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Une autre stratégie pour l?industrie textile
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Une autre stratégie pour l?industrie textile
Face à l?ogre chinois, le textile mauricien s?émeut. Il lui faut changer de ligue, monter en gamme. Dans cette optique, Enterprise Mauritius a rendu publique sa stratégie globale pour le secteur manufacturier. Amédée Darga, le président du conseil d?administration, a, au cours d?une conférence de presse, fait part des projets pour encourager l?exportation : un forum sur l?état de l?industrie du textile et de l?habillement, et la voie à suivre (state of the textile and clothing industry and the way forward) est annoncé pour début 2006 ; un comité pour le suivi et le développement accéléré du secteur sera installé.
Un repositionnement du secteur s?impose. Enterprise Mauritius propose, dès fin novembre, un programme de soutien aux sociétés : elle veut les amener à accélérer leur migration vers le haut de gamme, à ne plus être simples receveurs de commandes, à être plus dynamiques avec l?acheteur. Si l?on joue dans la même ligue que la Chine (production bas de gamme à grande échelle), la bataille est perdue d?avance. Notre textile et habillement devront se repositionner par rapport à l?Italie et à la Turquie, deux pays où notre compétitivité l?emporte, en termes de coûts de production.
«Cette transformation exige un re-engineering de la perspective et des capacités internes de la production dans les entreprises», estime Amédée Darga. Il a indiqué qu?Enterprise Mauritius fournira ces moyens financiers qui aideront les opérateurs à acquérir des services professionnels et d?autres moyens pour maintenir leur niveau de compétitivité. Sur le plan des marchés, il faut en chercher de nouveaux, avec accès préférentiel. L?Inde est de ceux-là. Amédée Darga a indiqué que la signature de l?accord commercial entre les deux pays serait utile aux entrepreneurs : il existe un segment de 200 millions de personnes de la classe moyenne qui agissent dans une perspective plus européenne.
«A contrario du discours souvent entendu, ces dernières années, que l?avenir n?est que dans le secteur des services, je viens affirmer que l?île Maurice doit fonder sa relance économique, ainsi que le soutien de sa croissance, sur un secteur industriel qui devra contribuer au moins 25 % à notre Produit intérieur brut, autant que sur le développement du secteur des services et de celui du secteur agro-industriel tourné vers l?exportation», a fait ressortir Amédée Darga.
Des données étayent ses dires. En 1999, alors à son apogée, le secteur manufacturier a contribué pour 24,9 % au Produit national brut. En 2004, cette contribution chute à 18,3 %. Les estimations pour 2005 sont de 17,3 % : dans cette hypothèse, le secteur ne rapportera que Rs 32,4 milliards au lieu des Rs 46,8 milliards. Ce qui a amené le président à soutenir que Enterprise Mauritius ajuste sa «stratégie pour soutenir les différents sous-secteurs industriels existants et pour en trouver d?autres à développer, pour contribuer au moins Rs 14,44 milliards».
Dans ce secteur industriel, Enterprise Mauritius cible le textile et l?habillement. «C?est un secteur qui est encore dans une phase de transition, abordée trop tardivement, et pour lequel les conditions de commerce international sont encore en détermination, mais qui montre des signes fort encourageants. Il est évidemment de l?intérêt de certains d?exposer une situation catastrophique pour demander des perfusions financières à l?Etat», affirme le président, après analyse des faits.
Déjà, les usines engagées dans la production de t-shirts, de chemises et de bottoms (shorts et pantalons, par exemple), surtout à base de denim, n?arrivent pas à satisfaire les commandes. Pour 2004, la valeur totale des t-shirts et chemises exportées ont augmenté de 13 % et de 31 % respectivement. Et le prix unitaire moyen a augmenté de 12 %, en termes de dollar américain, «signe d?une montée en gamme». La moitié des exportations de chemises sont dans les gammes supérieures, alors que le t-shirt a moins bien entamé sa transition.
«Pour les fabricants de pull-overs, la situation est moins favorable, même si cette filière a quitté le bas de gamme (...), et même si les acheteurs affirment qu?il y aura plus de commandes pour l?année prochaine», souligne Amédée Darga.
La concrétisation rapide des projets de filature, de RS Textiles et de Toptex (projet pakistanais) est souhaitée. Dans la mesure où ils aideront à consolider notre position par rapport aux règles d?origine.
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