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Raddhoa concède avoir ordonné la garde à vue de Ramlogun

25 janvier 2006, 20:00

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Il n?a pas mâché ses mots hier pour insulter les photographes de presse aux Casernes centrales. Le chef de la Major Crime Investigation Team (MCIT), Prem Raddhoa, se rendait dans les locaux du Central Criminal Investigation Department (CCID). Il devait y être interrogé sur les allégations de brutalités policières dont aurait été victime le suspect Rajesh Ramlogun avant de mourir à l?hôpital Jeetoo, Port-Louis, le samedi 14 janvier.

Vers 13 heures, Prem Raddhoa arrive devant l?entrée principale du CCID. ?Bann f? ? ?, lance-t-il aux membres de la presse, ?zot pa finn ase gagn mo foto?, tout en tentant de s?en prendre physiquement à eux. Et c?est le sauve-qui-peut.

Pendant environ quatre heures, il a été interrogé par l?assistant surintendant de police, Heman Jangi. Cet exercice s?est déroulé en présence de deux responsables du CCID, l?adjoint au commissaire de police, Tangavel Seerungun et l?assistant commissaire de police, Pritamsing Juwaheer.

A une question des enquêteurs, le SP Raddhoa a déclaré qu?il ne faisait pas partie de ceux qui avaient arrêté Rajesh Ramlogun. Ce jour-là, il s?occupait d?autres affaires, dont celle de Ritesh Beemaul, retrouvé égorgé à Triolet. Le chef de la MCIT a déclaré ne pas avoir eu de contacts directs avec la victime. Le surintendant Raddhoa a précisé que personne ne l?avait informé que la victime avait été brutalisée. Le numéro un de la MCIT a concédé que c?est sur ses instructions que Rajesh Ramlogun avait été placé en cellule policière. La raison est qu?il y aurait eu suffisamment des preuves contre lui.

Un emploi pour Bindu Ramlogun

Le matin, l?inspecteur Sébastien Joseph a été à la prison de Beau-Bassin. Il a consigné la déposition de trois prisonniers qui étaient incarcérés au centre de détention d?Alcatraz, aux Casernes centrales, entre le 12 et le 14 janvier, pendant le séjour de Rajesh Ramlogun.

Evans Levasseur, l?un de quatre policiers arrêtés mercredi dernier a été convoqué au bureau du CCID pour donner des compléments d?information à propos du jeudi 12 janvier. Ce jour-là, il dit avoir pris des notes alors que le sergent Dishiraj Jagdawoo, le caporal Raffick Madarbux et le constable Kinsley Potié interrogeaient Rajesh Ramlogun. Ils faisaient tous partie de l?interview team.

Par ailleurs, en fin d?après-midi d?hier, la veuve de Rajesh Ramlogun, Bindu Ramlogun et ses trois enfants, ont été reçus par le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Ce dernier, après leur avoir présenté ses condoléances, leur a promis de faire accélérer les choses pour qu?ils puissent toucher des prestations sociales. Il a également promis à Bindu Ramlogun de lui trouver un emploi.

A la suite des menaces qui auraient été proférées contre elle, elle a porté plainte au poste de police de Lallmatie. La veuve de Rajesh Ramlogun a aussi fait état de cette affaire au Premier ministre. Après cette rencontre, Bindu Ramlogun a été reçue par le chef du CCID, Tangavel Seerungun. Et depuis l?après-midi, la police assure une patrouille à Bharuth Lane, là où réside la famille Ramlogun.

OUTRAGE A LA COUR

Des employés de radio interrogés sur les propos contre Denis Mootoo

■ Un journaliste et un technicien, employés de Radio Plus, ont été interrogés mardi par les hommes de l?assistant surintendant de police, Parmessur Chummun du CCID. L?interrogatoire concerne les propos tenus sur les ondes de cette radio par le chef de la MCIT, le surintendant de police (SP), Prem Raddhoa, contre du magistrat Denis Mootoo, siégeant au tribunal de Flacq. Une copie de l?enregistrement a été remise aux enquêteurs. C?est à la suite d?un mandat d?arrêt du magistrat Mootoo, émis le 16 janvier à la demande de la veuve de Rajesh Ramlogun que le chef de la MCIT a tenu ces propos. Ces derniers devaient, en partie, être repris dans l?édition de ?Le Mauricien? du même jour. Bindu Ramlogun réclamait l?arrestation du SP Raddhoa et de ses hommes qu?elle considère responsables de la mort de son époux, qui aurait été provoquée à la suite de brutalités policières.

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