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Chetraj Jhurry : Briser les monopoles
Chetraj Jhurry est un professionnel du tourisme qui n’a pas peur des mots. Directeur d’une jeune société de location de voitures de luxe, il souhaite la fin des monopoles et bouscule le tabou du haut de gamme.
Sa société, One World Travel, existe depuis neuf ans déjà mais n’offre des prestations directement aux clients que depuis l’année dernière. L’entreprise qui gère une flotte de 25 véhicules, loue limousines et minibus pour les transferts et la location de luxe Elle sous-traitait avec les agences déjà présentes sur le marché auparavant.
Il y a neuf ans, Chetraj Jhurry s’était lancé d’abord dans le transport. Quelques années plus tard, il investissait dans des limousines. Avec huit employés, sa société est aujourd’hui en pleine expansion. Il a développé des relations privilégiées avec des agences de réceptifs en Grande-Bretagne, en France, au Moyen-Orient et en Inde.
Ce qui distingue Chitraj Jhurry, c’est surtout son franc-parler qui peut déranger les normes établies. “Maurice est connue comme une destination de rêve. Je pense qu’on devrait changer ce concept et parler d’une destination de réalités”, lâche-t-il. Il estime que les produits de la destination, qui ne sont pas catégorisés cinq-étoiles, ne sont pas assez promus.
Chetraj Jhurry s’interroge ainsi sur le positionnement de Maurice. La destination doit-elle rester haut de gamme ou alors explorer d’autres possibilités ? Pour lui, le haut de gamme ne veut pas forcément dire cher. Dans la catégorie des voitures de luxe, pourquoi ne pas offrir des prix qui ne soient pas de luxe ? Le coût d’un transfert pour une berline se situe entre Rs 2 500 et Rs 3 000. “Proposer des prix plus bas ne veut pas dire s’attaquer au marché”, argumente-t-il. De façon plus large, il estime qu’il y a sur le marché local une situation de monopole qu’il faut briser. Au niveau de la promotion de la destination et de ses produits, comme la location de voiture de luxe, la Mauritius Tourism Promotion Authority doit pouvoir mieux faire…
One World Travel accueille favorablement le projet du gouvernement d’insuffler un nouveau dynamisme aux petites entreprises. Il n’y a pas que les gros, insiste Chitraj Jhurry. Mais l’avenir l’interpelle. Quel avenir pour les petites et moyennes entreprises du tourisme si le marché s’ouvre aux gros opérateurs étrangers du réceptif ? “ Il faudrait une clause pour les obliger à s’associer avec des opérateurs locaux”, propose Chitraj Jhurry.
Il y a, selon lui, un important exercice de restructuration des prix qui doit intervenir dans le secteur réceptif et pour la destination mauricienne dans son ensemble. L’accès aérien est un enjeu important mais, selon Chitraj Jhurry, c’est surtout au niveau des hôtels qu’il faut changer de formule. “Les différences de prix d’un marché à l’autre ne se justifient pas. Cette différenciation n’est justifiée que par rapport à la saisonnalité”, insiste cet opérateur du tourisme qui n’a décidément pas sa langue dans sa poche.
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