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Des services ou? des sévices publics

9 janvier 2006, 20:00

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Lieux dangereux, insalubrité et arnaques à la pelle, entre autres. Ce sont les maux faisant partie d?un dysfonctionnement chronique de notre quotidien. Le pire, c?est ce que cela ne semble pas beaucoup étonner.

L?odeur irrite. Comme une identité qui s?accroche à cette gare du Nord dont le principal atout est l?art de répugner. Ce n?est pas la peine de chercher : vous n?avez qu?à vous laisser guider par les émanations pour savoir où se trouvent les toilettes publiques.

Le sol est recouvert de fines rigoles empuanties d?urine en zigzags. Celle des personnes qui, faute de pouvoir supporter l?odeur, font leur besoin à l?extérieur de ces toilettes publiques aux murs noirs de honte. Deux femmes grillent une cigarette sur place. L?état des lieux ne semble pas beaucoup choquer les passants. A peine une grimace et une accélération des pas, c?est tout.

Du pareil au même à la gare Victoria sauf que c?est encore plus difficile d?accéder aux toilettes car les marchands ambulants sont carrément installés devant? l?entrée toujours aussi dégoûtante !

Autre banalité à la gare du Nord : le comportement des chauffeurs d?autobus. Il faudrait peut-être refaire l?éducation de certains sur l?utilité des trottoirs. C?est-à-dire leur faire comprendre qu?ils ne servent pas à garer leurs véhicules à la? va-comme-j?ai-envie. De plus, bon nombre n?hésitent pas à faire dans le charme souriant pour qu?on leur cède le passage. Quelle politesse pour des impolitesses !

Les piétons restent muets comme des carpes. En bons citoyens, ils se rabattent sur la chaussée lorsque les autobus s?approprient tout l?espace piétonnier. Une facilité à s?adapter au pire et contre tout.

Venons-en aux trottoirs de la gare. Ils se gonflent de mini dos d?âne de ciment quand ils ne s?ornent pas de trous béants qui n?attendent que de faire basculer plus d?un. Là aussi, pas la moindre grogne. A proximité, un marchand de pistaches regarde son enfant manier la poêle brûlante. Vous avez dit insouciance ?

Au-delà des heures de pointe, surtout pas de flâneries dans cette gare qui se transforme en un haut lieu de rencontres pour drogués et pickpockets. Il vaut mieux déguerpir. ?Après 17 h 30, j?ai peur d?y circuler, confie Abhishek, un étudiant de 18 ans, et je ne vous parle pas de la vulgarité des chefs de gare !?

Cap sur Pamplemousses. Tout y est : la nature dans son plus simple appareil et de vrais faux guides pour conter les différentes espèces d?arbres contre espèces sonnantes et trébuchantes. C?est l?envers du décor.

?Ils harcèlent les touristes qui viennent au jardin, explique un commerçant du coin. Vous pouvez facilement les reconnaître. Ils ont l?allure négligée et les yeux rouges. Ils sont pour la plupart des drogués qui travaillent au jour le jour.? Et les vrais guides, en uniforme, n?osent pas se rebiffer contre cette imposture sans compter que ces charlatans induisent souvent les touristes en erreur? historique !

Il existe bien des pancartes explicatives. ?Mais elles semblent grandir en même temps que les arbres. Impossible de voir ce qui est inscrit dessus?, constate un couple de vacanciers réunionnais.

Le manège des faux guides n?émeut pas outre mesure. Un peu plus loin, des policiers à bicyclette font la pause-causette. Et il y a un poste de police à l?intérieur du jardin qui abrite aussi un bâtiment en ruines. ?Il paraît que cette maison appartenait au gardien mais cela remonte à longtemps déjà?, explique une policière.

Direction nord toujours et plus précisément à Grand-Baie. L?endroit rêvé des touristes et des? arnaqueurs toujours vainqueurs. Car il est beau le littoral. Beau à croquer la bourse de cette proie tellement facile. ?To pe tann mwa : to pa pran zot mwins ki Rs 300 mem si distans la court.? Nul besoin de vous faire un dessin : c?est le mot d?ordre d?un chauffeur de taxi. Cela se passe sur le parking d?un complexe commercial grouillant de touristes et au vu et au su des passants mauriciens. L?heure est aux magouilles et au profit, c?est selon?

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