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?7 ans de séduction?
Pour qu?une comédie sentimentale soit réussie, il faut des personnages intéressants, capables de charmer le public d?une manière ou d?une autre et une intrigue intéressante, avec quelques surprises, histoire de nous faire prendre parti pour ces mêmes personnages.
Évidemment, il n?est jamais superflu d?y ajouter un humour efficace (puisqu?il s?agit d?une comédie), quelques fines observations sur les gens et l?époque, des réflexions sur ces petits instants qui font le sel de la vie, etc. Et, il est généralement indispensable d?avoir un petit ou un grand suspense à la fin.
Il y a bien un moment d?humour efficace dans 7 ans de séduction, comédie sentimentale signée Nigel Cole : celui où Amanda Peet se prend une porte vitrée en pleine figure. Ce n?est pas qu?arrivé à ce moment, le spectateur ait été amené à n?éprouver aucune compassion pour la demoiselle. C?est juste que la séquence arrive à un moment où on s?y attend le moins, au beau milieu d?un (faux) suspense, vers la fin d?un film qui jusque-là avait avancé assez mollement.
7 ans de séduction commence lorsque Emily et Oliver, les deux jeunes gens de l?histoire se rencontrent en prenant l?avion pour rentrer chez eux, leurs études terminées. Ils font d?abord connaissance de manière très approfondie dans les toilettes de l?avion sans même échanger un seul mot, puis ils se séparent. Puis, le film suit leurs rencontres épisodiques au fil des ans, jusqu?à ce que l?amour finisse par montrer son vrai visage.
Meg Ryan et Billy Crystal se revoyaient dans les mêmes conditions et avec ce genre de régularité dans Quand Harry rencontre Sally. Ils avaient pour eux l?intelligence et le charme, on ne dirait pas autant de leurs cadets de ce nouveau siècle naissant. Rien dans ce film ne permet de mettre en question les capacités d?Ashton Kutcher et d?Amanda Peet en tant que comédiens.
Les deux font ce qu?ils peuvent, vu la pauvreté du scénario, et on se dit que leurs personnages ont probablement reçu une éducation à la mauricienne, étant donné la pauvreté de leurs conversations. Toute comédie sentimentale comporte ces petits riens, mais qui sont porteurs d?une certaine magie.
De tels moments existent bien dans 7 ans de séduction, mais ils sont porteurs de rien du tout, à part les platitudes et les lieux communs. Tout espoir de voir s?épanouir les personnalités des deux tourtereaux s?estompe au fil des ans, c?est-à-dire au fur et à mesure que le film avance. Elle expose de vraies photos d?amateur dans une galerie alors que lui apprend à jouer de la guitare électrique et à chanter comme un pied. De leurs rencontres épisodiques ne se dégage aucune émotion, ni aucun échange mémorable pour ce qui est des dialogues.
Centré sur ces deux personnages sans intérêt (les personnages secondaires sont inexistants), 7 ans de séduction est donc un film fait de scènes déjà vues qui raconte une histoire sans surprise. D?où l?importance de l?incident de la porte vitrée : l?instant ne dure que le temps d?un impact, une fraction de seconde dans un film de 107 minutes et en lui-même ne mérite pas que l?on s?y attarde. Seulement, c?est l?unique moment où ce film parvient à surprendre et à nous faire éprouver quelque chose pour l?un des deux personnages.
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