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Amédée Darga sonne le réveil
?Est-ce que Maurice peut être compétitive dans une production quelconque ?? Question de Claude Ricaud, président du National Social and Economic Council, hier, lors d?un séminaire qui a réuni des techniciens du gouvernement, du secteur privé et des têtes pensantes du grand public concernant le rapport mondial sur le développement humain 2005. La réponse affirmative d?Assad Bhuglah, director for trade policy au ministère des Affaires étrangères fait tiquer Amédée Darga.
Ce dernier, modérateur lors du séminaire, ramène la salle à la dure réalité sur le pays. ?Les Mauriciens doivent se départir de l?idée que tout est en rose et que Maurice sortira toujours de l?impasse. Les menaces sur le développement et la prospérité du pays sont aujourd?hui très réelles et il nous faut des efforts et une politique très pointue pour nous en sortir?, réplique Amédée Darga un peu excédé. Il s?insurge contre la solution de facilité adoptée par les Mauriciens.
Assad Bhuglah explique que Maurice peut avoir cette compétitivité si elle dispose de la technologie nécessaire. Parce que le coût de production est élevé à Maurice. Mais Amédée Darga réplique que la compétitivité n?est pas seulement une question de coût.
?Tout le monde estime que pour survivre Maurice doit entrer dans le secteur des services. A partir de quelles recherches et de quelles données est-on arrivé à la conclusion que le pays ne peut rien produire de façon compétitive. Sait-on que l?économie de Singapour dépend à 35 % de son secteur industriel. Est-ce que quelqu?un a déjà fait des études pour comprendre comment Singapour réalise cette performance ??
Lors des débats, il a été question du développement des pays de l?Asie, dont des petits Etats. Ce développement est lié au fait que ces pays utilisent la technologie de pointe pour manufacturer des produits high-tech, souligne le rapport mondial sur le développement humain.
Pour rappeler encore mieux aux Mauriciens, les dangers qui pèsent sur le développement futur de Maurice, Assad Bhuglah cite un autre extrait du rapport du PNUD : ?Dans le contexte du commerce international, il y a des gagnants et des perdants. Les gagnants sont les pays qui ont une multitude de produits à exporter et les perdants sont la plupart du temps des pays qui ont une petite variété de produits à l?exportation. Maurice n?a pour le moment que le sucre et le textile?. Et le prix auquel l?Union européenne va payer ce sucre dans les années à venir connaîtra une baisse d?environ 37 %.
Le rapport sur le développement humain 2005 du PNUD fait en fait état de la régression des pays sub-saharien en termes de développement humain, de prospérité et autres. Il souligne que le freinage de ce développement est, entre autres, dû à des contraintes dans l?exportation des produits des pays en développement.
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