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Tous contes faits?

30 septembre 2005, 20:00

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Le temps et les événements semblent n?avoir eu aucune prise sur Béatrice Bijoux-Bellepeau. à part une silhouette qui a légèrement forci ? sans doute en raison de sa grossesse ? elle a le même look juvénile de ses débuts en tant que présentatrice télé. Son rire est toujours aussi riche et chantant, son verbe tout autant facile. On sent bien que la communication est chez elle innée.

Béatrice, qui a grandi sur la sucrerie de Beau-Champ, fait ses études secondaires au couvent de Lorette de Quatre-Bornes, optant pour la filière littéraire. Mais le côté astreignant de l?étude dans l?optique de réussir un examen la rebute. Alors, elle s?absente souvent de l?école avec la bénédiction de ses parents et apprend ses textes à domicile.

A l?école, elle est toutefois la première à se porter volontaire dès qu?il s?agit d?athlétisme ? elle était une des meilleures athlètes aux haies et a même figuré dans la sélection mauricienne ? tout comme elle répond présente quand il faut participer à un concours d?élocution, à un débat ou présenter les concerts scolaires. Dès l?âge de 15 ans, elle anime des promotions pour les grandes surfaces.

Mais c?est sa présentation du premier Jump Around Youth Concert qui la fait remarquer par Sylvio Hécube et Pamela Patten, respectivement réalisateur et présentatrice d?émissions à la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC). Ils lui proposent d?intégrer la corporation comme présentatrice radio. Béatrice qui rêve de maîtriser tous les rouages de la communication afin d?avoir un jour sa propre agence, accepte et fait ses premiers pas à la programmation.

Deux semaines plus tard, les élections de 1995 amènent un changement de régime qui se traduit par une valse à trois temps pour le personnel de la MBC. Le nouveau régime veut de nouvelles têtes et la voilà catapultée présentatrice des journaux télévisés (JT) alors qu?elle ignore les ficelles du métier de journaliste télé. Béatrice décide de relever le défi mais la jalousie et la mesquinerie qu?elle côtoie ne sont pas pour arranger les choses.

Soif de connaissances

Sa soif d?apprendre la maintient en poste. Personne ne voulant l?aider, qu?à cela ne tienne, elle s?aidera toute seule, visionnant les cassettes des JT de France 2 et 3 pour mieux comprendre la technique. Elle suit en parallèle un cours menant à un diplôme de communication auprès de l?université de Maurice, se spécialisant en journalisme et relations publiques. Son seul encouragement est le soutien des auditeurs.

Au bout de deux ans à éviter les embûches, elle décide qu?il est l?heure de mettre les voiles. Jacques Maunick, responsable de Net Radio One, précurseur de Radio One, l?embauche. Il lui fait prendre conscience de ses lacunes et la transforme en professionnelle.

Le reste du parcours de Béatrice est en dents de scie. Elle est tour à tour responsable du magazine Télé Loisirs à Cinq Plus, assure la mise en place d?un bureau de relations publiques au St-Géran juste après la rénovation de l?hôtel, fait une halte marketing chez Malenn Oodiah, s?occupe des nouveaux médias à l?agence Publico. Elle ouvre ensuite sa propre agence de communication. Jusqu?à sa rencontre avec son mari qui vit à Mayotte. Elle quitte tout pour le rejoindre.

En l?espace de six mois, la voilà mariée, à s?occuper de son beau-fils de huit ans et à gérer une mauvaise grossesse. Si à d?autres, ces responsabilités peuvent paraître lourdes, tel n?est pas le cas pour Béatrice qui vient d?une famille nombreuse. Elle est la benjamine de cinq frères et a toujours grandi entourée.

De retour au pays après quelques mois passés à Mayotte où son mari était affecté, Béatrice refait ses intérieurs, bricole, s?occupe de la plomberie et jardine en attendant la venue de Raphaël, deux ans aujourd?hui. Depuis le début de l?année, elle s?est lancée dans l?organisation d?événements et relance les entreprises avec qui elle a eu l?occasion de travailler antérieurement. « Nous nous rencontrons en début d?année et je leur propose d?organiser tous leurs événements sur l?année, depuis les conférences aux fêtes de fin d?année. Ils n?ont plus aucun souci à ce niveau et moi, je suis assurée d?avoir du travail pendant 12 mois. » Elle organise aussi des goûters d?anniversaires pour enfants. Enregistrée auprès du bureau de la Taxe sur la valeur ajoutée, son nom de marque est Triple B pour? Béatrice Bijoux-Bellepeau bien évidemment.

Inspirée

Ce sont les difficultés de lecture des enfants de son entourage qui lui font réaliser que les enfants d?aujourd?hui ne lisent plus. Ils jouent au game-boy, regardent la télévision ou sont oisifs. C?est alors que lui vient l?idée de proposer à la MBC la lecture de contes radiophoniques pour enfants. C?est comme ça que Raconte-moi une histoire, émission éducative destinée à promouvoir la langue française, prend corps.

La librairie Le Cygne à Rose-Hill lui fournit les contes qu?elle lit sur les ondes. Et pour cultiver l?intérêt naturel des enfants pour la lecture, chaque samedi pendant une heure, elle raconte des histoires aux enfants et anime un petit atelier de créativité à leur intention chez Le Cygne. événement qui attire un nombre impressionnant d?enfants accompagnés de leurs parents.

Une des têtes pensantes des éditions Bartholdi qui confond les contes inédits qu?elle lit à l?antenne à des écrits qui lui sont propres, lui propose d?éditer ses contes. « Je lui ai fait comprendre que je ne suis pas J. K. Rowlings, la mère de Harry Potter. Il a insisté et je me suis dit pourquoi pas ». Béatrice s?y met, puisant son inspiration de son enfance sur la sucrerie Beau- Champ. Période peuplée de merveilleux souvenirs qu?elle dévoilera en novembre prochain dans deux recueils de contes intitulés Les bêtises de Betty. Les aventures de Betty, qui s?adressent aux enfants de huit à dix ans, paraîtront mensuellement entre mars et novembre 2006. Après quoi, Béatrice aura à trouver d?autres sources d?inspiration.

Quand on a l?élocution aussi facile, l?écriture doit être un jeu d?enfant. Pas tout à fait, explique-t-elle. « Les souvenirs étaient frais mais cela a été un défi car j?ai dû simplifier mon vocabulaire le plus possible pour qu?il soit accessible aux enfants. »

Béatrice s?est trouvé un parrain qui prend à sa charge la moitié des frais d?impression. Ce qui permet de maintenir un tarif pour toutes les bourses, soit moins de Rs 100 par recueil. Et tout ce qu?elle percevra de la vente desdits contes, sera versé à Terre de Paix. « Je veux que chaque enfant qui achète mon livre de contes réalise qu?avec son geste, il aide un enfant qui n?a pas eu le même départ que lui dans la vie. »

Béatrice nourrit un autre rêve de bénévolat : elle veut récupérer les livres d?enfants qui sont encore en bon état pour parvenir à doter chaque centre social de l?île d?une bibliothèque pour enfants. « Je suis tellement bien dans ma peau que je veux partager un peu de bonheur avec les autres? »

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