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Riche et paradoxal
«No one owes us a living. » On n?arrête pas de le répéter, mais on fait exactement le contraire. Ces jours-ci, tous les espoirs sont tournés vers l?Inde et même temps, on ne cesse d?encenser les « pays amis » tout en voulant pratiquer la grande diplomatie économique. Tout cela semble bien contradictoire. On vit dans un monde globalisé et on ne veut pas voir plus loin que son nombril, allant jusqu?à croire que tout le monde s?y intéresse.
Veut-on refuser de comprendre que les solutions ne viendront pas des autres ? Il faudrait croire que tel est le cas. L?Inde n?est pas la réponse à toutes nos questions comme ne le sont ni la France ou la Grande-Bretagne.
Ce pays a décidément besoin d?électrochocs à intervalle régulier. Les thérapies douces ne nous mènent nulle part. Il s?agit aujourd?hui de mieux comprendre la société dans laquelle nous vivons. Sortir des schémas surannés et accepter le fait que les choses ne sont pas aussi simples qu?on pourrait le croire. Que c?est quasiment dichotomique de vouloir appliquer des théories de gauche dans une société de marché. Ou alors il faudrait s?y prendre à l?inverse, ce qui voudrait dire changer la société pour pouvoir changer les individus. Quelles en sont les implications ?
D?abord, une modernisation radicale de l?État. Réforme de la fonction publique, du judiciaire, réforme du système parlementaire, réforme des systèmes de santé, de l?éducation et autres services publics, réforme de l?administration centrale, nouvelle politique culturelle, un travail scientifique pour faire évoluer les mentalités? En un mot changer de société, s?inscrire dans son époque et en tirer ce qu?il y a de meilleur. C?est effectivement une tâche « himalayesque », mais pas autant lorsqu?on a des décideurs qui ont la capacité de changer la vie des gens en cent jours. Même si pour l?instant, il semblerait que nos dirigeants aient surtout choisi de tout faire pour rester tout simplement populaires.
Dans une société qui a toujours courbé l?échine devant les politiques, il s?agit de revenir à la confrontation des idées. C?est d?elle que naîtra le mieux vivre. Il s?agit aussi de savoir si le modèle de société qu?on nous impose correspond vraiment à notre manière de vivre. Dans l?absolu, c?est oui pour un changement de société, mais pour une société où l?aventure de l?évolution se vivra au rythme du partage, des échanges d?information, des débats, de la redéfinition du rapport avec les autres, le tout dans une meilleure organisation du temps et une meilleure planification de l?espace.
De tout cela, on n?en parle pas. Nos politiques voient les solutions venir des « pays amis » et la population, quant à elle, attend ces solutions des mêmes politiques. C?est une étrange partie de bonneteau où chacun se voile la face lamentablement.
Revenons à l?essentiel et à ce qu?il y a de plus simple, sinon le sucre et le pétrole finiront par avoir raison de nous. Il est temps donc de se remettre au travail. C?est notre seul atout. C?est par le travail que nous construirons la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous traversons actuellement une période riche et contradictoire. Il faut être hypocrite pour ne pas reconnaître la montée du sectarisme.
Il faut être malhonnête pour ne pas reconnaître les efforts en vue de déprolétariser la société.
Se remettre donc au travail, mais encore faut-il savoir quel travail. Les gouvernements se succèdent et ils chantent tous l?hymne de l?entrepreneuriat. Ils annoncent tous des mesures révolutionnaires pour l?encourager. Mais on l?a vu au fil du temps : le mal vient du fait que l?information ne circule pas, que la connaissance reste bloquée alors que les acteurs classiques de l?économie mauricienne sont des plus velléitaires dès qu?il est question de nouvelles stratégies d?investissement.
Quant à la population, elle ne voit pas plus loin que tout ce qui contribue à la maintenir dans un état de luxe artificiel !`
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