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La gravure hors des clichés battus
S?abreuver de l?île pour en créer des merveilles. De ses doigts, il cisèle le zinc. Pas exactement des doigts. Mais de cet instrument aussi étranger que bizarre connu comme le barreau. L?artiste indien, Pinaki Barua, étudie la matière. A travers une technique complexe de par ces outils mais gorgée d?effets saisissants.
L?atelier international de gravure s?est ouvert vendredi dans une exaltation productive. Les artistes étrangers viennent des quatre coins du monde. Estonie, Luxembourg, Togo, Inde, Koweit... Avec une résolution : celui de rendre à la gravure sa part de mérite. Comme l?affirme Mala Ramyead Chummun, les 23 artistes éreinteront l?aspect technique et conceptuel du printmaking. Une méthode peu utilisée chez nous.
Dans ce fourmillement d?artistes qui portent avec eux, des clics et des styles artistiques divers, on remarque Eve Kask de l?Estonie. Celle dont la vue se transforme en un cliché. Cet atelier de gravure est, pour elle, une transposition de la photo en une image imprimée à l?encre fraîche. A l?encre de Chine peut-être.
?Je fais généralement de la photo-documentation. Je recueille des portraits que je transfère sur un logiciel. A partir de là, je refaçonne l?image selon mes envies...? Eve Kask, diplômée en graphisme, est surtout connue pour l?organisation de la triennale de Talinn. Maurice est une occasion de claquer la langue. ?Mon inspiration viendra des 20 questions que je poserai aux gens autour de moi.? Pour elle, il est hors de question de réfléchir à ce qu?elle produira. Elle s?infiltre au sein de ce groupe en tant qu?observatrice.
Idem pour Ann Vinck du Luxembourg. Son ?uvre de gravure n?a pas de muse précise. A part les trois mamelles qui se retrouvent inscrites dans ses travaux tout naturellement. L?artiste a débuté en pratiquant de l?aquatinte. Une technique de gravure à l?eau-forte qu? on laisse flotter sur la matière. Mais la complexité de la technique l?a attirée vers la gravure sur bois. Puis la sérigraphie. Et elle a finalement succombé pour le zinc.
L?important, c?est le message
?La méthode que j?utilise, c?est la manière noire, explique-t-elle. Quand on passe le barreau sur le zinc, vous marquez la matière d?un dessin. Et moi ce qui m?attire, c?est le noir velours que pouvez obtenir d?une telle surface.? Le zinc qu?elle fouillera pour cet atelier ne se compose pas d?une forte dose de titanium. ?La matière est ainsi plus fine.? Ann Vinck est une artiste perméable qui laisse couler ses impressions dans des ?uvres tantôt à l?huile, tantôt sculptées. L?important, c?est que le message suive la chaîne.
Sa rencontre d?avec Mala Ramyead Chummun date des années 1988 en Inde. Ann Vinck est une artiste qui s?adapte au temps. Est-ce que la gravure a évolué ? La question brûle les lèvres. Mais il est trop tard. Elle croit surtout que se sont les thèmes qui évoluent. Pour ce qui est de la technique, elle n?en est pas si sûre.
Ce n?est pas l?avis d?Eve Kask qui tentera de démontrer que la gravure rejoint l?art contemporain. S?imprégner de la vie mauricienne et la retranscrire. L?artiste est ?ouverte à tout?.
On a pu remarquer la présence des artistes mauriciens qui participent en grand nombre à cette manifestation artistique. Fabien Cango se trouvait à l?ouverture. Conversant avec le Togolais, Peter Ayi Kpade. Celui qui s?est extirpé de son pays où les artistes sont trop égoïstes pour partager leurs opinions. Il favorisera l?échange culturel qu?il pourra trouver dans ce grand panier d?artistes.
Cet atelier donnera naissance à une exposition le 13 janvier. En attendant de découvrir ces productions, le public est invité aux séminaires donnés au MGI aujourd?hui et jusqu?à mercredi.
INFOS
Une presse de lithographie bientôt
Neermala Luckeenarain, chargée de cours au MGI, confie que la presse de lithographie sera bientôt chez nous. «Ce sera aux alentours du 15 janvier. Notre presse vient par bateau.» Cet atelier est un projet mis sur pied depuis un an. L?idée a germé suite à cette rencontre d?avec Nirmalendu Das, principal de l?université de Kala Bhawan Santiniketan.
Les séminaires ouverts au grand public
A partir de 18 heures ce soir, Hans Ramduth relatera l?histoire de l?art à Maurice tandis que Nirmalendu das et Danielle Grosbusch donneront une présentation de leur travail. Vedant Nanackchand de l?Afrique du Sud animera un débat sur les droits humains et l?art pour l?humanité. Toujours à partir de 18 heures, demain, Thuraya Al-Baqsami du Koweit, ouvrira un débat sur les trois tabous dans les ?uvres d?art des femmes arabes. De l?Inde, le principal de la Bharati Vidyapeeth?s College of Fine Arts, Bankar, ainsi que Kavita Nayar parleront de leurs productions. Le 11 verra une intervention de l?Américaine, Laura Philips, de Nagdas et d?Ann Vinck. Neermala Luckeenarain fera un état des lieux de la gravure à Maurice.
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