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Deschamps abandonne son Rocher

21 septembre 2005, 00:00

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Didier Deschamps, ex-capitaine de l’équipe de France, qui a démissionné lundi de son poste d’entraîneur de l’AS Monaco, a entretenu avec le club monégasque des rapports longtemps ambigus et souvent conflictuels.

Nommé entraîneur dès la fin de sa carrière de joueur, en juillet 2001 – à seulement 33 ans – par Jean-Louis Campora, alors président, Deschamps est un novice. Mais il est doté d’une réelle aura après ses titres de champion du monde et d’Europe remportés avec les Bleus.

Avec pour seul bagage sa riche expérience de joueur et le 1er degré du brevet d’Etat d’entraîneur, il passe une saison 2001-2002 excessivement difficile. Rapidement en conflit avec les cadres Simone, Panucci et Bierhoff, l’ASM termine le championnat à la 15e place dans une ambiance délétère.

L’intersaison 2002 va être encore plus mouvementée. Deschamps et Campora entrent même en guerre: le premier tente de scinder l’effectif en deux, excluant ainsi de nombreux professionnels de son groupe. Deschamps s’incline devant le refus présidentiel mais en garde rancune.

L’apogée d’un groupe</B>

Sur le plan sportif, cette saison 2002-03 marque en revanche l’éclosion d’un groupe, vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2003, et qui connaît son apogée en fin de saison suivante, lors de la finale de la Ligue des champions perdue face au FC Porto (3-0).

Cette génération, réputée pour son jeu spectaculaire, voit Giuly (aujourd’hui à Barcelone), Rothen (Paris SG), Nonda (AS Rome), Prso (Rangers) mais aussi Marquez (Barcelone) ou Rodriguez (Rangers) accéder à la reconnaissance et Morientes (Liverpool) redorer son blason. Roma, Bernardi, Givet, Squillaci et Evra, encore au club aujourd’hui, font également partie de l’aventure et deviennent internationaux sous les ordres de ‘Dédé’.

Après avoir vu Campora céder sa place en juin 2003, puis l’ASM échapper à la relégation grâce à l’entrée dans son capital de MFI (un groupe d’investisseurs locaux que préside Michel Pastor, actuel président), puis passer furtivement un autre président en la personne de Pierre Svara – qui lui laisse faire à sa guise une saison entière –, Deschamps prolonge, en juin 2004, son contrat jusqu’en juin 2007. Il tente alors d’imposer sa vision et se coupe de Fabrice Poullain et d’Henri Biancheri, directeur général du club.

Mais les possibilités financières que lui offre la nouvelle direction ne cadrent visiblement pas avec ses ambitions personnelles. Après une saison 2004-05 mitigée (3e), Deschamps reste cette saison sur une élimination au 3e tour préliminaire de la C1 et sur 4 défaites en 7 journées de championnat.

La semaine dernière, il avait déjà préparé son départ. Même s’il disait “assumer totalement l’échec sportif”, il lançait également : “La réalité d’aujourd’hui est que l’AS Monaco est un bon club du Championnat” mais “pas un grand club”, pour des raisons “économiques et sportives”.

Ces déclarations n’ont pas plu et ont engendré de nombreuses protestations en Principauté. Elles ont conduit Deschamps à jeter l’éponge et à se retrouver sans club pour la première fois de sa carrière. Mais certains lui prédisent même un rôle prochain de sélectionneur national…

QUEL SUCCESSEUR ?

<B>Guy Lacombe en pole</B>

Les candidats sérieux à la succession de Didier Deschamps ne sont pas si nombreux. Principal favori: Guy Lacombe. Libre depuis la résiliation de son contrat avec Sochaux début juillet, le moustachu présente l’avantage d’être immédiatement disponible, pas spécialement cher et aguerri aux joutes de la Ligue 1, lui qui a successivement dirigé Cannes, Toulouse, Guingamp et Sochaux. La réponse de Michel Pastor devrait intervenir d’ici la fin de la semaine, le temps de se pencher sur les autres candidatures. Parmi lesquelles la rumeur évoque un certain Paul Le Guen ou le Raynald Denoueix, sans club depuis son départ de la Real Sociedad…

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