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Propositions pour une baisse du prix du sucre de 25 %
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Propositions pour une baisse du prix du sucre de 25 %
Le Parlement européen récidive en faveur des pays du groupe d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Des propositions circulent pour ramener la baisse du prix du sucre à un niveau plus soutenable. Le rapporteur de la commission de l?agriculture et du développement rural, Jean-Claude Fruteau, a soumis ces projets de rapport la semaine écoulée. Ils visent à amender le texte de loi introduisant la réforme du régime sucrier européen.
Député réunionnais, Jean-Claude Fruteau postule pour une réforme basée sur une réduction de 25 % du prix garanti, contre les 39 % proposés par la Commission européenne le 22 juin. Cette réduction, affirme l?eurodéputé, ?est moins brutale que celle proposée par la Commission, permettra de satisfaire aux objectifs de la réforme, sans impacter à outrance sur le niveau de vie des agriculteurs et les perspectives de production de la filière?.
Les membres de la commission parlementaire contestent déjà les autres modalités de la réforme que la commissaire Mariann Fischer Boel compte faire adopter. A commencer par la députée britannique Glendys Kinnock, qui réclame une réduction étalée sur huit ans. Son homologue français, Bernard Lehideux, plaide pour des mesures d?accompagnement plus conséquentes dès 2006 pour mitiger les effets de la baisse.
Les ACP ont toujours affirmé que les 39 % de baisse entraîneraient des conséquences désastreuses dont des pertes d?emploi. Maurice, premier exportateur ACP vers l?Europe, perdra Rs 27 milliards. Le député Jean-Claude Fruteau indique que la modération de la baisse ?permettra en revanche d?atténuer le choc économique de la réforme, garantissant (..) un meilleur maintien de l?activité dans les régions de production et la sauvegarde de centaines de milliers d?emplois?.
Il tient en ligne de compte les engagements de l?Europe vis-à-vis des ACP. Il précise que la baisse de 25 % permettrait ?aux pays ACP et aux pays les moins avancés, qui exportent une partie de leur production vers l?Europe, de conserver des prix rémunérateurs?. Cependant, la rentabilité des exportations des pays en développement, et celles des producteurs européens ne sont garanties que par la stabilité du marché communautaire.
La réforme indispensable doit néanmoins être ?juste et efficace?. Les conditions requises, selon le rapporteur, sont la baisse modérée des prix dans un environnement régulé, la mise en ?uvre d?outils adéquats pour atténuer les impacts de la restructuration et l?offre de perspectives nouvelles aux acteurs de la filière.
D?ailleurs, affirme Jean-Claude Fruteau la baisse des prix ?n?apportera vraisemblablement pas de profit sensible aux consommateurs, comme cela s?est vérifié lors de réformes précédentes?.
Reste à savoir si cette volonté des eurodéputés aura une incidence sur leurs ministres. Car la décision est entre leurs mains?
LOBBYING
Boolell : ?Nous balisons partout?
■ Les pays ACP ne laisseront passer aucune occasion pour maintenir la pression politique en faveur d?une réforme juste, a affirmé le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell. Il faisait le bilan, hier devant le Syndicat des sucres, de sa récente mission en Europe et au Kenya. ?Nous balisons partout. Rien n?est laissé au hasard?. Le lobbying qui se profile portera sur deux aspects. D?abord, auprès des dix pays européens qui contestent la baisse de 39 %. Leurs ministres de l?Agriculture se rencontrent les 12 et 13 octobre. Les chefs d?Etat seront aussi appelés à aborder la question auprès de leurs homologues lors du prochain sommet des chefs d?Etat du Commonwealth, à Malte. Qui plus est, les ACP qui se sont ligués avec les Pays les moins avancés disposent du soutien de multiples organismes de la société civile. D?une part, le conseil économique et social européen maintient que les 39 % seront désastreux. De l?autre, de puissantes institutions, à l?instar d?Oxfam, comptent rallier des organisations non-gouvernementales en faveur des ACP. Le ministre de l?Agro-industrie s?est dit d?un ?optimisme prudent? sur le fait que la Commission européenne pourrait revenir à de meilleurs sentiments en ce qui concerne les modalités de sa réforme. ?Il ne faudrait pas que la réforme résulte en un océan de pauvreté et que sept multinationales européennes uniquement profitent de la baisse. Elle ne peut être intransigeante et indifférente à la dimension politique.?
INTERVENTION DE HANSRAJ RUHEE
Traitement inégal ACP-betteraviers
■ Le président sortant du Syndicat des sucres, Hansraj Ruhee, déplore que les aides aux betteraviers européens et les départements d?outremer de l?Union européenne soient supérieures à celles préconisées pour Maurice et les ACP producteurs de sucre. C?est ce qui ressort de son intervention à l?assemblée générale annuelle du Mauritius Sugar Syndicate qui s?est tenue hier. ?En dépit du fait que la Commission européenne reconnaît le fait que les ACP auront besoin de moyens significatifs pour s?ajuster à la reforme sucrière, les mesures d?accompagnement figurant dans un plan d?action séparé sont toujours vagues, incertaines et largement inadéquates.? Pour lui, cette position de la Commission européenne est ?injuste et inéquitable?. Elle est contraire à l?article 36.4 du protocole sucre, par lequel l?Union européenne s?était engagée à sauvegarder les bénéfices du protocole. Harold Mayer lui succède à la présidence.
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