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“King Kong”

26 janvier 2006, 20:00

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Peter Jackson a dit que la version 1933 de King Kong, signée Merian Cooper et Ernest B. Schoedsack, lui a inspiré sa vocation de cinéaste, et qu’il a toujours rêvé d’en faire sa version. Réalisant ce rêve d’adolescent, Peter Jackson promène un regard tout empreint de nostalgie (et de reconnaissance) pour le cinéma de ce temps-là. Son film ouvre avec un générique dans le style des années 30, les couleurs dans certains passages sont celles des couvertures des magazines de l’époque et certaines images de Skull Island semblent sorties des bandes dessinées racontant les exploits de Tarzan ou de Jungle Jim.

Notons aussi qu’avant même d’entamer son histoire, le cinéaste la situe dans son contexte tout en évoquant l’évasion que représentait le cinéma de cette époque : il nous montre quelques images assez dures de la Grande Dépression. Les cinéphiles érudits s’amuseront de celles faisant directement référence à l’original. Comme par exemple lorsque le réalisateur Carl Denham (Jack Black) tente de convaincre Ann Darrow (Naomi Watts) réticente de tourner dans son film, il lui dit qu’une certaine Fay Wray – l’héroïne du film original – est prise pour un film avec Cooper. On notera que le personnage de Carl Denham, réalisateur mégalomane qui ne lâche jamais sa caméra, semble avoir été directement inspiré d’Orson Welles.

King Kong version 2005 est un film dans lequel tous les personnages secondaires deviennent à un moment des héros, puis vers la fin, nous donnent à choisir entre les juger ou les prendre en sympathie. C’est l’une des divergences de cette version avec le récit original que Peter Jackson et ses scénaristes se contentent presque de recopier, mais en donnant plus d’impact aux épisodes originaux grâce à un usage honnête et intelligent de l’imagerie numérique.

Certaines scènes d’action sont dignes des meilleurs moments d’Indiana Jones avec d’incroyables mouvements de caméra (ou d’image, s’il s’agit du numérique), comme cette perspective de la main du gorille en mouvement et tous ces monstres préhistoriques sortis de Jurassic Park, dont les apparitions sont parfois accompagnés d’un humour “gore”.

De toutes ces créatures, la plus réussie est évidemment le gorille géant. D’abord, parce qu’il a pour une fois l’apparence et les mouvements d’un gorille, plutôt que d’une peluche. Ensuite, parce qu’en dépit de cette apparence et de ces mouvements de primate, King Kong a des expressions très humaines.

Certains critiques l’ayant retenu comme le meilleur acteur, il convient de saluer le travail de l’équipe d’animation et de l’acteur Andy Serkis (Gollum) qui leur a servi de support, les autres ne déméritant pas, Naomi Watts en particulier. L’autre point de divergence entre King Kong 2005 et l’original : cette fois, la Belle se prend d’affection pour la Bête. Et, le récit gagnant en humanité, on s’aperçoit qu’au final la Bête n’est pas celle que l’on croyait.

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