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Subventions, TVA et maximum mark-up

Des effets très variables selon les produits

25 juin 2026, 17:00

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Des effets très variables selon les produits

Au total, 700 produits sont concernés par la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée. Photo d'illustration

Lors des débats budgétaires, le mardi 23 juin, le ministre du Commerce et de la Protection des consommateurs, Michaël Sik Yuen, a fait un état des lieux des principales mesures mises en œuvre pour soutenir le pouvoir d’achat des Mauriciens.

Le ministère lui a également transmis des documents détaillant l’impact des dispositifs en vigueur, notamment les subventions, le mécanisme du maximum mark-up et la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur plusieurs produits de consommation courante.

Géré par le Price Stabilisation Fund (PSF), le programme de subventions couvre 1 910 produits de consommation courante afin d’alléger le budget des ménages. Lancé initialement le 26 août 2025, ce mécanisme ciblait cinq catégories essentielles avec des barèmes fixes, notamment le lait en poudre (Rs 50/kg), l’huile comestible (Rs 15/L), le fromage fondu (Rs 10 pour 250 g), le lait infantile (Rs 55 pour 900 g) et les couches pour bébés
(Rs 25 par paquet de 50).

Face aux besoins des consommateurs, le dispositif a été élargi les 15 janvier et 1er février pour inclure les conserves de poisson, les couches pour adultes ainsi que certains médicaments essentiels contre l’hypertension, le diabète et les maladies cardiovasculaires, avec une subvention de Rs 50 par boîte.

Selon les données du ministère du Commerce et de la protection des consommateurs, ces mesures ont globalement entraîné une baisse des prix de vente maximaux.

Le lait en poudre enregistre les baisses les plus importantes, allant de -15 % à -27,4 %. À titre d’exemple, le sachet d’un kilo d’Ecolait passe de Rs 182,40 à Rs 132,40. D’autres marques comme Fransafe, Millac ou Red Cow affichent également des réductions.

Pour les huiles comestibles, la subvention de Rs 15 par litre entraîne une baisse moyenne de 18 % à 20,6 %. Le litre de Perfect Taste recule ainsi à Rs 57,83, tandis que plusieurs autres marques comme Serra ou Super restent sous la barre des Rs 60. Les formats de 2,5 L enregistrent également des baisses proches de 18 %.

Les blocs de fromage affichent une diminution comprise entre 7 % et 15 %, avec des produits comme Kraft ou Twin Cows dont le format de 250 g se situe désormais autour de Rs 110 à Rs 130 selon les marques.

Les produits destinés aux enfants suivent également cette tendance. Le lait infantile Nursie recule de 8,6 % à 11,6 %, avec la boîte de 900 g désormais à Rs 516,21, tandis que des marques comme Aptamil ou Nestlé Nan enregistrent des baisses dans la fourchette de 3 à 8 %. Les couches pour bébés diminuent de 4 % à 14,5 %, avec des paquets désormais autour de Rs 250 à Rs 600, selon les marques et formats.

Depuis mars 2025, de nouvelles catégories ont été intégrées au régime du maximum mark-up, portant à
1 510 le nombre total de produits concernés, à savoir les légumes en boîte, les légumes surgelés, les conserves de viande et de poisson, ainsi que le beurre et la margarine.

Dans ces catégories, les baisses sont parfois très marquées, allant jusqu’à près de -50 %. Par exemple, les Mixed Vegetables d’Emborg passent de Rs 158 à Rs 74,74 (-52,7 %), tandis que le maïs en conserve Bala recule de Rs 79 environ à Rs 37,84 (-52,1 %). Les petits pois et carottes Ardo chutent également de Rs 105 à Rs 54,65
(-48 %).

Les produits comme le thon et le beurre enregistrent aussi des réductions notables, par exemple le thon Trebon, qui passe à Rs 31,87 (-25,9 %) et la plaquette de beurre Anchor (200 g) qui descend sous la barre des Rs 110 (-26,6 %).

Cependant, malgré l’application du maximum mark-up, certains produits ont connu des hausses ponctuelles liées aux coûts d’importation. Les tomates pelées Classico augmentent par 23,4 % à Rs 45,64, tandis que le beurre doux Elle & Vire (250 g) grimpe par 30,6 % à Rs 193,30. Le mécanisme a néanmoins permis de limiter l’ampleur de ces hausses.

La suppression de la TVA de 15 % sur environ 700 produits a entraîné des évolutions contrastées. Certains articles enregistrent des baisses de plus de 40 %, comme les frites rustiques Saint Eloi ou la chair de tomate Carrefour, tandis que d’autres affichent des hausses ou une stagnation, en raison de l’inflation importée et des fluctuations des devises.

Quant à la nouvelle liste de produits subventionnés découlant du Budget 2026-2027, elle inclut notamment le corned beef, le corned mutton, les macaronis, les lentilles, les haricots rouges, les aliments pour nourrissons et certaines conserves de thon. Ce qui implique une baisse de prix sur 485 produits. L’impact est particulièrement visible sur le thon en conserve, dont le prix peut chuter jusqu’à 69 % comme la boîte 5 Star Light Meat de 170 g qui descend à Rs 8,82. Les aliments pour bébés enregistrent aussi des baisses importantes, avec des réductions allant jusqu’à 70 % sur certaines références. Les lentilles et les macaronis affichent également des baisses, pouvant dépasser 40 % selon les produits et formats.

Selon les associations de consommateurs, ces mesures apportent un réel soulagement au porte-monnaie. Suttyhudeo Tengur, président de l’Association pour la Protection de l’Environnement et des Consommateurs (APEC) indique que pour une famille moyenne de quatre personnes, soit deux adultes et deux enfants, la combinaison des mesures susmentionnées peut générer des économies. Selon lui, «pour le ménage moyen, les économies réalistes se situent entre Rs 1 000 et Rs 1 500 par mois. Les ménages à faible revenu, consommant davantage de produits subventionnés, peuvent économiser entre Rs 1 500 et Rs 2 200 par mois, tandis que ceux qui achètent peu de produits concernés verront des économies plus modestes, de l’ordre de Rs 500 à Rs 800 par mois».

Pour lui, dans un contexte d’inflation, il s’agit de l’un des dispositifs de soutien aux consommateurs les plus importants annoncés lors des derniers budgets, avec un impact particulièrement positif sur les ménages les plus vulnérables. Il ajoute que les données publiées par le ministère devraient être accessibles directement aux consommateurs sur leurs téléphones.

Par ailleurs, les associations de consommateurs, notamment l’ACIM, maintiennent que la structure des prix des carburants devrait être revue, compte tenu de l’effet domino de la hausse des prix des carburants sur le prix des commodités. Elles déplorent un manque d’efforts en ce sens.

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