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Manchester, la force de la conviction

7 novembre 2005, 20:00

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Questionné ces derniers jours pour son manque d'envie, Manchester United a répondu présent au rendez-vous de sa saison, manifestant une détermination de tous les instants pour faire chuter Chelsea, 1-0, dimanche.

Pour le 19e anniversaire de son arrivée à la tête du club mancunien, Alex Ferguson a démontré qu'il n'avait rien perdu de son pouvoir de motivation. Sa fin de règne annoncée par les deux défaites en quatre jours, à Middlesbrough en championnat 4-1 samedi puis contre Lille 1-0 en Ligue des Champions mardi, n'est pas pour demain.

Vigoureusement pointés du doigt cette semaine par leur capitaine Roy Keane, blessé, les Diables rouges ont réagi avec orgueil. Les jeunes milieux de terrain Darren Fletcher et Alan Smith, que Keane n'avait pas épargnés, ont donné de leur personne, montrant l'exemple à tous.

Fletcher, que d'aucuns accusent d'être le favori de Ferguson car il est comme lui Ecossais, a marqué le but de la victoire, sur une tête bien ajustée. Il a également été de tous les combats au milieu du terrain, où MU a éteint le trio magique des Blues, Michael Essien, Claude Makelele et Frank Lampard.

Nommé homme du match, Smith a livré un duel sans merci à Lampard, le meilleur buteur du championnat, muet comme toute son équipe qui avait toujours marqué au moins un but cette saison sur la scène nationale. Attaquant reconverti milieu défensif, Smith a laissé supposer que sa “grinta” pourrait bien lui permettre de succéder un jour à Keane.

La clé : la bataille physique</B>

Partageant avec l'Irlandais le même caractère explosif, Smith s'est appliqué à tâcler sans arrêt, contrer les tirs adverses, récupérer inlassablement les ballons, incarnant magnifiquement l'esprit retrouvé de Red Devils qui n'ont jamais laissé le moindre espace à Chelsea.

Manchester United n'avait plus battu les Londoniens depuis janvier 2003 (2-1). Il restait également sur une invraisemblable série d'échecs à Old Trafford, où il n'avait plus gagné en championnat depuis le 20 août. Mais toutes ses statistiques ont été effacées, et la course au titre un tant soit peu relancée.

Sans aller jusqu'à appliquer la recette concoctée en octobre passé pour mettre fin à la série de 49 matches sans défaites d'Arsenal 2-1), le club-phare de la ville de Manchester a indéniablement dominé le défi physique. Face aux Gunners, l'engagement avait souvent dépassé les limites.

Mais le contentieux est bien moins fort avec Chelsea. Et l'engagement est cette fois resté très anglais, rude mais courtois. Pris en tenaille au milieu du terrain, Chelsea n'a pu développer son jeu, concédant sa deuxième défaite de la semaine, après celle subie au Betis Séville, 0-1, en Ligue des Champions.

Jose Mourinho, qui avait jugé avant le match que les grandes équipes ne perdent jamais deux matches de suite, peut désormais s'interroger sur la valeur réelle de la sienne. Habitués à au moins tirer un nul des matches qu'ils ne pouvaient pas gagner, les Blues n'ont jamais pu répliquer au but encaissé.

Le sixième en cinq matches de championnat, alors que Chelsea n'en avait pris qu'un sur les sept premières journées. Ce revers démontre à nouveau, après le surprenant nul concédé à Everton, 1-1, que le système du manageur londonien peut trouver ses limites dès lors que son équipe ne remporte plus la bataille physique.

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