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Salle d?armes et abattoirs en péril
L?article d?Alain Gordon-Gentil sur les séances répétées de dynamitage de la carrière corallienne de Treize Cantons suscite d?intéressantes réactions. Un correspondant signale que si la salle d?armes, se trouvant à ses pieds, disparaît non seulement la perte serait terrible pour le patrimoine mauricien mais encore nous risquons de voir pénétrer la mer à l?intérieur des terres, transformant cette région en barachois. Il se permet des affirmations scientifiques dont il est difficile à des profanes de garantir l?exactitude. Il n?est toutefois pas inutile de signaler l?existence de cette information sur une des curiosités touristiques de l?île les moins connues du grand public car rien n?est fait ou presque pour indiquer comment s?y rendre pour visiter ces lieux éminemment historiques avant qu?ils ne se dégradent à jamais.
Ce correspondant parle d?un monticule de sable durci s?étendant de l?Anse Colas au pavillon du Vieux Grand-Port, en passant, bien sûr, par Treize Canons. Il ne s?agit pas d?un récif surélevé comme on l?a longtemps cru. Il cite l?éminent géologue français L. Montaggioni (comme l?indique son nom). Ce platier est ?éolianite?. ?uvre d?Eole, ce dieu connu des cruciverbistes, il est un dépôt de sables accumulés par l?action des alizés au fil des millénaires. L?Anglais le nomme rocksand. Le sable se mélange, il est vrai, à la calcite ou au gypse. Il parle de la région comme une volcanique ou se produit à un certain moment un vaste creuset. Dans le rocksand, on trouve des nodules bleus uniques à Maurice. A un échelon inférieur se trouve une couche de tuf ferrugineux, favorisant la croissance de certaines plantes.
Le site a été le théâtre d?une intense activité volcanique influencée par la formation de la montagne voisine du Lion. Les coulées de lave créent de nombreuses poches d?air et même une caverne qui commence quelque part au pied de la montagne, passe sous le village pour aboutir au platier. Une partie de la caverne, la seule où l?on trouve à Maurice des stalactites, a été en partie dynamitée, détruisant du même coup des stalactites millénaires. Le Dr Alfred Orian est de ceux pensant que la destruction inconsidérée de cette barrière corallienne naturelle mettrait en danger les terres qu?elle protège.
Raphaël Touze, éminent ambassadeur de France à Maurice, dans les années 1960-1970, souhaitait que la France aide Maurice à faire de ce site un haut lieu historique et touristique. A cet endroit se trouve, en effet, la fameuse salle d?armes où, dit la légende, d?aucuns venaient régler leurs différends à l?épée ou au pistolet, loin des regards et des oreilles indiscrets. On parle aussi de la découverte d?une cache d?armes hollandaises. Ferney, vallée tristement dévalisée, s?appelait encore Enfoncement des Hollandais. La rivière Champagne se nommait alors rivière Nyon du nom du premier gouverneur français, après avoir été également des Hollandais. Treize famillles hollandaises s?y installent d?où, peut-être, le surnom de Treize Cantons donné à la localité. Le pont Moulinot rappelle le souvenir de Pierre Moulinot à qui Labourdonnais confie la direction des anciennes plantations hollandaises, dont celles ayant trait à la canne à sucre, les premières cannières de toute l?île.
La presse fait état aussi d?un conflit foncier opposant deux tendances au sein de la commission administrative de Curepipe, ainsi que le président, Pierre Simonet, à son adjoint, Bramananduth Sewpal. Au centre de ce conflit se trouvent les anciens abattoirs de la ville, situés à la route de la Brasserie, à côté du cimetière Bigara. Ce vaste bâtiment en pierres de taille et un terrain d?une superficie de trois arpents font l?objet de nombreuses convoitises. Le conseil municipal est parvenu mais non sans peine à reprendre contrôle de ce site lui appartenant mais par moments occupés illégalement par certaines personnes pensant pouvoir le faire. Il espérait pouvoir y transférer le garage automobile se trouvant à l?arrière de la bibliothèque Carnégie et transformer le garage actuel en gymnase pour les athlètes de la ville. Le cyclone Claudette (25.12.1979) est venu bouleverser ce plan en permettant à des familles sinistrées d?occuper illégalement les anciens abattoirs. Sur ce, un groupe de pression s?est constitué sous le couvert d?une coopérative de maraîchers pour pouvoir occuper les trois arpents et les anciens abattoirs contre une location mensuelle de seulement Rs 250.
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