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Sev VETTIVETPILLAI
<I>“Managing director” d’Aureos Capital (fonds de capital-risque)</I>
● <B>Pour quelles raisons êtes-vous venu prospecter le marché mauricien ?</B>
Nous sommes présents dans 22 pays à travers le monde. Toutes nos opérations sont canalisées à travers Maurice et nos fonds sont placés sous la juridiction de l’offshore mauricienne. Nous sommes très à l’aise avec le secteur du global business ici. Les traités de non double imposition nous permettent de bénéficier des avantages définitifs en terme d’impôts avec la plupart des pays avec qui nous traitons.
Maurice a beaucoup évolué sur le plan régulateur. Nous sommes très confortables avec les dispositions prises par l’offshore concernant le blanchiment d’argent et autres crimes financiers.
D’autre part, Maurice est également un marché dans lequel nous investissons. Nous avions, durant les 15 dernières années, alloué entre $15 à 20 millions (Rs 450 à 600 millions) aux entreprises mauriciennes. Nous lançons maintenant un fonds de $ 50 millions (Rs 1,5 milliard). Un autre fonds du même montant sera lancé dans les années à venir.
Nous proposons des financements variant de $ 6 à 8 millions (Rs 180 à 240 millions) aux entreprises locales. Nous investissons aussi des sommes moins importantes, entre $ 1 à 2 millions (Rs 30 à 60 millions) dans certains cas. Avec de tels montants, nous pouvons toucher un très large segment de la communauté des affaires.
● <B>Quels sont les secteurs d’activités qui vous intéressent le plus ?</B>
Nous pouvons investir dans n’importe quel secteur. Mais nous nous intéressons aux entreprises et non aux secteurs. Nous proposons des capitaux non seulement aux entreprises locales, qui font du business ici, mais aussi aux sociétés étrangères qui veulent s’implanter à Maurice. Les entreprises locales qui veulent investir dans d’autres pays sont aussi une opportunité pour nous.
Nous choisissons un partenaire qui partage notre vision en termes de management et de stratégie. En sus du capital, nous apportons aussi de la valeur ajoutée aux sociétés dans lesquelles nous investissons. Nous disposons d’un réseau international de compétences que nous mettons à la disposition de nos clients si besoin est.
Nous bâtissons des entreprises qui peuvent concurrencer sur le marché international. Il n’y a plus de barrière aujourd’hui. Nous pouvons favoriser cette ouverture vers le monde extérieur.
● <B>À quelle étape du développement de l’entreprise le fonds intervient-il ?</B>
Nous intervenons à n’importe quelle étape du développement de l’entreprise. Mais de manière générale, les start up nécessitent un soutien plus actif. Nous devons faire une balance entre les start up et les compagnies plus mûres. Nous avons la responsabilité de générer des retours satisfaisants pour nos investisseurs. Les retours anticipés dépendent dans une large mesure du profil risque des projets en question.
● <B>Quelle forme de financement proposez-vous aux sociétés ?</B>
Nous mettons des fonds propres à la disposition des compagnies. Nous recherchons des sociétés qui ont un potentiel de croissance élevée.
● <B>Quels sont les modes de désinvestissement privilégiés par Aureos Capital ?</B>
Nous avons à ce jour investi dans quelque 170 entreprises à travers le monde. De ce chiffre, nous avons désinvesti dans 120 d’entre elles. Il y a cette perception selon laquelle il est impossible pour un fonds de capital risque de quitter l’actionnariat d’une petite et moyenne entreprise. Nous avons fait la démonstration que tel n’est pas le cas. Nous laissons derrière nous des sociétés robustes et compétitives.
Les modes de sortie du capital sont arrêtées après discussions avec les promoteurs au préalable. Ces derniers peuvent racheter nos parts dans l’actionnariat. Nous pouvons vendre nos actions à un autre investisseur ou groupe d’investisseurs. Il y a aussi la possibilité de mettre les actions sur le marché boursier.
Cela permet aux fonds de pension ainsi qu’aux autres fonds d’investissements de placer leur argent dans des actifs liquides. Nous participons ainsi à la création des equity markets.
<I>Propos recueillis par</I>
<B>Akilesh ROOPUN</B>
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