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Identité culturelle

Les rastafaris réclament davantage de reconnaissance de leur foi, de leur culture et de leur mode de vie

25 juin 2026, 16:29

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Les rastafaris réclament davantage de reconnaissance de leur foi, de leur culture et de leur mode de vie

(de g. à dr.) Le vice-président de l'ASCR Julien Christine, Preetie Labonté, Rudy François, président de l'ASCR Michael Toocaram et Jean Allain.

Lors d'une conférence de presse tenue ce jeudi 25 juin, l'Association socioculturelle rastafari (ASCR) a lancé un appel aux autorités en faveur d'une meilleure reconnaissance de sa culture, de ses pratiques spirituelles et de ses revendications sociales. Entre demandes d'attribution de terres, projet de lieu de culte et plaidoyer pour l'usage du gandia dans un cadre religieux, ses membres ont réclamé davantage d'écoute, de respect et d'inclusion dans les politiques publiques.

Le président de l'association, Michaël Toocaram, a souligné que «Rastafari est une culture qui ramène l'humanité vers la cultivation de la terre». Selon lui, l'association multiplie depuis plus de 20 ans les démarches auprès des autorités afin d'obtenir l'attribution de terres pour développer une agriculture écologique et autonome, sans avoir obtenu de réponse satisfaisante à ce jour. Les membres estiment qu'une telle reconnaissance leur permettrait de contribuer davantage au développement du pays et à l'autosuffisance alimentaire.

Michaël Toocaram a également rappelé que l'association organise depuis 22 ans un pèlerinage à Trou-Chenille, au Morne-Brabant, afin de commémorer la résistance des esclaves marrons et l'abolition de l'esclavage. Dans la perspective des célébrations prévues en 2027, il réclame la mise en place d'infrastructures adéquates, notamment des toilettes, des vestiaires, des aires de stationnement et des kiosques, afin d'accueillir les visiteurs dans de meilleures conditions.

Le président souhaite également obtenir une réponse favorable des autorités, en particulier du ministre du Logement et des terres, concernant l'octroi d'un terrain à l'association. Il a par ailleurs dénoncé les discriminations dont la communauté rastafari aurait été victime au fil des années en raison de ses croyances, de son apparence et de son mode de vie. Rappelant que le gandia est considéré comme une plante sacrée dans leur pratique spirituelle, il a demandé une rencontre avec les autorités, notamment le Premier ministre, afin de faire entendre les revendications de la communauté.

Le vice-président de l'association, Julien Christine, a pour sa part affirmé que de nombreuses démarches entreprises au fil des années demeurent sans réponse concrète. Il a évoqué de récents échanges avec plusieurs instances consultatives et dit espérer une reconnaissance plus active de la communauté dans les discussions en cours. Il a également rappelé que l'association poursuit son projet de construction d'un tabernacle, lieu de culte symbolique pour les rastafaris, et a lancé un appel au soutien pour sa réalisation. Selon lui, il est également nécessaire de déconstruire certains stéréotypes afin de mieux faire connaître la culture et la spiritualité rastafaries.

De son côté, Rudy François a indiqué que la communauté rastafari a soumis un plaidoyer à la National Agency for Drug Control (NADC), réclamant la fin des discriminations liées à l'usage du gandia dans un cadre religieux. Il plaide pour la reconnaissance des pratiques spirituelles de la communauté, y compris la culture, la transformation et la consommation de cette plante considérée comme sacrée.

Les représentants rastafaris estiment que la législation actuelle freine leur intégration sociale et économique. Ils souhaitent être associés aux futures réformes concernant le gandia et demandent une meilleure reconnaissance de leurs droits religieux et culturels.

Preetie Labonté a témoigné de son expérience personnelle. Membre de la communauté rastafari, elle affirme que sa famille a subi de lourdes conséquences en raison de la législation entourant le gandia. Elle a indiqué que son mari est actuellement en prison et qu'elle-même a déjà été incarcérée pour des affaires liées à la consommation de cette substance.

Elle soutient que les rastafaris continuent de vivre selon leurs convictions malgré les stéréotypes auxquels ils sont confrontés. Considérant le gandia comme une plante sacrée, elle appelle les autorités à revoir leur approche et à trouver rapidement une solution afin d'éviter que d'autres familles ne traversent les mêmes épreuves.

Jean Allain a quant à lui expliqué que le «rastafarisme» est, selon lui, bien plus qu'un mode de vie. Il le décrit comme une culture et une spiritualité fondées sur la prière, le respect de la nature et des valeurs de paix. Il affirme également que les rastafaris sont des personnes non violentes et majoritairement végétariennes, et considèrent le gandia comme un élément sacré de leur pratique religieuse.

Jean Allain a indiqué avoir soumis des documents à la NADC. Évoquant la problématique de la drogue, il estime que le pays traverse une situation préoccupante et soutient que l'alcool et le tabac causent davantage de dommages à la société. Il demande au gouvernement de prendre davantage en considération les préoccupations de la communauté rastafari, de mettre fin à sa stigmatisation et d'accorder une plus grande attention à la protection de l'environnement, qu'il considère comme indissociable de sa philosophie de vie.

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