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Le débat fait rage

13 janvier 2006, 20:00

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La levée de boucliers à la suite de l?annonce de la réintroduction de la compétition au Certificate of Primary Education (CPE) continue au sein de la société civile. Alors que les uns critiquent la philosophie même de la création de neuf collèges nationaux pour y admettre les 1 260 meilleurs élèves du CPE à partir d?un grading plus pointu, d?autres attirent l?attention sur des problèmes plus pratiques.

«Après la conférence de presse du ministre jeudi, je ne suis pas mieux renseigné. Nous ne savons toujours pas comment les places seront départagées entre ces neuf collèges», déplore Cassam Uteem, ancien président de la République. Il ajoute que «nous sommes de retour à la case départ, à l?époque du ranking et du rat-race tant décriés. Ce qui s?appliquait hier s?appliquera de nouveau demain».

Surendra Bissoondoyal, ancien conseiller du ministère de l?Education (1998 à 2005) et ancien directeur du Mauritius Examinations Syndicate, estime également que «le ministre Dharam Gokhool n?a pas tout dit».

Parlant «du loup qui revient déguisé en mouton» en comparant le nouveau grading au ranking, il souhaite que le patron de l?Education explique en détail comment il compte faire fonctionner son système. «Dans la perception des gens, le Queen Elizabeth College (QEC) et le Gaëtan Raynal SSS n?ont pas le même prestige. Le QEC sera très certainement plus demandé et comment fera le ministre si 1 000 filles veulent aller dans cet établissement-là ?» demande Surendra Bissoondoyal.

Au niveau des responsables des collèges privés, de nombreuses questions sont également posées. «Sa formule est encore très floue. On ne sait pas s?il va faire un re-ranking parmi les collèges d?élite parce que ce qui intéresse les gens c?est le QEC et les collèges Royal de Curepipe et Port-Louis», précise Bashir Taleb, recteur de l?Islamic Form VI College.

<B>Des conséquences sociales graves</B>

La Mauritius Head Teachers? Association (MHTA), qui accueille favorablement la formule Gokhool, déplore cependant certains points. Bhosetuth Ramsewok, son président, signifie son désaccord avec la comptabilisation des meilleurs quatre sujets composés par l?enfant pour le grading. «Certains sujets, comme l?anglais ou les maths, auraient dû être obligatoires.» La MHTA espère toutefois que ce nouveau système ne force pas un retour au ranking.

Du point de vue strictement pédagogique, les arguments ne manquent pas non plus pour critiquer la décision gouvernementale

Daniel Merven, coordinateur des collèges diocésains, critique vertement le retour vers un rat-race que «tous, pédagogues, parents, médias et gouvernements successifs voulaient voir disparaître». Il estime que l?essentiel, c?est à dire l?échec scolaire, est relégué au second plan. «Cette rat-race a contribué à ce taux d?échec qui se situe autour de 40 %. Est-ce que le retour à cet espèce de ranking répond aux besoins fondamentaux de notre système qui est de combattre l?échec au CPE ?» s?interroge Daniel Merven. «Nous sommes repartis pour le bourrage de crâne et les rédactions apprises par coeur et non pour l?épanouissement de l?enfant. C?est dramatique», conclut le coordinateur des collèges diocésain.

Bashir Taleb précise quant à lui : «Pédagogiquement parlant, ce que fait le gouvernement ne tient pas debout. Nous aurions pu repousser cette compétition à la Form III. Nous sommes tous d?accord sur le fait qu?il faut revoir le curriculum du primaire parce qu?il est trop académique.»

Prenant comme comparaison le ranking, il se demande sur quoi a débouché l?élite qui provenait de ce système. «Le CPE développe des automatismes et rien d?autre. Je ne considère pas que ce que l?on veut former dans ces collèges soit une élite, ce sont des enfants qui ont développé une certaine aptitude pour des examens comme le CPE.»

Du point de vue sociologique, Bashir Taleb prévoit également des conséquences graves «parce que cette nouvelle formule favorise une certaine classe bourgeoise qui peut mieux encadrer ses enfants parce qu?elle en a les moyens. De plus, que le système classifie l?enfant ce n?est pas bon pour la cohésion sociale».

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