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L’Iran prêt à convertir à nouveau de l’uranium
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L’Iran prêt à convertir à nouveau de l’uranium
L’Iran s’apprête à convertir un nouveau lot d’uranium dans son centre de recherche nucléaire d’Ispahan la semaine prochaine, en dépit des pressions exercées par les Etats-Unis et l’Union européenne, a-t-on appris mercredi de sources diplomatiques. Alors que Téhéran semble s’acheminer vers un nouveau bras de fer avec la communauté internationale, la Russie a proposé une formule qui permettrait à l’Iran de mener des activités nucléaires moins sensibles dans le cadre d’un partenariat.
Accusé par l’Occident de développer un programme nucléaire militaire clandestin, l’Iran avait gelé toutes ses activités à Ispahan à la fin de l’an dernier aux termes d’un accord conclu avec l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Mais Téhéran a relancé en août son site de conversion d’Ispahan, ce qui a abouti à la rupture des discussions avec la “troïka” européenne. “A compter de la semaine prochaine, les Iraniens commenceront une nouvelle phase de conversion d’uranium à Ispahan”, a déclaré un diplomate européen proche du dossier.
Il est difficile de déterminer quelle quantité d’uranium pourrait être converti à partir de la semaine prochaine, a noté un diplomate européen proche de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Dans un rapport publié le 2 septembre, l’AIEA assurait que l’Iran avait produit 6,8 tonnes d’hexofluorure d’uranium gazeux (UF6) pouvant théoriquement être enrichi en combustible à usage militaire. Mais des diplomates familiers du dossier ont estimé que cet uranium converti était de trop mauvaise qualité pour entrer dans la confection d’une bombe.
Médiation russe
On ignore en revanche quelle quantité d’uranium enrichi a été produite depuis le 2 septembre. Afin d’éviter une détérioration du climat diplomatique, Moscou a suggéré de mettre en place un partenariat avec l’Iran sur la conversion et l’enrichissement de l’uranium. Cet arrangement permettrait à l’Iran de produire de l’uranium tetrafluoride (UF4) à Ispahan, avant de l’exporter vers la Russie pour qu’il soit converti en UF6 puis enrichi. Selon des diplomates, le plan sera soutenu par les Européens ainsi que par le directeur de l’AIEA, Mohamed ElBaradeï.
“La conversion de l’uranium est une activité à laquelle l’Iran serait autorisé à se livrer, pour qu’il sauve la face”, a estimé un diplomate, ajoutant que la production d’UF4 n’était pas aussi sensible que celle d’UF6. Il a ajouté que l’Iran, s’il n’est pas hostile au principe de la proposition russe, souhaiterait que la production se fasse en Iran. Selon un diplomate européen, l’UE soutiendra le plan russe si Téhéran accepte de suspendre toutes ses autres activités nucléaires sensibles.
En septembre, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a estimé que Téhéran avait violé le Traité de non-prolifération nucléaire en cachant à l’agence son programme d’enrichissement de l’uranium, mais il a choisi de reporter à plus tard la saisine sur ce sujet du Conseil de sécurité de l’Onu, habilité à décréter des sanctions. En visite aux Etats-Unis, le directeur général de l’AIEA, Mohamed ElBaradeï, a déclaré mardi que les enquêteurs avaient obtenu l’accès à des installations militaires en Iran jusqu’alors interdites. D’après un responsable de la «troïka» européenne, ElBaradeï faisait allusion au complexe militaire de Parchin où Téhéran a procédé à des expériences sur des explosifs puissants.
Louis CHARBONNEAU
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