Publicité
Escale au foyer anglican
En cette fin de janvier 1981, la presse rend visite à Paul Draper, “une légende de son vivant”. (N.B. le quart de siècle suivant confirme la justesse de cette appréciation prophétique), le directeur des nouveaux foyers et hospices anglicans de la rue Eugène-Laurent, Rose-Hill. Nous sommes au milieu d’un terrain de 15 arpents, appartenant au diocèse anglican de Maurice et qui abrite également le collège Saint-Andrews, à la rue Ambrose, Rose-Hill.
Passé la grille blanche, le visiteur est frappé d’emblée par l’ample flamboyant servant d’ombrelle géante à une cour d’honneur grandiose, composée de plusieurs bâtiments aux vocations diverses. Ce flamboyant a la particularité, en janvier 1981, d’être équipé d’une passerelle en bois et d’un cordage en guise de rampe. Elle permet d’accéder à la naissance des premières branches. Celles-ci soutiennent une terrasse faite de planches rustiques, le tout servant de mirador aux plus intrépides des enfants fréquentant les lieux.
L’ancien orphelinat anglican de Rose Belle n’est plus. Les démolisseurs ont achevé l’œuvre des cyclones. D’où son transfert aux nouveaux locaux rosehilliens. Le premier immeuble est inauguré par Lady Deverell le 20 février 1962. Un deuxième lui fait face. Son inauguration a lieu en 1965. L’ensemble comporte également trois autres blocs à usage aussi bien administratif qu’hospitalier.
Jusqu’en 1979, les occupants de ces locaux sont aussi bien des aveugles, des handicapés, des personnes âgées, des orphelins des étudiants rodriguais. Mgr Huddleston n’apprécie guère cette hétérogénéité. Il finit par nommer une commission d’enquête pour analyser la question en profondeur et proposer une restructuration.
La commission conclut en la nécessité de construire un hospice, une salle d’activités pour les enfants aveugles, une école maternelle, une garderie à la disposition des employées de la zone franche manufacturière, un foyer de réhabilitation pour adolescents en résidence surveillée, un pensionnat complet pour les personnes âgées pouvant accueillir une trentaine de pensionnaires. Il faut encore ajouter à cela trois autres pensionnats pour dames âgées et pour des handicapés des deux sexes. Il y a encore des dortoirs, des salles de récréation, des réfectoires, des jardins d’enfants, un élevage de lapins, un lavoir, des bassins d’irrigation.
Paul Draper dirige l’ensemble des foyers anglicans de Rose-Hill depuis 1978. Ils disposent des services d’une douzaine d’employés de tous âges et des deux sexes. Il voudrait doter l’ensemble d’une chapelle, d’un centre communautaire, d’un hospice doté d’un atelier pour les aveugles, d’un logement supplémentaire pour les pensionnaires. Il voudrait, par-dessus tout, utiliser de façon plus optimale la superficie arable de la propriété.
Il dispose de fonds provenant principalement du “Tear Fund” d’Angleterre, de la “Christoif Blinden Mission” et de l’Amicale des Aveugles. En tant que corps para-étatiques intégrés au Bien-Etre social, les organismes, qu’ils dirigent, reçoivent une aide du ministère de l’Education, de l’Institut de Pédagogie, du Child Health and Education Project. Il doit cependant organiser annuellement des kermesses, des marches de charité, des “Bishop’s Bazaars”. Il est par définition l’homme dédié à une cause philanthropique. Cela ne l’empêche pas d’être pétri d’humour et d’être un animateur radiophonique hors pair. Il est l’âme des organismes philanthropiques anglicans et pas seulement ceux de Rose-Hill.
La communauté anglicane fait son apparition à Maurice dès les premiers jours de la colonisation anglaise. Bon nombre de régiments britanniques, postés à Maurice, disposent des services d’un aumônier ou d’un chapelain. Ceux-ci acceptent, à l’occasion, de se mettre au service des fidèles civils et donc non militaires, ne disposant pas, au départ, des services de pasteurs. Ces chapelains sont tributaires des affectations imposées aux troupes dont ils assurent les besoins spirituels. C’est généralement Port Louis et Mahébourg qui disposent des services de ces chapelains militaires.
Les besoins se faisant plus nombreux, l’Angleterre finit par nommer des pasteurs devant s’occuper exclusivement de la population anglicane civile. Celle-ci ne dispose pas de lieux de culte. Une ancienne poudrière française est mise à sa disposition. Elle deviendra par la suite la cathédrale Saint-James. La communauté anglicane devient, en effet, un diocèse en 1854.
Le diocèse de Maurice est successivement dirigée par les évêques suivants :- Vincent William Ryan (1854-1867), Thomas Goodwin Hartchard (1869-70), Constantine Huxtable (1870-71), Peter Sorenson Royston (1872-1890), William Walsh (1891-97), Walter Ruthven Pym (1898-1903), Francis Ambrose Gregory (1904-19), Cyril Henry Golding-Bird (1919-1930), Hugh van Lynden Otter-Barry (1931-1959), Alan Francis Bright Rogers (1959-66), Ernest Edwin Curtis, Ghislain Emmanuel, Trevor Huddleston, Rex Donat et Ian Ernest.
Publicité
Publicité
Les plus récents