Publicité

L’État dessine le nouvel avenir des petits planteurs

31 août 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La survie de l’industrie sucrière reste tributaire du sort des petits planteurs. Ces derniers sont condamnés à disparaître dans un futur noirci par la baisse du prix garanti sur le marché européen.

Dans le sillage de la réforme accélérée de l’industrie du sucre, la Mauritius Sugar Authority (MSA) présente dans son Road Map of the Millenium sugar cane industry for the small planters, les solutions pour revigorer ce secteur. Le regroupement est toujours d’actualité, sous un nouveau nom : l’Institut des fermiers gentilshommes.

Pour des raisons environnementales et socioéconomiques, l’industrie ne peut se passer des 28 000 petits planteurs. Leur production rapporte entre 140 000 à 150 000 tonnes de sucre, sans lesquelles les usiniers auront du mal à survivre. La disparition de cette communauté aura un effet domino. Elle sera annonciatrice de banqueroute pour les usiniers, et par conséquent, de graves retombées pour l’économie. Il faut donc regrouper.

Les analystes estiment qu’avec une production de 18 tonnes de cannes à l’arpent, la culture reste rentable pour ces planteurs. Or, tenant compte de la baisse de 39 % du prix garanti du sucre et l’inflation, le seuil serait supérieur à 40 tonnes. Cet objectif ne pourrait pas être atteint en sept ans, cycle de vie de la canne.

La MSA a déjà défini les paramètres d’opération de l’Institut des fermiers gentilshommes. Avant tout, l’exercice sera basé sur la confiance. Les recettes totales du mini estate seront versées à un trust, qui servira de buffer pour les sept prochaines années, garantissant des revenus aux planteurs.

A cet effet, la MSA souligne que le planteur devra contribuer au remboursement des emprunts. Les institutions seront donc appelées à être plus efficaces au vu de cette possibilité de concurrence. “Cela réduira le taux élevé de corruption”, fait ressortir la MSA.

<B>Irrigation et mécanisation efficaces</B>

Toutefois, la MSA qui distingue deux catégories de planteurs, devrait rencontrer quelques difficultés dans cet exercice de regroupement. D’abord, il y a ces planteurs qui disposent déjà d’un emploi, cultivant la canne comme une source additionnelle de revenus et puis, il y a ceux qui en font leur principale source de revenus.

Le regroupement bute sur la réticence du deuxième groupe qui, pour des raisons d’appartenance et d’attachement à leurs terres, risque de ne pas adhérer à l’institut.

Sur un autre niveau, ce processus de regroupement ne pourra se faire sans une méthode d’irrigation et une mécanisation efficaces. “Ces techniques combinées assureront une production élevée du sucre et une réduction des coûts dans les champs”, fait ressortir la MSA. Cette formule, souligne-t-on, a déjà fait ses preuves.

Les nouvelles donnes exigent donc une Irrigation Authority avec plus de responsabilités. Sa tâche ne se limiterait plus à canaliser l’eau vers les champs dans l’éventualité de gérer le système des fermes. L’organisation sera appelée à recruter des irrigation engineers et des agronomes pour plus d’efficacité.

Quant à la mécanisation, elle est en amont à la culture de la canne. Elle augmentera la superficie cultivable dans les champs et améliorera la qualité de la terre. La Sugar Planters Mechanical Pool Corporation sera au cœur de l’activité. L’organisation devra se positionner pour préparer quelque 5 000 hectares annuellement. Mais l’exercice générera 40 millions de tonnes de roche alors que la demande est de quatre millions.

“La réforme de l’industrie sucrière pourrait être le moteur de la relance économique. Et la création d’un marché pour les pierres stimulera le secteur de la construction”, affirme la MSA.

Publicité