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Une opposition bêlante

28 octobre 2005, 20:00

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Des images se superposent. Ce sont celles d?hommes au tournant de leur vie politique. Etant au pouvoir, c?est Navin Ramgoolam qui a le beau rôle aujourd?hui. Dans de plus mauvaises postures, se trouvent Paul Bérenger et Pravind Jugnauth. Deux défaites électorales et un gouvernement plus populaire que jamais contraignent les deux hommes forts à des seconds rôles. Les cent jours de grâce du gouvernement écoulés, on se serait attendu à voir plus de combativité de leur part. Cela fait partie du jeu démocratique et participe de la nécessité d?une opposition qui construit un discours d?alternance en se basant sur une politique gouvernementale qui abonde dans le sens d?un socialisme primaire. Or, les deux leaders jouent les mêmes notes que les dirigeants de l?Alliance sociale

On n?entend ainsi rien sur le positionnement de leurs partis sur l?échiquier. Le MMM parle de renouvellement mais pratique, en fait, un jeu de permutation. Le MSM se tient en retrait se disant probablement que son heure viendra. C?est cette attitude qui caractérise désormais ces deux formations. Au fond d?eux-mêmes, les dirigeants de l?opposition attendent que le gouvernement commence à payer pour ses largesses afin de rebondir. Ce sont des calculs politiques simplistes qui sont loin de faire honneur à la classe politique dans son ensemble.

C?est leur incapacité à porter un regard critique sur eux-mêmes qui fait craindre le pire pour ces partis d?opposition. Le MMM, qui pratique la langue de bois par excellence, veut trouver le bon dosage entre anciens et jeunes avant de revenir pleinement sur la scène. On ne voit venir aucun exercice d?introspection. On comprend encore plus difficilement la précipitation avec laquelle le MSM a trouvé un slogan «Avec le peuple» ! Ces partis n?ont, semble-t-il, tiré aucune leçon de leur déroute. Ils n?ont encore rien compris à la communication politique. Pourtant, actuellement, il y a de nombreux débats à mener.

A commencer par le type de leadership qui convient le mieux aux partis politiques contemporains. Lorsqu?on interroge le rôle de son leader, c?est avant tout une occasion pour lui de revoir la pertinence de ses anciennes décisions. Mais il faut croire que nous sommes restés dans des structures dynastiques qui n?autorisent que l?adoration béate du leader.

Au même titre, il aurait été approprié d?interroger le système d?organisation des partis. Les BP, comité central, assemblée des délégués? conviennent-ils toujours à la réalité du jour ?

A-t-on vu un seul membre des partis produire un document de réflexion sur les causes de l?échec ? Cela en dit long sur la capacité critique de nos hommes politiques ! Même l?animation du champ des idées est laissée à Navin Ramgoolam. Celui-ci parle en effet de son parti comme d?un parti de gauche et se pose personnellement en socialiste. En face, les dirigeants de l?opposition répondent qu?ils n?ont pas besoin de se dire socialistes parce qu?ils sont ceux qui ont mené la politique sociale la plus ambitieuse lorsqu?ils étaient au gouvernement ! S?il fallait une preuve de leur déphasage avec les attentes idéologiques des électeurs, on ne pouvait pas trouver mieux ! Pourtant il suffirait seulement d?un tout petit peu d?imagination?

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