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Publication du plan de développement 1980-82
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Publication du plan de développement 1980-82
En ce temps-là, Maurice dispose encore d’un plan de développement. Cela ne sert pas à grand-chose mais le document existe, sert de référence et, de temps en temps, des économistes talentueux, comme Pierre Dinan, les analysent doctement, disant leur approbation et leur réprobation quant aux objectifs atteints ou aux retards enregistrés sur le calendrier établi. C’est que le Bureau du Plan est, à l’époque, dirigé, entre autres, par des hauts fonctionnaires du calibre de Manou Bheenick, pas encore devenu créateur de fosse nouvelle.
Lassée, sans doute, par des échecs répétés, la classe politique et journalistique cesse graduellement de s’intéresser à un tel exercice. On prend une, deux, trois années de retard, bientôt même un lustre, dans la publication d’un tel document. Des publications apparaissent après la période sensée programmée. L’exercice tombe graduellement en désuétude. Un triste sort que connaissent déjà les rapports annuels des ministères et des départements pourtant imposés statutairement.
Nous ne savons même plus s’il existe présentement un plan de développement couvrant la période 2005-2010. Nous ne savons même pas si nous avons encore un ministre du Plan et du Développement économique ? Il est vrai que, si cet oiseau rare n’est pas encore en extinction dans la volière de l’hôtel du gouvernement, ses prédécesseurs n’ont guère laissé de souvenirs vivaces. La faute sans doute à un déficit de communications et de relations publiques. L’absence peut-être d’un attaché de presse capable de torcher correctement un communiqué, prouvant que les ministres font correctement leur travail mais que la population (presse comprise) n’a pas le talent qu’il faut pour comprendre la valeur de leurs bienfaits.
Le plan de développement 1980-82 contient autant de promesses qu’une campagne électorale de politiciens, lassés de traverser le désert de l’opposition. Il promet, par exemple, la création de 22 600 nouveaux emplois, une croissance annuelle du P.I.B. de 5,3%, des investissements de Rs 7,4 milliards dont les deux cinquièmes pour le secteur manufacturier et pour le logement, une amélioration sensible de la balance des paiements et de l’équilibre du budget national avant 1982, la création d’une “Land Bank” que nous attendons toujours, la création d’un énième comité chargé de la gestion de l’économie. Qui le pilotera ? Nul ne le sait. On parle de produire de l’éthanol afin d’économiser 20% de la consommation du diesel et de l’essence. Rien de nouveau donc sur le front de l’énergie. On ressort les disques d’il y a 25 ans sous prétexte que le baril de pétrole approche les 80 dollars. A cent dollars, c’est promis, juré, Maurice produira de l’éthanol. Ultime promesse, promesse majeure : l’entrée en opération d’une raffinerie de pétrole en 1983, après des investissements de Rs 1,3 milliard. Ce plan oublie un détail amusant : Michel Debré, la Mère Michèle du “Canard Enchaîné”, promet toujours aux Réunionnais que cette raffinerie ne sera pas mauricienne mais bourbonnaise. Il a l’amertume raffinée.
Ce plan 1980-82, présenté par Robin Ghurburrun, devrait être particulièrement significatif pour nous car il parle de conjoncture internationale néfaste pour l’économie mauricienne.
Les 22 600 nouveaux emplois ne résorberont pas le chômage. Il sera toutefois maintenu à un taux raisonnable. Ces 22 600 nouveaux emplois font, bien sûr, penser aux 22 000 emplois de relève créés soudainement à la veille des élections générales du 11 juin 1982. Mais, pas de bêtise, s’il vous plaît, à ce sujet. Ces 22 000 recrutements de la onzième heure, souvent par des candidats du PAN-PAN eux-mêmes, ne sauraient constituer un bribe électoral selon la terminologie politiquement correcte en vigueur depuis le 3 juillet 2005. Il s’agissait, bien sûr, d’un recrutement humanitaire. Honni soit qui n’a fait alliance depuis avec le PTr.
Le PNB est de Rs 5,3 milliards en 1979. On promet de le faire passer à Rs 6,2 milliards en 1982. Les importations passeront de Rs 3,7 milliards en 1980 à Rs 3,9 milliards en 1982. L’augmentation est inévitable car l’économie ne peut se passer de biens d’équipement. Les importations de consommation courante doivent rester au niveau de 1979. On espère que les exportations augmenteront plus vite pour passer de Rs 2,9 milliards en 1980 à Rs 3,4 milliards en 1982. On promet, tenez-vous bien, de transformer le déficit budgétaire national en un excédent de Rs 75 millions. Ça c’est de l’imagination politique.
Robin Ghurburrun explique : son plan 80-82 se veut plus sélectif que les précédents. Dans les années 1970, on mise sur un développement extensif, avec l’accent mis sur la réalisation de gros projets d’infrastructure, création massive d’emplois, expansion économique générale. En 1980, on mise sur un développement intensif, soit une utilisation optimale des ressources disponibles. Il suffisait d’y penser.
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