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Echange & traditions

28 janvier 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«On se ressemble dans beaucoup de choses,» dit Filomena José. Cette chorégraphe mozambicaine et sa collègue Perola Jaime Matsinhe, ont été invitées par le gouvernement mauricien à l?occasion de l?anniversaire de l?Abolition de l?esclavage.

Depuis plus d?une semaine, elles travaillent de concert avec les artistes et danseurs mauriciens, pour une création originale qui sera proposée lors de la cérémonie officielle du 171e anniversaire de l?Abolition de l?esclavage.

«Nous sommes très contentes et très fières. C?est la fête pour nous aussi car beaucoup de Mauriciens sont originaires du Mozambique,» ajoute Filomena José. Pour cette création régionale et originale, les deux chorégraphes ont travaillé les danses traditionnelles, mauriciennes et africaines.

Filomena José explique que le travail se passe très bien, malgré une trop courte période de préparation et répétition. «La danse de chez nous peut ressembler au séga. Même si nous, on est plus énergique au niveau du mouvement de ceinture.» Jolie expression qu?elle met en pratique pour une petite démonstration. «Et puis en général, nos danses sont plus dynamiques et bougent plus, le bassin, les bras, le dos. Il faut beaucoup de santé.» Elle ne manque ni d?humour ni de sourire, visiblement très heureuse de se retrouver à l?île Maurice pour cet évènement important. Filomena et Perola sont toutes deux spécialisées en danses traditionnelles africaines.

«Depuis l?indépendance du Mozambique en 1975, les gens s?intéressent de plus en plus aux danses et arts traditionnels,» explique Filomena José. Perola Jaime Matsinhe est chorégraphe mais en plus danseuse et chanteuse au sein de la Compagnie Nationale de danse, avec lequel elle voyage énormément, en Afrique, Europe et aux Etats-Unis.

Perola ne parlant que le portugais, c?est Filomena qui se charge de la traduction. Perola est une grande danseuse, une personnalité du Mozambique.

De son côté, Filomena est chorégraphe et directrice pédagogique de l?école nationale de danse du Mozambique. Elle a commencé sa carrière professionnelle au Mozambique, avec toujours pour ambition la chorégraphie.

«Depuis toute petite j?aimais danser, et je voulais changer, comprendre le mouvement et la variation. Je voulais pouvoir choisir mon thème et en créer le mouvement.»

Elle a d?abord étudié au Mozambique avant d?apprendre d?autres danses et techniques, en Russie puis à Cuba. Deux chocs thermiques pour deux chocs aussi culturels et un apprentissage complet, classique et moderne.

<I>«En général, nos danses sont plus dynamiques et bougent plus, le bassin, les bras, le dos. Il faut beaucoup de santé.»

L?important c?est le thème. «Moi j?aime donner de l?émotion, donner l?idée d?une souffrance. J?aime faire pleurer,» dit la chorégraphe en riant. L?émotion et le message que la danse peuvent véhiculer a une importance plus qu?artistique. Au Mozambique, les artistes ont une portée sociale très importante.

«Il y a beaucoup de langues chez nous. Tout le monde ne parle pas le portugais. Alors la chorégraphie devient un langage compris par beaucoup,» dit Perola. Il leur faut, par les gestes, par les mouvements, transmettre, éduquer.

«L?art et la danse sont là pour parler du sida, de l?importance de l?éducation, des élections?» Aussi pour raconter, se souvenir, pour apprendre son Histoire.

CHRISTIANE TAUBIRA

<B>La loi de la mémoire</B>

C?est la première fois, expliquait le ministre des Arts et de la Culture, lors d?une conférence de presse, qu?il y aura une invitée d?honneur européenne, à l?occasion de l?anniversaire de l?abolition de l?esclavage.Pour le 171e anniversaire que nous fêterons cette année dans tout le pays et sur plusieurs semaines, l?invitée d?honneur sera Christiane Taubira.

Née à Cayenne, en Guyanne, en 1952, Christiane Taubira est femme politique reconnue, membre de l?Assemblée nationalefrançaise depuis 1993. Economiste de formation, elle a enseigné les sciences économiques avant de fonder et de diriger la Confédération Caraïbes de la coopération agricole. Mais c?est par la politique qu?elle se fera le plus et le mieux remarquer. Députée de Guyane, Christiane Taubira a le c?ur bien à gauche mais ne s?apparentant pas vraiment à un parti, sinon le sien, Walwari (qui signifie ?éventail? en amérindien).

D?abord indépendante, c?est avec son parti qu?elle sera élue pour la première fois, à l?Assemblée nationale, en 1993.Une année plus tard, elle est élue au Parlement européen, sur la liste Energie Radicale de Bernard Tapie.

Réélue à l?Assemblée nationale en 1997, elle rejoint finalement le Parti socialiste de Lionel Jospin. En 2001, Christiane Taubira est l?auteur d?une loi qui reconnaît la traite négrière transatlantique et l?esclavage, crimes contre l?humanité.

Une loi qu?elle peut-être fière d?avoir menée à son terme et une loi qui portera désormais son nom. Une étape dans sa carrière et un effort qu?elle compte poursuivre en ce sens. L?esclavage est un

sujet qui lui tient à c?ur, pour lequel elle consacrera un ouvrage, L?esclavage expliqué à ma fille. Sujet aussi pour lequel elle participe à des débats et conférences. Lors de son séjour à Maurice, Christiane Taubira participera en effet à une conférence et à un atelier de travail, à propos de l?esclavage. En 2002, changeant de nouveau de parti, elle est la candidate du Parti radical de gauche pour qui elle brigue le scrutin présidentiel. Elle est la première femme noire à se présenter à cette élection. Elle n?obtiendra que 2,3% des voix.

Mais elle sera réélue à l?Assemblée nationale, la même année. Elle est aujourd?hui membre de la commission des lois et membre des groupes d?amitié ou des groupes d?études à vocation internationale entre la France et les pays suivants, Brésil, Burkina Faso et Canada.

<B>S.K.</B>

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