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Le MMM veut le changement et le PTr l?élan vainqueur
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Le MMM veut le changement et le PTr l?élan vainqueur
Au passage d?une année à l?autre, la presse apprécie les bilans de l?année écoulée et esquisse volontiers le profil de l?année à venir, en interrogeant, entre autres, les porte-parole des principaux partis politiques et des forces syndicales. Sur le plan politique, elle pense en terme de fin de mandat pour le gouvernement de coalition PTr/PMSD et de l?inévitable recours à de nouvelles législatives. Elle ne se doute pas que le gouvernement sortant s?octroiera une prolongation de six mois. D?un côté, l?alliance MMM/PSM est déjà conclue et ratifiée ?à l?africaine?, observe le PTr car les délégués du PSM l?approuvent à 90%. On pense mais à tort que l?alliance PTr/PMSD affrontera le front socialo-militant.
Pour James Burty David, grand ami de Kher Jagatsingh et président du PTr, il ne fait aucun doute que le Labour ?fonce avec l?élan du vainqueur? vers les prochaines élections. La mobilisation est permanente. Les dirigeants ne quittent pas le terrain. Le parti sait pouvoir compter sur ses ailes jeune, féminine et syndicale. La masse lui accorde son soutien généreusement et l?aide à supporter les épreuves, dont les catastrophes naturelles et autres cyclones, qu?exploitent ?avec cynisme et mesquinerie? ses adversaires. Là où d?autres auraient recours à la dictature et à l?oppression tyrannique, le PTr poursuit son ?uvre sereinement dans le dialogue et la transparence. En revanche, on ne peut dissocier le MMM des risques d?une dictature totalitariste. Ce parti pratique déjà le terrorisme intellectuel (référence à l?expulsion des Vijay Jundoosing et Venkatasamy). L?année 1980 porte l?empreinte de la célébration, dans chaque village, du 80e anniversaire de Sir Seewoosagur. L?année 1981 sera celle du 45e anniversaire du PTr et du 25e anniversaire de la mort de Guy Rozemont. Bref, s?il y a un glissement de terre politique il faut le chercher dans le camp adverse, secoué par des tiraillements internes, mais certainement pas au sein du PTr où prévalent sérénité et détermination générale.
Anerood Jugnauth, président du MMM et leader de l?opposition, annonce prophétiquement que les Mauriciens ont besoin de changement. Son parti ne chôme guère notamment à l?Assemblée législative où pas une pierre n?est tournée et retournée pour vérifier si elle ne dissimule pas, par hasard, un scandale politique ou financier. Ses motions d?annulation obligent le gouvernement PTr/PMSD à rester sur la défensive. Grâce au MMM, les planteurs peuvent recevoir leur part de revenus provenant de la vente d?électricité des usines sucrières au CEB. En plusieurs occasions, le MMM et le PSM sont parvenus à mettre en minorité le gouvernement PTr/PMSD, notamment au moment de votes budgétaires, l?obligeant à faire d?énormes concessions pour retrouver en catastrophe sa majorité balbutiante. Le MMM est aussi très actif au niveau du Public Accounts Committee. Il se vante du Select Committee, comprenant plusieurs députés mauves, ayant forcé le gouvernement PTr/PMSD à opter, une fois pour toutes, en faveur d?un nouvel aéroport dans le Nord au détriment de la rénovation de celui de Plaisance. Il ne se doute pas qu?il tranchera bientôt mais dans le sens contraire. Le besoin de changement est tel que le PTr et ses alliés seront balayés par un raz-de-marée politique sans précédent.
Pour Gaëtan Duval, l?île Maurice doit abattre sans tarder ses cartes maîtresses. Il ne cache pas que 1980 a été une année éprouvante pour le gouvernement PTr/PMSD. Les cyclones Claudette et Hyacinthe ont hypothéqué les bienfaits de la dévaluation de 30% de la roupie du 24 octobre 1979. Plusieurs secteurs professionnels dont la construction ont recours à des licenciements massifs. La situation économique n?est guère brillante mais elle ne peut que s?améliorer en 1981. Le chômage atteint un taux alarmant. Seule la mise en train des travaux de développement du gouvernement peut résorber cette crise de l?emploi préoccupante. La situation ne peut qu?empirer si l?électorat préfère une dictature militante à l?économie mixte prônée par le PTr et le PMSD. Pour G. Duval, il n?y a aucun doute : le PTr doit régler au plus vite la présente crise socio-économique s?il veut conserver ses chances de réélection.
Harish Boodhoo, leader du PSM, affiche la plus grande sérénité. Il annonce fièrement que son programme gouvernemental est fin prêt. Il est pleinement satisfait du déroulement de l?année 1980 qui commence par un pèlerinage politique et s?achève sur la ratification d?une alliance électorale avec le MMM.
Paul Bérenger, négociateur de la GWF, prône une meilleure unité syndicale. L?île compte à présent 35 000 chômeurs. L?érosion du pouvoir d?achat des ouvriers est manifeste. C. Bhagirutty du MLC s?inquiète également de la montée du chômage. Le Labour Congress regroupe une quarantaine de syndicats et environ 40% de la population active. Pour Koomara Venkatasawmy, le président de la FSSC, l?inquiétude s?installe au sein des salariés. Les sacrifices s?accumulent depuis la dévaluation de la roupie et on ne peut demander davantage aux salariés.
Pour Francis Rey, le directeur de la MEF et porte-parole du patronat, il faut encourager la créativité et l?invention. Les relations industrielles ne se sont pas exacerbées en 1980. Moins de grèves générales qu?en 1979. Manifestement aucun des principaux partenaires nationaux ne veut pousser à la politique du pire. Terminons sur cette note encourageante.
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