurs. Maurice, porte-parole du groupe, satisfait à elle seule 40 % du quota. Elle s?attend légitimement à une part comparable à son volume d?exportation. Mais la Commission européenne a fixé un seuil maximal de 15 %, ce dès 2006.
Elle envisage même d?étendre cette mesure pour 2007-2013, une période critique au cours de laquelle le pays sera engagé dans un vaste chantier de réforme de son industrie nécessitant des investissements de Rs 25 milliards. Avec le seuil maximal de 15 %, Maurice se retrouve lourdement pénalisée par rapport aux autres États-membres ACP.
La Commission européenne, par ailleurs, a demandé aux membres siégeant sur le comité du Fonds européen de développement d?examiner ces propositions. Ils devront soumettre leurs avis écrits aujourd?hui, au plus tard. Une non-soumission sera perçue comme favorable à la proposition.
L?heure est à l?urgence. Le ministre des Finances, Rama Sithanen et son collègue de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, sont en mission d?intense lobbying en Europe pour faire pencher la balance en leur faveur. Dans une déclaration à la télévision hier soir, le ministre des Finances a souligné qu?il met la pression pour maximiser les mesures d?accompagnement afin d?investir dans d?autres pôles de croissance.
À Maurice, dans la journée de lundi, ce sont les usiniers et les planteurs qui ont véhiculé leur inquiétude à l?ambassadeur français, Dominique Renaux, le haut-commissaire britannique Anthony Godson et un représentant de la délégation de l?Union européenne (UE) à Maurice.
?Nous leur avons fait part de notre inquiétude, déception et détresse si cette proposition se concrétise. Si tel est le cas, c?est la réalisation de notre plan de réforme, le Road Map, qui est remis en cause?¸ affirme le secrétaire général de la Chambre d?Agriculture, Jean Li Yuen Fong.
Un aide-mémoire commun de la Chambre d?agriculture, du Syndicat des sucres, de la Mauritius Sugar Producers? Association, de la coopérative des petits planteurs et de la Cane Growers Association a été remis à ces diplomates. Ces derniers le relaieront à leurs gouvernements respectifs.
La proposition européenne ?frustre?
?Les critères et propositions sont injustes et inacceptables?, affirment les signataires de l?aide-mémoire. Ils soulignent qu?avec cette mesure, le pays serait ?injustement pénalisé car le principe de fixer une limite ignorerait totalement le rôle multifonctionnel du sucre à Maurice de même que les efforts consentis par les producteurs locaux pour être des fournisseurs substantiels et fiables de l?UE?.
Selon les calculs figurant dans l?aide-mémoire, Maurice essuiera une perte de 680 millions d?euros (Rs 25,16 milliards). Avec la mise en pratique de cette nouvelle formule, les mesures d?accompagnement ne se chiffreraient qu?à 150 millions d?euros (Rs 5,55 milliards). Une baisse de 36 % couplée à l?absence de ?compensation? pousserait Maurice vers la plus pire des situations.
Qui plus est, dans son plan de réforme soumis à l?UE, l?État mauricien met en exergue que ses nécessités financières seront de l?ordre de 650 millions d?euros (Rs 24 milliards) pour toute la période 2006 à 2013. ?Au cas où ces propositions se concrétiseraient, c?est clair que de tels plans de réforme seraient en péril et que le Road Map et la stratégie étalés sur de multiples années ne tiendront plus?, affirment les signataires dans ce document.
La proposition européenne ?frustre?. Certes, l?industrie dans son ensemble ne s?attendait pas à ce que les mesures d?accompagnement soient à la hauteur des 38 % du quota que Maurice satisfait. Une fourchette supérieure aux 20 % serait acceptable. D?ailleurs, les analystes soulignent que cette nouvelle démarche va à l?encontre du discours tenu par le commissaire au développement, Louis Michel, qui est de prendre Maurice comme exemple.
Dans le même ordre, un des arguments que les techniciens européens avancent est la faible part que le sucre représente dans le produit intérieur brut annuel. Or, pour Rama Sithanen, ?ce sont là des doutes à dissiper?. La formule de la commission fait de Maurice la seule victime. Tout réajustement futur en faveur du pays sera au détriment des autres États signataires du Protocole sucre.
Ramgoolam critique l?UE
■ Le Premier ministre a fait part hier de sa déception face à la révision du montant de la compensation accordée par l?Union européenne (UE) pour réformer l?industrie sucrière. Il s?est elevé contre le critère retenu par l?UE pour élaborer sa formule d?allocation de fonds aux pays ACP touchés par la baisse de 36 % du prix garanti. Intervenant au deuxième jour des travaux du Congrès de l?Internationale socialiste (IS) à Athènes, il a expliqué que le critère européen du produit national brut par tête d?habitant a joué contre Maurice tout en favorisant d?autres producteurs de sucre. On sait que Maurice n?obtiendra que Rs 215 millions (5,82 millions d?euros) alors que l?enveloppe de compensation financière à l?ensemble des pays Afrique, Caraïbes et Pacifique pour l?année 2 006 s?elève à environ Rs 1,5 milliard. Navin Ramgoolam a sollicité le soutien et la solidarité des Etats membres de l?IS pour soutenir la demande de Maurice pour un meilleur traitement auprès de l?UE. La veille, Navin Ramgoolam avait évoqué ce problème avec le président grec, Georges Papandreou, lors d?une réception offerte par ce dernier. Parmi les personnalités présentes à Athenes, les Premiers ministres portugais, Jose Socrates, le 1er secrétaire du Parti socialiste français, François Hollande et le président du Parti travailliste d?Israël, Amir Peretz.
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