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Trafic présumé de drogue
Le sort de l’inspecteur Luckmun entre les mains de la Cour suprême
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Trafic présumé de drogue
Le sort de l’inspecteur Luckmun entre les mains de la Cour suprême
La Cour suprême s’est penchée, hier, sur la demande de Bail Review du Directeur des poursuites publiques (DPP) concernant l’inspecteur de police Vicky Luckmun, ancien membre de l’ADSU de St-Pierre. Après avoir entendu les arguments des deux parties, les juges Véronique Kwok Yin Siong Yen et Denis Mootoo ont réservé leur décision. L’inspecteur Luckmun fait l’objet d’une accusation provisoire de conspiracy, en vertu de l’article 109 du Code pénal. Il est soupçonné d’avoir participé à un complot visant l’importation d’une cargaison de drogue synthétique dont la valeur est estimée à plus de Rs 75 millions.
En avril, la magistrate Bibi Azna Bholah, siégeant en cour de district de Moka, lui avait accordé la liberté conditionnelle (sous deux cautions de Rs 200 000 et une reconnaissance de dette de Rs 1,5 million), malgré les objections de la Financial Crimes Commission (FCC) qui redoutait des risques d’interférence avec les témoins et de manipulation des preuves. Toutefois, le représentant du DPP avait obtenu un stay of execution, empêchant l’application immédiate de la remise en liberté. L’inspecteur avait ainsi été reconduit en détention en attendant que la Cour suprême ne tranche sur cette contestation.
Lors des débats, Mᵉ Fayyaad Arzamkhan, représentant le DPP, a soutenu que la magistrate avait appliqué un mauvais critère juridique. Selon lui, elle a exigé à tort des «preuves directes et concrètes» (direct and concrete evidence), alors que la loi requiert uniquement une «suspicion raisonnable» (reasonable suspicion) à ce stade préliminaire.
Stratagèmes
Il a également contesté l’analyse de la magistrate concernant le risque d’ingérence dans l’enquête. Celle-ci avait estimé que le fait que l’inspecteur connaisse l’évolution des investigations, l’identité des personnes déjà entendues par la FCC ou de celles restant à interroger ne suffisait pas, à lui seul, à établir un risque concret d’influence sur les témoins. Me Arzamkhan considère au contraire que cette appréciation est erronée au regard des circonstances de l’affaire.
Arrêté le 24 mars 2026 aux côtés de Steeven Moothoocurpen (déjà impliqué dans des affaires de blanchiment), l’inspecteur Luckmun est soupçonné d’avoir orchestré un stratagème en 2024 pour importer des colis depuis Hong Kong et la Chine.
La FCC s’appuie notamment sur des échanges WhatsApp compromettants. En septembre 2024, un envoi de plus de 5 kg de composants chimiques pour drogue synthétique, valant Rs 75,9 millions, avait été intercepté. La FCC affirme que l’inspecteur a utilisé de faux mandats de perquisition à quatre reprises sous des noms fictifs pour récupérer des colis auprès de sociétés de fret. Les enquêteurs pointent également des anomalies de poids sur les bordereaux de transport (airway bills) et soupçonnent qu’au moins un colis envoyé au Forensic Science Laboratory a été remplacé avant d’être analysé. La Cour suprême doit désormais trancher sur le maintien ou non de l’inspecteur Luckmun en cellule.
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