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La France n’est pas prête pour une pandémie

27 janvier 2006, 00:00

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La France a stocké médicaments et matériel de prévention en quantité mais n’est pas prête à faire face à une pandémie de grippe aviaire, estime la mission d’information parlementaire sur le virus H5N1 dans un rapport. Un second rapport d’étape est attendu fin février avant la présentation du rapport final “en mars ou avril” par la mission, présidée par le socialiste Jean-Marie Le Guen. “En cas de pandémie, les besoins en moyens médicaux, quels qu’ils soient, seraient tels que les capacités de production actuelles, si elles demeuraient inchangées, ne permettraient pas, de répondre à la demande”, écrit le rapporteur Jean-Pierre Door (UMP).

Si des stocks de moyens pharmaceutiques et de matériels de prévention ont été constitués, “la France n’est pas encore prête”, poursuit le texte, qui rappelle que la France a mis un plan de lutte au point et le réactualise en permanence. Avant la fin de l’année, le gouvernement s’est donné comme objectif de porter à 14 millions le nombre de traitements disponibles, soit 140 millions de gélules de Tamiflu, et à 200.000 les traitements de Relenza.

“Même à ces niveaux, les stocks français ne permettront pas d’assurer un taux de couverture de la population conforme aux objectifs” préconisés par l’Organisation mondiale de la Santé qui est de 25 à 40 % de la population nationale, constate la mission parlementaire. De plus, soulignent les députés, “la problématique spécifique” du vaccin contre la grippe aviaire ne pourra être mise au point qu’une fois que la souche virale responsable aura été identifiée.

Côté prévention, environ 50 millions de masques de protection respiratoire ont été livrés ou sont en voie de l’être mais les quelque 250 millions de masques chirurgicaux nécessaires n’ont toujours pas été fournis. “Il convient de prendre très au sérieux le risque de pandémie” pour trois raisons, insistent les députés. D’une part, “l’épizootie n’est toujours pas sous contrôle en Asie du sud-est” et “des cas de contamination humaine se sont produits”. De plus, “une fois adaptées à l’homme, le virus pourrait avoir acquis une capacité de diffusion rapide”. Dans ces conditions, le rapporteur insiste sur la sécurisation de l’approvisionnement en matières premières.

Il faut notamment s’assurer que la France dispose en quantité suffisante d’acide shikimique, que l’on extrait de l’anis étoilé, pour la fabrication de Tamiflu, de polymères pour fabriquer des masques de protection et veiller à l’approvisionnement en oeufs pour la fabrication du futur vaccin pandémique. Jean-Pierre Door propose également la constitution de stocks d’antibiotiques pour soigner les complications de la grippe et demande que les besoins en matériels de protection autres que les masques (blouses, gants, lunettes) puissent être satisfaits en cas de forte augmentation de la demande. Le rapport dresse un récapitulatif des cas humains de grippe H5N1 confirmés biologiquement au 5 janvier 2006 : sur 144 cas avérés, 76 personnes sont mortes dont trois en Turquie.

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