Publicité

Les textiles chinois en Europe bientôt débloqués

31 août 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les négociations, reprises depuis jeudi à Pékin, entre l’Union européenne (UE) et la Chine sur les importations de textiles chinois sont entrées dans une nouvelle phase, lundi 29 août. La délégation européenne, conduite par un haut fonctionnaire de la Commission, Fritz-Harald Wenig, a en effet regagné Bruxelles pour faire état des discussions menées pour parvenir à débloquer les millions de marchandises qui s’accumulent dans les ports européens en raison des quotas fixés pour 2005. Les contacts sont toutefois maintenus dans la capitale chinoise entre la représentation permanente de l’UE et le ministère du Commerce chinois.

Dimanche, le commissaire européen au commerce, le Britannique Peter Mandelson, a annoncé sur la chaîne de télévision britannique BBC News 24 qu’il allait proposer aux Etats membres des mesures pour permettre l’entrée des produits retenus en douane. “Si les Etats membres coopèrent, a-t-il déclaré, je pense que nous pourrons débloquer d’ici à la mi-septembre toutes les marchandises.”

L’une des solutions envisagées consisterait à anticiper sur les quotas de 2006. Mais cette formule, qui a les faveurs de la France, de l’Italie et de l’Espagne, n’est soutenue ni par la Chine ni par plusieurs Etats européens, comme l’Allemagne, les Pays-Bas et les pays nordiques, qui préféreraient un relèvement des plafonds pour 2005.

D’autres possibilités existent, souligne-t-on à Bruxelles. Est notamment évoquée l’éventualité d’exclure des quotas de 2005 un certain nombre de marchandises commandées de bonne foi par les importateurs avant que le nouveau système ne soit entré pleinement en vigueur. Est aussi mentionnée l’hypothèse d’une compensation entre les produits qui ont dépassé les quotas et ceux qui ne les ont pas atteints. Les porte-parole de l’UE affirment que l’atmosphère des discussions est “constructive”.

La crise actuelle a été provoquée par la mise en place, le 10 juin, de nouveaux quotas pour l’importation de dix catégories de produits textiles. A cette date, la Chine et l’UE s’étaient en effet entendues pour limiter à un taux compris entre 8 % et 12,5 % par an l’augmentation des importations de ces produits. Or, pour sept d’entre eux (pull-overs, pantalons, chemisiers, T-shirts, robes, soutiens-gorge, fils de lin), les quotas pour 2005 ont été atteints dès les mois de juillet et d’août.

Le rétablissement de ces quotas avait été demandé par les producteurs européens, notamment français et italiens, qui s’inquiétaient de la forte augmentation des textiles venus de Chine et s’estimaient victimes d’une concurrence abusive. Dans un premier temps, Peter Mandelson avait annoncé en avril la fixation de seuils d’alerte, dont le dépassement entraînerait l’ouverture de consultations avec la Chine puis la mise en place de mesures de sauvegarde. La Chine s’était dite “vigoureusement opposée” à cette initiative.

Dans un deuxième temps, en application d’une procédure d’urgence réclamée par plusieurs Etats, le commissaire européen au commerce avait accéléré le mouvement en négociant avec Pékin des restrictions sur les dix produits dont les importations avaient le plus fortement augmenté.

Si les industriels européens se sont montrés satisfaits de ces mesures, les distributeurs, en particulier en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède et au Danemark, ont à leur tour exprimé leur mécontentement face aux limitations des quantités de marchandises autorisées. Ils ont demandé un relèvement des plafonds, ainsi que le déblocage des produits retenus en douane.

Peter Mandelson a lui-même admis “un sérieux problème” dans l’application de l’accord du 10 juin et la nécessité de le résoudre “d’urgence” en trouvant une “solution pragmatique” fondée sur la “bonne volonté” des deux parties, sans pour autant renégocier l’accord lui-même.

Dimanche, il a souhaité l’adoption rapide de mesures pour répondre aux préoccupations des distributeurs. “Ce n’est pas la faute des importateurs, ce n’est pas la faute des détaillants, je ne pense pas qu’ils doivent être injustement pénalisés”, a-t-il déclaré.

“Les deux parties ont intérêt à trouver une solution mutuellement acceptable”, souligne-t-on à Bruxelles, où l’on se déclare confiant quant à l’issue des négociations. Mais, rappelle-t-on, la Commission ne peut agir que sur mandat des Etats membres. Aussi exprime-t-on l’espoir que ceux-ci coopéreront pleinement avec le commissaire européen pour mettre fin à la crise.

<B>Thomas FERENCZI

Le Monde 2005 Distribué par

The New York Times Syndicate</B>

Publicité